« La famille humaine est confrontée à des questions si radicales qu’elles menacent son existence même » ©  unsplash.com

« La famille humaine est confrontée à des questions si radicales qu’elles menacent son existence même » ©  unsplash.com

Le Vatican publie le document « Où vas-tu, humanité ? » 

« Quo vadis humanitas ? » s’interroge sur l’avenir de l’humanité face aux défis technologiques 

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« Où vas-tu humanité ? » : Cette question fondamentale sur l’avenir de l’humanité est au cœur du nouveau document de la Commission théologique internationale (CTI), organisme consultatif du Vatican rattaché au Dicastère pour la doctrine de la foi.

Publié ce 4 mars 2026 avec l’accord du pape Léon XIV, « Quo vadis humanitas ? » est le fruit d’un travail qui a duré presque cinq ans, et qui a été approuvé à l’unanimité en novembre 2025 lors de la dernière session plénière de la Commission théologique.

Ce document rappelle que l’avenir de l’humanité dépend des véritables relations humaines plus que des innovations technologiques. Devant les nouveaux défis liés à la science contemporaine, l’Église affirme avec force la vision chrétienne – et donc positive – de l’être humain. 

« Être une personne humaine, dotée d’une dignité infinie, n’est pas quelque chose que nous avons construit ou acquis, mais le fruit d’un don gratuit qui nous précède », explique la Commission théologique internationale. Ainsi l’identité humaine n’est pas un produit technique, mais un don et une mission, qui se construit dans les relations et dans l’histoire.

Le transhumanisme et le posthumanisme sont dangereux
L’identité humaine est un don qui se construit dans les relations et dans l’histoire © Vatican Media

L’identité humaine est un don qui se construit dans les relations et dans l’histoire © Vatican Media

Divisé en quatre chapitres, le document exprime tout d’abord la nécessité d’assurer un développement humain intégral, qui sous-tend un bon nombre d’innovations technologiques et sociales en cours. Il aborde ensuite la notion de la vocation profonde de l’être humain comme clé de compréhension anthropologique, puis il approfondit la question de l’identité humaine, personnelle et sociale. Enfin, le document parle de l’importance du « dialogue avec le Dieu vivant » dans la question de l’identité : la « plénitude de l’humain » se comprend à la lumière du Christ.

La Commission théologique identifie les différents défis liés aux nouvelles technologies, comme la communication numérique, l’écologie, l’intelligence artificielle, les biotechnologies ou la robotique. Elle aborde aussi le sujet du perfectionnisme « individualiste et élitiste », la polarisation sociale et une vision généralement négative de l’Église, perçue comme un obstacle au progrès.

Le transhumanisme et le posthumanisme sont en outre largement évoqués dans le document. Ces deux courants de pensée tentent de réinventer radicalement l’identité humaine. Ils peuvent malheureusement entraîner une vision négative de la condition humaine, par laquelle l’homme serait dépassé ou remplacé par la technique

Le transhumanisme veut améliorer l’être humain grâce aux technologies, en dépassant ses limites biologiques, et allant jusqu’à défendre l’extension indéfinie de la vie. Le posthumanisme va encore plus loin : il propose une vision dans laquelle il n’y a plus trop de frontière entre être humain, machine et environnement.

Discernement, dignité et bien-commun

Si l’Église ne condamne pas les nouvelles technologies, elle invite au discernement, et demande de rechercher la dignité de chaque personne et le bien commun dans la société. « À ce tournant du 21e siècle, la famille humaine est confrontée à des questions si radicales qu’elles menacent son existence même, telle que nous la connaissons » souligne la Commission dans sa conclusion.

« L’irruption d’un développement scientifique et technologique sans précédent dans l’histoire de la planète doit s’accompagner d’une responsabilité accrue, orientant le progrès vers le bien de l’humanité, car celle-ci est aujourd’hui exposée à des risques insoupçonnés » ajoute -elle.

« L’impact du développement technologique et scientifique, notamment de la révolution numérique, sur l’expérience humaine est profond, tant dans notre rapport à l’environnement que dans nos relations aux autres, à nous-mêmes et à Dieu. »

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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