L’Église catholique au Nigeria continue de dénoncer fermement les meurtres, les enlèvements et les attaques visant les populations civiles, et en particulier les fidèles chrétiens qui sont régulièrement la cible des groupes armés.
Ce dimanche 18 janvier 2026, plus de 160 personnes ont été enlevées alors qu’elles participaient à la messe dominicale dans deux églises de l’État de Kaduna, au nord. Les attaques se sont déroulées à Kurmin Wali, une communauté forestière isolée, difficile d’accès et faiblement sécurisée. Si aucun groupe n’a revendiqué ces enlèvements, le mode opératoire reste identique et correspond à celui des bandes armées actives depuis plusieurs années.
Pratiquer sa foi au Nigeria reste aujourd’hui un acte très dangereux. En 2025, ce pays a compté le plus grand nombre de missionnaires et d’agents pastoraux catholiques assassinés. C’est également au Nigeria que la communauté catholique est le plus touchée par le fléau des enlèvements.
Le « smoke screen » de l’insécurité

Les chrétiens sont depuis longtemps la cible des meurtres et enlèvements © fides.org
En décembre dernier, les évêques catholiques du Nigeria ont publié une déclaration, dans laquelle ils déplorent cette violence persistante qui a déjà « réclamé de nombreuses vies, détruit des maisons et déplacé des familles ». Tout en demandant la paix dans leur pays, les évêques ont exprimé leur grande inquiétude face à l’ampleur de la crise sécuritaire. Ils ont notamment exhorté le gouvernement nigérian à prendre de réelles dispositions pour mettre fin à ces violences.
Selon Mgr Fortunatus Nwachukwu, secrétaire du Dicastère pour l’évangélisation, « tout cela est source d’une grande tristesse. Et aussi d’un peu de honte. Car le Nigeria est l’un des pays les plus religieux au monde. Un peuple de croyants, chrétiens et musulmans. Nous disons tous que nous sommes des gens de paix ».
« Nombreux sont ceux qui dénoncent l’inaction du gouvernement face à ce qui se passe » confie encore l’archevêque, « le Nigeria connaît un effondrement total de la sécurité, qui touche tout le monde. Cette insécurité généralisée est comme un écran de fumée, un “smoke screen” qui empêche de déterminer clairement si certains groupes sont particulièrement visés. »
« Lorsque l’on demande l’intervention des forces de sécurité, et que celle-ci concerne les chrétiens, elle n’arrive pas ou arrive trop tard. Tout laisse penser qu’il y a une intentionnalité dans le fait de s’en prendre aux victimes chrétiennes » ajoute Mgr Nwachukwu.
