(ZENIT News / Cité du Vatican, 18.03.2026) – Alors qu’une grande partie du monde commémorait la Journée internationale des femmes en renouvelant les appels à combler les inégalités persistantes entre les sexes, une étude de cas inhabituelle a émergé au Vatican : un État où les hommes et les femmes reçoivent le même salaire pour le même travail.
Selon Gudrun Sailer, journaliste chevronnée ayant travaillé pendant des années au sein du système médiatique du Vatican, l’absence d’écart salarial entre les femmes et les hommes n’est pas le fruit d’une politique d’égalité spécifique, mais plutôt une caractéristique structurelle de l’appareil administratif du Saint-Siège. Les salaires sont déterminés par des grilles rigides et standardisées, liées à la classification des postes, à l’ancienneté et à la fonction, ne laissant aucune place aux disparités fondées sur le sexe. En ce sens, quoique dans une mesure limitée, le Vatican pourrait être considéré comme le seul pays au monde sans écart salarial entre les femmes et les hommes.
Fin 2024, le Vatican employait près de 5 500 personnes, dont plus de 1 300 femmes, soit un peu moins d’un quart de ses effectifs. Nombre d’entre elles occupent des postes de cadres intermédiaires et supérieurs, notamment dans les secteurs administratif, culturel et de la communication. Au cours de la dernière décennie, et plus particulièrement sous le pontificat du pape François, les femmes ont également commencé à accéder à des fonctions au sein de la Curie romaine qui leur étaient auparavant inaccessibles.
Un moment historique s’est produit en janvier 2025 avec la nomination de sœur Simona Brambilla comme préfet du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. C’était la première fois qu’une femme dirigeait un dicastère du Vatican. Avant d’accéder à cette fonction, sœur Brambilla avait déjà occupé le poste de secrétaire pendant près de deux ans – le deuxième plus haut rang –.
Sa nomination a toutefois mis en lumière la prudence institutionnelle qui continue de caractériser la réforme. A côté d’elle, François a nommé le cardinal Ángel Fernández Artime pro-préfet, une fonction nouvellement créée qui a soulevé des questions quant à la répartition des pouvoirs au sein du dicastère.
En mars 2025, le pape François a nommé sœur Raffaella Petrini présidente du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, la plaçant de facto à la tête de l’administration exécutive de la cité-État. La résonance historique était frappante : la dernière fois qu’une femme a exercé une autorité comparable sur les territoires pontificaux remonte à la Renaissance, lorsque Lucrèce Borgia a brièvement gouverné les États pontificaux sous le pontificat de son père, le pape Alexandre VI.
D’autres avancées ont suivi des voies différentes. Sœur Nathalie Becquart est devenue la première femme à obtenir le droit de vote à part entière au Synode des évêques après sa nomination comme sous-secrétaire en 2021 ; un changement non pas de doctrine, mais de pratique institutionnelle, reflétant une révision plus large de la participation aux instances consultatives de l’Église.
Cette dynamique ne s’est pas arrêtée avec la fin du pontificat de François. Son successeur, le pape Léon XIV, a donné des signes de continuité. L’une de ses premières nominations importantes fut celle de sœur Tiziana Merletti au poste de secrétaire du même dicastère autrefois dirigé par sœur Brambilla. Ce choix n’est pas fortuit. Les femmes représentent environ les trois quarts de tous les membres des ordres religieux dans le monde, ce qui en fait officiellement un terrain propice au développement du leadership féminin.
L’approche de Léon XIV semble s’appuyer à la fois sur l’expérience pastorale et sur une logique institutionnelle. Durant son épiscopat à Chiclayo, au Pérou, il a promu la participation des femmes dans le leadership organisationnel et pastoral, guidé par les principes de responsabilité partagée et de dignité. Concrètement, cela s’est traduit par un dépassement de l’idée traditionnelle selon laquelle les femmes occupent principalement des rôles de soutien, pour aller vers un modèle où elles participent activement à la configuration de la vie ecclésiale.
Au-delà des structures formelles, des réseaux de soutien ont également commencé à se développer. L’association Donne in Vaticano, fondée en 2016 et ouverte à toutes les femmes travaillant pour le Pape, est devenue un espace d’initiatives culturelles, sociales et spirituelles, ainsi que d’entraide. Sailer, l’une de ses fondatrices, continue de jouer un rôle actif au sein de son équipe dirigeante. À l’approche de son dixième anniversaire, le groupe sollicite une audience papale, un geste symbolique qui soulignerait sa reconnaissance et sa visibilité.
Le contexte ecclésial plus large renforce encore cette initiative. Les consultations liées aux récents processus synodaux – qui se reflètent dans d’autres traditions chrétiennes, comme les assemblées évangéliques luthériennes tenues entre 2021 et 2024 – ont mis en lumière le désir persistant des fidèles d’une plus grande participation des femmes à la gouvernance de l’Église. Bien que les débats sur le ministère ordonné restent non résolus et varient considérablement d’un pays à l’autre, la sphère administrative est devenue le principal domaine de changement au sein du catholicisme.
Avec des informations de Dom Radio.



