Sermon sur la Montagne © Wikimedia

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Le bonheur a une loi : les Béatitudes

Méditation des lectures du 4e dimanche du Temps ordinaire

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IVe Dimanche du Temps Ordinaire – Année A – 1 février 2026

Rite Romain 

Soph. 2,3; 3,12-13; Ps 145; 1Cor 1,26-31; Mt 5,1-12

Rite Ambrosien

Sir 7, 27-30. 32-36; Ps 127; Col 3, 12-21; Lc 2, 22-33

Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

 

  1. La nouelle Loi : les Béatitudes

  L’Évangile d’aujourd’hui nous présente les Béatitudes, si connues, citées et commentées que nous risquons de croire les connaître déjà et de ne pas avoir besoin de les relire, de les méditer à nouveau pour mieux les comprendre, de les mettre en pratique et de nous convertir. Concernant le lien entre conversion et Béatitudes, le pape Léon XIV a déclaré : « Ce qui nous paraît grand et glorieux a d’abord été rejeté et chassé parce qu’il était contraire à la mentalité du monde. Ceux qui suivent Jésus, se trouvent sur le chemin des Béatitudes, où la pauvreté d’esprit, la douceur, la miséricorde, la faim et la soif de justice, et l’œuvre pour la paix rencontrent opposition et persécution aussi. Pourtant, la gloire de Dieu resplendit en ses amis et les façonne tout au long du chemin, de conversion en conversion » (Angelus, 29 juin 2025).

Jésus n’a pas seulement proclamé les Béatitudes, il les a vécues. Avant de décrire l’idéal chrétien, les Béatitudes décrivent la figure de Jésus, son comportement et ses choix. Dans la formulation de chaque Béatitude, une tension se manifeste entre la première et la seconde partie.

La première est caractérisée par des situations négatives (pauvreté, souffrance, persécution), la seconde par des situations positives (possession du Royaume, consolation, vision de Dieu). Cela signifie que les Béatitudes ne sont pas la promesse d’interventions miraculeuses visant à changer les situations actuelles. Les situations demeurent telles qu’elles sont. Les Béatitudes offrent plutôt un sens nouveau, suggérant des critères d’évaluation et d’interprétation différents. Elles nous lancent un défi. Sans ce défis nous parlerions d’idéaux, et non de Béatitudes. La note de la joie c’est: bienheureux ! Quelle joie ? Sur quelle base ? Il y a, en effet, joie et joie. La joie des Béatitudes s’enracine dans la certitude d’un futur heureux, dans la communion avec Dieu et dans un don de Dieu, et en même temps dans la joyeuse découverte que déjà de maintenant il est possible de gouter à l’avance  une nouvelle manière de vivre.

En effet, le premier mot prononcé par Jésus dans son discours de la Montagne c’est : « Heureux  » (Mt 5, 2). Comme nouveau Moïse, le Messie a gravi la montagne et du haut de sa chaire, a donné la loi qui désigne la joie comme un devoir pour le chrétien. En effet, les Béatitudes dans l’évangile de saint Matthieu répondent au Décalogue du Livre de l’exode. La Première Alliance nouée entre Dieu et le peuple d’Israël fut ratifiée par le don de la Loi et l’acceptation par Israël de cette volonté divine. La Nouvelle Alliance aussi commence par la loi, mais sa loi sont les Béatitudes et elle est ratifiée par notre « oui », « fiat », « amen », grâce auquel en nous, en premier lieu, en Marie, la joie s’est incarnée et a établi sa demeure entre nous et en nous.

La loi chrétienne, les commandements de Dieu, les préceptes de l’Eglise, tous se réalisent dans le fait même que nous portons en nous la joie, qui est Jésus-Christ, cette joie qui vient de ce que nous avons Dieu en nous, que nous sommes non seulement aimés et croyons en l’amour, mais que nous répondons à cet amour en nous donnant pleinement au Seigneur. Voilà ce qu’est le bonheur : aimer parce qu’ont  on est aimé.

La Loi de l’Ancien Testament est totalement portée par le don de la « Loi des Béatitudes » du Nouveau Testament. Ce don nous fait comprendre effectivement que l’unique loi du chrétien ne peut être que la joie, à partir du moment où toutes les Béatitudes commencent toujours par le même mot: « heureux ». « Heureux » parce que pauvres, « heureux » parce que doux, « heureux » parce que purs de coeur, « heureux » les persécutés : de toute façon, toujours « heureux ». Les Béatitudes sont les lois que le Christ a données pour nous indiquer la vocation des fidèles associés à la gloire de sa Passion et de sa Résurrection. Les Béatitudes « éclairent les actions et les attitudes caractéristiques de la vie chrétienne ; elles sont les promesses paradoxales qui soutiennent l’espérance dans les tribulations ; elles annoncent les bénédictions et les récompenses déjà obscurément acquises aux disciples ; elles sont inaugurées dans la vie de la Vierge Marie et de tous les saints » (CCC 1717). 

Les Béatitudes sont la promesse d’une vie pleine et d’une loi qui indique un programme de vie heureux. Toutefois on ne saurait penser que ces béatitudes sont exemptes d’épreuves et souffrances, comme un « bien êtrebien-être » purement terrestre. On doit les voir comme une possibilité d’expérimenter que ce que l’on est, ou ce que l’on vit, a un sens (c’est-à-dire une direction et une signification), donne la « conviction », « une raison » selon laquelle la vie vaut la peine d’être vécue. Se rappeler aussi que ce bonheur est mesurable à la fin du parcours entrepris, parce que durant notre cheminement il est présent, mais il arrive que les épreuves, les souffrances, la passion, le contredisent.

Vivre les Béatitudes c’est vivre comme le Christ, mais c’est difficile, en effet le christianisme « n’est pas facile, mais heureux » (Paul VI).

2) Portrait du Christ et le nôtre

Les béatitudes ne sont pas seulement la nouvelle loi que le Christ promulgue. Celles-ci « dépeignent le visage de Jésus-Christ et en décrivent la charité » (CCC 1717), faisant ressortir les traits de sa figure et mettant en évidence sa manière de penser et d’agir que nous devons faire nôtre avec amour.

D’un côté, les béatitudes sont un portrait du Fils de Dieu venu parmi nous, de l’autre, elles décrivent les caractéristiques du disciple qui, dans les pas du Maître, par la force de l’Esprit, vit l’imitation de son Seigneur, en se laissant habiter par Lui. Donc, nous mettons en pratique les béatitudes pour devenir des hommes neufs par le biais de la grâce qui nous vient de Jésus : en elles nous reconnaissons le projet et le parcours de sainteté selon l’évangile, parce que le saint n’est que l’homme nouveau rendu tel par le Christ.

Ce que le Christ exige n’est pas seulement d’être des saints, parfaits en amour (« Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » – Mt 5, 48), mais d’être des « bienheureux », heureux dans notre perfection, car la sainteté et le bonheur sont indissociables. 

Mais si la béatitude suppose la perfection, qu’est-ce que la perfection ? 

C’est la présence de Dieu dans notre cœur, Dieu à qui nous avons dit « oui ».

C’est vivre la vie de Dieu, qui se donne à chacun de nous. 

Par conséquent, il est important que chacun de nous prenne conscience de ce don que nous avons reçu. Et, dans la mesure où nous en aurons pris conscience, où nous aurons vraiment foi en ce don, nous serons en mesure alors de faire tout autant l’expérience de cette joie d’être aimés.

Mais cette joie n’est pas seulement décrite dans l’Evangile du jour. Toute la liturgie de la Parole de ce dimanche met l’accent sur ce thème, partant en premier lieu de la béatitude de la pauvreté, comme on le voit dans le refrain du psaume responsorial, dans la lecture du livre de Sophonie, et dans le passage de la première lettre aux corinthiens, dans laquelle Paul affirme que Dieu se sert de ceux qui ne comptent pas pour confondre le monde. « Heureux le pauvre » implique certainement une invitation à mettre les pauvres au centre de l’attention. Le pauvre d’esprit est celui qui a confiance en Dieu, attend de Dieu, pose sa confiance uniquement en Lui. Comme l’entend saint Matthieu, la pauvreté ne peut se réduire à un abstrait détachement général des biens. C’est l’attitude concrète et publique, dont les béatitudes suivantes déterminent son contenu : la construction de la paix, la faim de justice, la miséricorde, la limpidité intérieure. Des attitudes toutes concrètes et actives. Bien que mettant au premier plan les attitudes intérieures et spirituelles, saint Mathieu n’oublie pas d’inviter à un engagement concret et courageux pour la justice et la paix.

La loi chrétienne est donc : être contents, être heureux dans l’amour reçu et partagé dans un esprit de pauvreté.

Avec cette description existentielle proposée comme loi, le Rédempteur répond au désir inné de bonheur, qui est d’origine divine. Dieu l’a mis dans le cœur de l’homme pour l’attirer vers Lui, car Lui seul peut le combler. « Il est certain que nous voulons tous vivre heureux ; et dans tout le genre humain, il ne se trouve qui n’approuve cette proposition, avant même qu’on ait fini de l’exprimer (Saint Augustin, De moribus ecclesiae catholicae, 1, 3, 4: PL 32, 1312). « Comment donc vous chercher, ô mon Dieu ? Quand je vous cherche, vous, mon Dieu, c’est le bonheur que je cherche. Ah ! Puissé-je vous chercher pour que vive mon âme ! Car mon corps vit de mon âme, et mon âme vit de vous ! ” (Saint Augustin, Conf., 10, 20, 29). 

« Seul Dieu peut assouvir » (Saint Thomas d’Aquin, Expositio in symb. Ap. 1). C’est pourquoi il est juste et bon de reconnaitre que la joie des béatitudes trouve son fondement dans la certitude d’un meilleur avenir, en communion avec Dieu et comme don de Dieu, et en même temps dans la joyeuse découverte que dès à présent il est possible de goûter à une nouvelle façon de vivre. 

 

3) Les béatitudes et la vie consacrée dans le monde.

Le monde fonde la joie sur les biens possédés, sur le succès, ou sur toute autre chose de ce type. Jésus Christ, Lui, avec l’Evangile de la joie, nous invite à fonder notre joie sur Son amour et en l’imitant. En assumant ses traits paradoxaux d’homme vrai, parce que pauvre, doux, humble, en pleurs, affamé et assoiffé de justice, miséricordieux, pur de cœur, artisan de paix, persécuté pour la justice (cf. Mt. 5, 3 – 10)

Une façon significative d’imiter le Christ et de mettre en pratique les béatitudes est celui des vierges consacrées dans le monde. En se donnant pleinement, ces femmes témoignent qu’il est possible d’être heureux sans se laisser fasciner par les choses du monde tout en y vivant. Devant les choses humaines nous sommes comme les grecs de l’antiquité devant la Méduse : pétrifiés ! Nous restons nous aussi pétrifiés et n’avons plus la capacité de croire, d’aller jusqu’à Dieu. Les choses terrestres ont un pouvoir de séduction ; non seulement elles nous arrachent à Dieu, mais nous paralysent, nous empêcheempêchent d’accéder à Lui, nous empêchent de faire une vraie expérience de ce qui est notre vraie richesse : Dieu ! Ces consacrées nous rappellent que Dieu seul peut assouvir (Saint Thomas d’Aquin, Expositio in symb. Ap. 1), que Dieu seul suffit (Sainte Thérèse d’Avila), que notre corps vit de notre âme et notre âme vit de Dieu, qu’en Le cherchant nous cherchons le bonheur (Cf. Saint Augustin, Les Confessions, 10, 20, 29). Et en trouvant Dieu, nous trouvons le vrai et l’éternel bonheur (P. Olivier Marie). Bonheur que l’evêque évêque invoque sur la consacrée de la manière suivante : « et toi, Dieu toujours fidèle, sois leur fierté, leur joie, leur amour. » (Rituel de consécration des vierges n°24)

Lecture patristique

Saint Augustin d’Hippone

Sermon 53

1. Le Sauveur vient de nous faire connaître les voies diverses qui conduisent à la vie bienheureuse. Il n’est personne qui n’aspire à cette vie ; on ne peut trouver personne qui ne veuille être heureux. Ah ! si seulement on désirait mériter la récompense avec autant d’ardeur qu’on soupire après la récompense elle-même ! Qui ne prend son essor quand on lui dit : Tu seras bienheureux ? Il devrait donc entendre avec plaisir aussi à quelle condition il le sera. Doit-on refuser le combat lorsqu’on cherche la victoire ? La vue de (254) la récompense ne devrait-elle pas enflammer le coeur pour le travail qui l’obtient ? A plus tard ce que nous demandons ; mais c’est maintenant qu’il nous est commandé de mériter ce que nous obtiendrons plus tard.

Commence à rappeler les divines paroles, les commandements et les récompenses évangéliques. – « Bienheureux les pauvres de gré, parce qu’à eux appartient le royaume des cieux. – Tu posséderas plus tard ce royaume des cieux ; sois maintenant pauvre de gré. Veux-tu réellement posséder plus tard ce magnifique royaume ? Vois quel esprit t’anime et sois pauvre de gré. Mais qu’est-ce qu’être pauvre de gré ? Demandes-tu peut-être. Aucun orgueilleux n’est pauvre de gré ; le pauvre de gré est donc l’homme humble. Le royaume des cieux est haut placé ; mais « quiconque s’humilie s’élèvera » jusques là jusque-là (Lc 14,2).

2. Considère ce qui suit : « Bienheureux ceux qui sont doux, car ils auront la terre pour héritage ». Tu veux posséder la terre ? Prends garde d’être possédé par elle. Tu la posséderas si tu es doux ; tu en seras possédé si tu ne l’es pas. Mais en entendant qu’on t’offre comme récompense la possession de la terre, n’ouvre pas des mains avares pour t’en emparer dès aujourd’hui, aux dépens même de ton voisin ; ne sois pas le jouet de l’erreur. Posséder la terre, c’est s’attacher intimement à Celui qui a fait le ciel et la terre. La douceur en effet consiste à ne pas résister à son Dieu, à l’aimer et non pas soi-même dans le bien que l’on fait ; et dans le mal que l’on souffre justement, à ne pas lui en vouloir mais à s’en vouloir à soi-même. Il n’y a pas un léger mérite de lui plaire en se déplaisant et de se déplaire en lui plaisant.

3. Troisième béatitude : « Bienheureux ceux qui pleurent ; car ils seront consolés ». Les pleurs désignent le travail, et la consolation, la récompense. Quelles sont, hélas ! les consolations de ceux qui pleurent d’une manière charnelle ? Aussi importunes que redoutables ; car en essuyant leurs larmes, ils craignent toujours d’en verser de nouvelles. Un père, par exemple, se désole d’avoir perdu son fils, la naissance d’un autre le réjouit ; celui-ci remplace celui qui n’est plus, mais il est pour lui un sujet de crainte comme le premier a été un sujet de tristesse, et il ne trouve dans aucun d’eux consolation véritable. La vraie consolation sera de recevoir ce qu’on ne pourra perdre, et on mérite d’en jouir plus tard, lorsque maintenant on gémit d’être en exil.

4. Quatrième devoir et quatrième récompense : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ». Tu veux être rassasié ? Comment le seras-tu ? Si tu aspires au rassasiement du corps, une fois les aliments digérés, tu ressentiras de nouveau le tourment de la faim ; car il est dit : « Quiconque boira de cette eau, aura soif encore (Jn 4,13)». Quand un topique étendu sur une plaie parvient à la guérir, toute douleur disparaît, mais la nourriture ne chasse la faim et ne restaure que pour un moment; car la faim succède au rassasiement; et en vain applique-t-on chaque jour le remède de la nourriture, il ne cicatrise point la faiblesse. Ayons donc faim et soif de la justice ; c’est le moyen d’en être un jour rassasiés, car notre rassasiement viendra de ce qui maintenant provoque en nous et la faim et la soif. Que notre âme en ait faim et soif ; pour elle aussi il y a une nourriture et il y a un breuvage. « Je suis, dit le Seigneur, le pain descendu du ciel (Jn 6,41) ». Voilà le pain destiné à apaiser ta faim. Désire aussi le breuvage qui étanchera ta soif : « En vous », Seigneur, « est la source de vie (Ps 35,10) ».

5. Autre maxime : « Bienheureux les miséricordieux, car Dieu leur fera miséricorde ». Fais-la et on la fera; fais-la envers un autre et on la fera envers toi. Tu es à la fois riche et pauvre, riche des biens temporels, pauvre des biens éternels. Tu entends un homme mendier. Tu mendies toi-même auprès de Dieu. On te demande, et tu demandes. Ce que tu feras envers ton solliciteur, Dieu le fera envers le sien. Plein d’un côté et vide de l’autre, remplis de ta plénitude le vide des pauvres, et le tien sera rempli de la plénitude de Dieu.

6. Nous lisons encore : « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ». Telle est la fin de notre amour ; mais c’est une fin qui nous perfectionne et non une fin qui nous détruit. On finit un repas et on finit un vêtement ; un repas, quand on a consumé la nourriture ; un vêtement, quand on achève de le coudre. Ici et là on achève ; ici de consumer, et là de perfectionner. Quels que soient maintenant nos actes et nos vertus, nos efforts et les louables et innocentes aspirations de notre cœur, une fois que nous verrons Dieu nous serons entièrement satisfaits. Que pourrait chercher encore celui qui possède Dieu, et de quoi se contenterait celui à qui Dieu ne suffit pas ? Ce que nous voulons, ce que nous cherchons, ce que nous ambitionnons, c’est de voir Dieu. Et qui n’aurait ce désir ?

Mais considère ces paroles : « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ». Donc, afin de le voir, prépare ton cœur. Pour me servir d’une comparaison toute matérielle, à quoi bon désirer voir le soleil à son lever, si les yeux sont fermés par la maladie ? Qu’on les guérisse et ils seront heureux de voir la lumière ; s’ils restent malades, elle fera leur tourment. De même tu ne pourras voir sans la pureté du cœur, ce que ne sauraient contempler que les cœurs purs. Tu seras repoussé, éloigné, tu ne pourras jouir. « Bienheureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu ».

Combien de fois déjà le Sauveur a-t-il répété ce mot Bienheureux ? Quelles causes a-t-il assignées à la béatitude ? Quelles oeuvres et quels salaires, quels mérites et quelles récompenses a-t-il énumérés ? Jamais jusqu’alors il n’avait dit : « Ils verront Dieu. – Bienheureux les pauvres de gré, car le royaume des cieux est à eux. Bienheureux ceux qui sont doux, car ils auront la terre en héritage. Bienheureux ceux qui pleurent ; ils seront consolés. Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice ; « Ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux ; ils obtiendront miséricorde ». Il n’a pas encore été dit : « Ils verront Dieu ». Nous arrivons aux cœurs purs ; c’est à eux qu’est promise la vue de Dieu, et ce n’est pas sans motif, car ils ont des yeux pour voir Dieu. C’est de ces yeux que parle l’Apôtre quand il dit : « Les yeux éclairés de votre cœur ». Ep 1,18 Maintenant donc ces yeux, parce qu’ils sont faibles, sont éclairés par la foi ; devenus plus tard vigoureux, ils seront éclairés par la réalité même. « Tant que nous sommes dans ce corps, nous voyageons loin du Seigneur ; car nous marchons dans la foi et non dans la claire vue (2Co 5,6-7) ». Et tant que nous marchons ainsi dans la foi, que dit de nous l’Ecriture ? Que « maintenant nous voyons à travers un miroir, en énigme, et qu’alors ce sera face à face (1Co 13,12) ».

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Mgr Francesco Follo

Mgr Francesco Follo est ordonné prêtre le 28 juin 1970 puis nommé vicaire de San Marco Evangelista à Casirate d’Adda de 1970 à 1976. Il obtient un doctorat en Philosophie à l’Université pontificale grégorienne en 1984. De 1976 à 1984, il travaille comme journaliste au magazine Letture du Centre San Fedele de la Compagnie de Jésus (jésuites) à Milan. Il devient membre de l’Ordre des journalistes en 1978. En 1982, il occupera le poste de directeur-adjoint de l’hebdomadaire La Vita Cattolica. De 1978 à 1983, il est professeur d’Anthropologie culturelle et de Philosophie à l’Université catholique du Sacré Cœur et à l’Institut Supérieur des Assistant Educateurs à Milan. Entre 1984 à 2002, il travaille au sein de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, au Vatican. Pendant cette période il sera professeur d’Histoire de la Philosophie grecque à l’Université pontificale Regina Apostolorum à Rome (1988-1989). En 2002, Mgr Francesco Follo est nommé Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO et de l’Union Latine et Délégué auprès de l’ICOMOS (Conseil international des Monuments et des Sites). Depuis 2004, Mgr Francesco Follo est également membre du Comité scientifique du magazine Oasis (magazine spécialisé dans le dialogue interculturel et interreligieux). Mgr Francesco Follo est Prélat d’Honneur de Sa Sainteté depuis le 27 mai 2000.

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