Première publication le 7 janvier 2026 par l’AED
Les civils sont à nouveau les principales victimes alors que les FDS dirigées par les Kurdes et les forces loyales au gouvernement de Damas tentent de prendre le contrôle de la deuxième ville la plus importante du pays. L’église a ouvert les portes de ses bâtiments aux familles déplacées.
Les chrétiens d’Alep, en Syrie, appellent la communauté internationale à la prière, alors que la violence revient dans la ville.
Les forces gouvernementales et les membres des Forces démocratiques syriennes (FDS)*, une coalition dirigée par les Kurdes basée dans le nord-est de la Syrie, se battent pour le contrôle de certaines parties d’Alep. Les affrontements avaient commencé fin décembre puis ont été interrompus lorsque les deux camps ont établi une trêve, mais les combats ont repris le 6 janvier et ont déjà causé plusieurs morts, y compris de chrétiens, selon des sources locales en contact avec l‘AED.
Le retour de la violence a coïncidé avec Noël pour les fidèles orthodoxes arméniens et les célébrations de l’Épiphanie pour les autres communautés chrétiennes d’Alep, mais toutes les célébrations ont été annulées car les habitants ont trop peur de quitter leur domicile. « Les écoles, universités et services publics sont fermés, seuls les hôpitaux restent en activité, et les familles chrétiennes sont piégées chez elles parce qu’elles sont en première ligne », explique la source de l‘AED sur le terrain, qui a demandé à ne pas être nommée pour des raisons de sécurité.
« Je demande vos prières »
L’Église locale a ouvert de nombreux bâtiments aux familles qui ont dû fuir leur domicile, et le gouvernement a ouvert deux passages pour que les personnes puissent quitter les zones touchées, mais on craint que la situation ne s’aggrave lorsqu‘ils seront à nouveau fermés. « Il semble que les deux camps préparent quelque chose de plus important, d’après la quantité d’attentats à la bombe et des tirs que nous entendons », explique la source de l‘AED, ajoutant « Je demande des prières pour que les deux parties parviennent à un accord et que la paix règne dans le pays. »

Dans un message envoyé à l’AED, l’archevêque maronite Mgr Joseph Tobji s’adresse à tous les bienfaiteurs, demandant des prières. « Je voudrais vous demander vos prières avec cette vidéo, car le moment est redevenu crucial. Les gens commencent à se disperser des nombreuses zones d’Alep. Nous comptons sur l’aide du Seigneur, et pour cela nous vous remercions pour vos prières. »
Le père Fadi Najjar, partenaire du projet de l‘AED, a également envoyé un message expliquant que « le gouvernement bombarde les zones kurdes, et les Kurdes réagissent en bombardant nos quartiers. Les roquettes nous tombent dessus. »
« Bien sûr, les civils sont toujours le maillon faible, et ceux qui souffrent le plus. Beaucoup de gens ont quitté leur maison, et beaucoup sont morts », ajoute le prêtre.
Le père Najjar termine également son message à l’AED par un appel urgent à la prière et à la paix. « S’il vous plaît, priez pour nous et restez unis dans la prière. Nous ne savons pas ce qui se passe ni ce qui va arriver, alors s’il vous plaît, aidez-nous avec votre prière et votre solidarité. Élèvez la voix pour la paix, afin que cette guerre prenne fin immédiatement. »
Peur et incertitude
Un autre partenaire du projet, le père Hugo Alaniz, a expliqué dans un message envoyé à l’association caritative : « Nous ne savons pas ce qui va se passer, mais nous prions pour que tout se calme, alors nous demandons aussi vos prières. Nous avions en fait prévu de fêter Noël avec nos enfants hier car ce n’était pas sûr de célébrer le jour de Noël à cause des conflits, mais ces mêmes événements nous ont empêché de recommencer. Nous avons entendu les bombardements et les tirs des deux camps toute la journée, je demande des prières pour que les deux parties parviennent à un accord et que la paix règne dans le pays ».

Regina Lynch, présidente exécutive de l‘AED, a déclaré que « une fois de plus, des nouvelles alarmantes nous parviennent d’Alep. Nos frères et sœurs là-bas demandent des prières, et à l‘AED, nous nous joignons à cet appel avec une profonde inquiétude et un grand espoir. Dans des moments comme ceux-ci, lorsque la peur et l’incertitude reviennent dans la vie quotidienne de tant de familles, la prière devient un puissant acte de solidarité. Je demande à nos bienfaiteurs et à toutes les personnes de bonne volonté de prier pour le peuple d’Alep, en particulier pour les communautés chrétiennes qui subissent à nouveau les conséquences de la violence. Que Dieu touche le cœur des responsables, afin que le dialogue et la paix prévassent. »
*Les FDS sont la branche militaire de l’entité politique qui dirige le nord-est de la Syrie depuis le début de la guerre civile dans le pays, en 2011. Ils ont joué un rôle clé dans la défaite de l’État islamique, avec le soutien d’une coalition internationale, et veulent continuer à gérer leur région en tant que partie autonome de la Syrie. Le gouvernement de Damas, qui a renversé Bachar al-Assad il y a un peu plus d’un an, a refusé cette idée et vise à exercer un contrôle sur l’ensemble du pays. Les tensions ont couvé entre les parties pendant des mois avant d’éclater en conflit total pour le contrôle de parties de la deuxième ville la plus importante de Syrie, Alep.
Filipe d’Avillez
