(ZENIT News / Rome, 19/09/2026).- Un hôpital du Vatican acquiert une reconnaissance internationale non seulement pour la sophistication de la médecine qu’il pratique, mais aussi pour la manière dont il étend cette expertise bien au-delà de Rome.
L’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, propriété du Saint-Siège, se hisse à la quatrième place mondiale du classement 2027 de Newsweek-Statista des hôpitaux pédiatriques spécialisés, gagnant deux places par rapport à l’édition précédente et conservant son statut de premier hôpital pédiatrique d’Europe. Il est le seul établissement italien parmi les 25 meilleurs hôpitaux pédiatriques au monde. Ce classement a évalué près de 800 établissements dans 35 pays avant de retenir 250 hôpitaux pour la liste finale.
Ce résultat est significatif car le classement ne repose pas uniquement sur les capacités technologiques. La réputation professionnelle représente 85 % de la note, s’appuyant sur les évaluations de milliers de médecins, de professionnels de santé et de directeurs d’hôpitaux dans plus de 30 pays. Les certifications et accréditations de qualité représentent 10 % supplémentaires, tandis que les 5 % restants mesurent l’utilisation des programmes de résultats rapportés par les patients – des systèmes conçus pour recueillir leur ressenti quant à leur rétablissement et leur qualité de vie.
L’hôpital Bambino Gesù a également été particulièrement distingué dans deux domaines de la pédiatrie : l’oncologie, déjà mise en avant dans l’édition précédente, et la néonatologie, nouvellement identifiée parmi ses spécialités phares. Son évaluation maximale de trois rubans pour les résultats rapportés par les patients souligne une autre dimension de son modèle : l’écoute des patients et de leurs familles est considérée comme une composante essentielle de la qualité des soins, et non comme un simple complément.
Pour le président Tiziano Onesti, le classement international n’a de sens que si l’excellence se traduit par de meilleurs soins. Les familles confient leurs enfants à l’hôpital dans des moments de grande vulnérabilité, a-t-il souligné, ce qui rend l’alliance du traitement, de la recherche, de la formation, de l’innovation et de l’attention portée à la personne indissociable de sa mission. L’hôpital, a-t-il affirmé, entend faire des progrès scientifiques des opportunités meilleures et plus accessibles pour les enfants.
Ce principe est désormais appliqué à une échelle géographique beaucoup plus vaste.
Le 16 septembre, l’hôpital Bambino Gesù a renouvelé pour quatre ans son accord-cadre de coopération avec l’Institut italo-latino-américain, approfondissant un partenariat existant depuis près de deux décennies et relancé par un accord en 2020. L’objectif n’est pas seulement de soigner les enfants qui arrivent à Rome, mais de renforcer l’expertise pédiatrique là où vivent déjà les enfants : par le biais de formations professionnelles, d’échanges cliniques et scientifiques, d’assistance technique et du développement de réseaux de soins de santé durables en Amérique latine.
Cette distinction est importante. La coopération médicale internationale peut se réduire à une simple exportation temporaire de spécialistes ou de matériel. Le modèle mis en œuvre ici privilégie le transfert de connaissances et le renforcement des capacités locales, afin que les hôpitaux et les professionnels puissent continuer à prodiguer des soins spécialisés une fois le projet terminé.
Il existe déjà des exemples concrets. Depuis 2020, les programmes ont inclus une formation avancée en chirurgie de l’épilepsie au Paraguay ; une aide d’urgence pendant la crise de la COVID-19 au Paraguay, au Salvador et en Équateur ; une formation en chirurgie cardiaque pédiatrique au Salvador et en Équateur ; une formation en chirurgie de l’épilepsie au Panama ; et un programme multidisciplinaire à Sullana, au Pérou, couvrant les maladies infectieuses, l’hématologie-oncologie, la néonatologie, les soins intensifs, la chirurgie générale et la chirurgie néonatale.
La coopération s’étend également en amont, vers la prévention. Un programme éducatif en espagnol se concentre sur les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant, période jugée cruciale pour son développement physique, cognitif et émotionnel, ainsi que pour la prévention des maladies ultérieures. Cette initiative s’adresse non seulement aux professionnels de santé, mais aussi aux familles et aux enseignants, grâce à des ressources pédagogiques accessibles via la plateforme d’apprentissage à distance Bambino Gesù MedTraining. Une importante conférence et un atelier sur le sujet se sont tenus au Panama en juin 2026.
La prochaine étape s’étendra à la neuropsychiatrie infantile. À l’automne 2026, un programme de formation combinant apprentissage en ligne et sessions à l’hôpital de Rome est prévu. Il réunira des professionnels d’Argentine, de Bolivie et du Chili, et portera notamment sur la prévention et la prise en charge du risque suicidaire chez l’enfant.
Cette combinaison de soins de pointe, de prévention et de formation confère à l’activité internationale de l’hôpital du Vatican une logique singulière. L’ambition n’est pas seulement de faire du Bambino Gesù une destination d’excellence pour les cas pédiatriques complexes, mais aussi de diffuser son expertise grâce aux professionnels, aux familles et aux institutions avec lesquels il collabore.
Ce nouvel accord confère donc à une institution vaticane un rôle qui dépasse largement les limites de son campus romain. Son dernier classement international place l’hôpital parmi les plus grands centres pédiatriques au monde ; le développement de ses partenariats en Amérique latine témoigne également de la manière dont il entend mettre à profit cette expertise.
Comme l’a souligné Onesti, les défis auxquels est confrontée la santé infantile ne peuvent être relevés par une seule institution. Le pari de cette nouvelle coopération repose sur la conviction que la médecine se pérennise lorsque l’excellence est partagée et que protéger la santé et le développement des enfants implique d’investir non seulement dans les patients d’aujourd’hui, mais aussi dans la capacité de communautés entières à prendre soin de la génération future.
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