Rome, 15 octobre 2026 — À l’occasion de travaux de restauration, les reliques du Saint-Berceau seront exceptionnellement exposées à proximité des fidèles dans la basilique papale Sainte-Marie-Majeure. Conservés depuis des siècles dans la Confessio, les cinq fragments de bois traditionnellement identifiés comme provenant de la crèche de Bethléem pourront ainsi être contemplés de plus près pendant quelques semaines.
Communiqué de presse
Sainte Marie Majeure, le Saint Berceau se dévoile
Exposition exceptionnelle du Saint Berceau à l’occasion de la restauration de la niche historique et du reliquaire
ROME : Pendant quelques semaines, l’un des symboles les plus anciens et les plus vénérés de Noël chrétien sera exceptionnellement visible de près au cœur de la basilique papale Sainte-Marie-Majeure.
À partir du 15 octobre prochain, les reliques du berceau sacré, qui constituent depuis des siècles le cœur de la dévotion de Noël de la basilique libérienne, quitteront temporairement leur emplacement habituel dans la monumentale Confessio, devant l’autel papal, pour être exposées à une distance exceptionnellement proche des fidèles et des pèlerins.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une intervention de conservation, mais d’un événement capable d’entremêler foi, histoire, art et mémoire, offrant au public une occasion rare de contempler de près une relique intimement liée à l’identité même de Sainte-Marie-Majeure, la basilique romaine qui, plus que toute autre, a conservé au fil des siècles la mémoire de la Nativité du Christ.
La Basilique de Noël et la mémoire de la crèche de Bethléem
L’histoire du berceau sacré plonge ses racines dans les premiers siècles du christianisme et s’entremêle avec celle de la basilique libérienne. Les reliques conservées aujourd’hui à Sainte-Marie-Majeure se composent de cinq minces éléments en bois de sycomore, traditionnellement identifiés comme des fragments de la crèche dans laquelle, selon le récit évangélique, Marie a déposé Jésus après sa naissance.
Une tradition très ancienne lie leur présence à Rome à la dévotion née autour des lieux de la Nativité et à la figure de saint Jérôme, qui vécut longtemps à Bethléem entre le IVe et le Ve siècle. La vénération de la crèche a profondément contribué à définir l’identité liturgique et dévotionnelle de la basilique romaine, à tel point que Sainte-Marie-Majeure était déjà désignée dans l’Antiquité sous le nom de Sainte-Marie ad Praesepe, « Sainte-Marie près de la crèche ».
C’est précisément ce souvenir de Bethléem qui a fait de la basilique libérienne, au fil des siècles, la basilique de Noël par excellence : un lien qui ne concerne pas seulement les reliques, mais qui imprègne son histoire, sa liturgie et même son extraordinaire patrimoine artistique.
De Valadier à Vespignani : deux siècles d’art autour du Saint Berceau
Même la mise en valeur monumentale des reliques raconte une page importante de l’histoire de l’art romain.

L’histoire du berceau sacré plonge ses racines dans les premiers siècles du christianisme
En 1802, Giuseppe Valadier, l’un des principaux acteurs du néoclassicisme à Rome, conçut l’extraordinaire reliquaire destiné à abriter les bois sacrés : une œuvre significativement conçue en forme de berceau, dans laquelle la préciosité des matériaux et l’élégance néoclassique transforment le réceptacle lui-même en une évocation visuelle du mystère de la Nativité.
Quelques décennies plus tard, ce fut Pie IX qui offrit au Berceau sacré un nouveau cadre monumental et solennel. Entre 1861 et 1864, l’architecte romain Virginio Vespignani réalisa, devant l’autel papal, la grande Confessio : un espace spectaculaire semi-souterrain dans lequel le reliquaire trouva sa place privilégiée. Vespignani y déploya un extraordinaire répertoire de marbres polychromes – environ soixante-dix variétés, provenant en grande partie des fouilles menées à l’époque à Rome et à Ostie – créant ainsi l’une des interventions les plus marquantes du XIXe siècle à l’intérieur de la basilique.
C’est cet ensemble, devenu désormais partie intégrante de l’image de Sainte-Marie-Majeure, qui fait aujourd’hui l’objet d’une nouvelle intervention visant à concilier la protection des reliques avec les exigences les plus avancées en matière de conservation.
Une nouvelle vitrine pour conserver deux mille ans de mémoire
Le projet naît en effet de la nécessité de remplacer la structure interne actuelle, réalisée avec des panneaux de bois et qui n’est plus en mesure de garantir des conditions de conservation optimales et constantes.
La nouvelle vitrine sera conçue selon des critères actualisés de stabilité, de sécurité et de contrôle microclimatique, tout en s’intégrant à l’enveloppe historique et à l’ensemble architectural complexe de la Confessio.
Mais l’intervention ne sera pas uniquement technique. Derrière le berceau sacré, un nouveau fond en mosaïque bleue sera réalisé, composé d’émaux vitrifiés et de tesselles dorées, destiné à évoquer symboliquement le ciel de la Nativité. La disposition des astres reproduira en effet la configuration céleste reconstituée pour la nuit de Bethléem, transformant le fond de la niche en un ciel étoilé capable de relier idéalement Rome et Bethléem, la relique et le lieu de naissance du Christ.
Une rencontre exceptionnellement proche avec le Saint-Berceau
Ce sont précisément ces travaux qui rendront possible un événement difficilement reproductible.
Pendant les travaux, le reliquaire sera en effet transféré sur l’un des autels latéraux de la nef droite, à proximité de la chapelle Sixtine, permettant ainsi aux fidèles de s’approcher du berceau sacré dans une atmosphère de recueillement et de proximité tout à fait particulière.
Le choix de cet emplacement revêt en outre une signification iconographique évocatrice : la relique sera mise en dialogue avec l’Annonciation de Pompeo Batoni, splendide œuvre de la peinture romaine du XVIIIe siècle. L’annonce de l’ange à Marie sera ainsi idéalement suivie, dans l’espace de la basilique, par le souvenir tangible de la Nativité : de l’Ecce ancilla Domini à la crèche de Bethléem, de l’Annonciation à l’Incarnation.
Une juxtaposition qui transformera cet aménagement temporaire en un véritable parcours de foi et d’art.
Pendant l’exposition, la Confessio restera fermée au public. Le 24 décembre, selon la coutume de la basilique, le Berceau sacré sera donc solennellement transféré vers l’autel papal, où il restera pendant toute la période de Noël. À l’Épiphanie, le reliquaire retournera enfin dans sa niche historique, où l’attendront la nouvelle vitrine et le ciel en mosaïque rénové.
Protection, art et dévotion pour l’un des symboles de Noël chrétien
Les travaux seront réalisés sous la supervision de la Direction des musées et du patrimoine culturel du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et confiés à Progetto Arte Poli de Vérone, un atelier spécialisé dans la réalisation d’œuvres d’art sacré et d’interventions destinées à d’importants complexes ecclésiastiques.
L’exposition temporaire devient ainsi bien plus que la simple conséquence d’un chantier : elle représente une occasion exceptionnelle de redécouvrir l’un des grands trésors de la chrétienté, en l’observant d’une proximité habituellement impossible et en retraçant, à travers lui, près de deux mille ans de dévotion, d’histoire et d’art.
Car à Sainte-Marie-Majeure, Noël n’est pas seulement célébré : il est conservé dans la mémoire même de la basilique.
