Les frères carmélites expriment l'espoir d'un retour © Aleteia

Les frères carmélites expriment l'espoir d'un retour © Aleteia

Les carmes déchaux quittent le Nicaragua 

Dans un contexte de persécution gouvernementale 

Share this Entry

 

Les frères Carmes déchaux de la province de Notre-Dame de Guadalupe, un ordre religieux ayant plus de cinq décennies de service pastoral à Managua, ont annoncé leur départ. Bien qu’officiellement attribuée à une pénurie de vocations, des rapports indiquent que les pressions politiques du régime Ortega-Murillo au Nicaragua ont joué un rôle décisif dans cette décision inattendue.

Les frères, connus pour leur dévotion mariale et leur engagement dans la foi eucharistique, ont été la pierre angulaire de la communauté de Notre-Dame du Mont-Carmel depuis leur arrivée. Cependant, des sources proches du dossier ont révélé que l’insistance du gouvernement à contrôler quels frères pouvaient rester dans la paroisse créait une situation intenable. Face à la perspective d’une ingérence dans leur mission, les frères ont choisi de céder la paroisse à l’archidiocèse de Managua. 

Dans un communiqué officiel, les frères carmes ont exprimé leur espoir de revenir : « Si Dieu le permet, quand nous aurons plus de vocations, nous espérons revenir. Nous restons en communion ecclésiale par nos prières et nous recommandons à l’Immaculée Conception de Marie la paroisse de Notre-Dame du Mont Carmel.

 Ce départ marque la fin d’un chapitre important pour les carmes déchaux, dont le ministère dans la paroisse s’est étendu sur plusieurs générations. Les frères ont exprimé leur gratitude pour les innombrables liens de foi qu’ils ont tissés avec les paroissiens, soulignant la joie de la dévotion mariale et de la célébration eucharistique qui ont défini leur travail. 

Pour officialiser le transfert des responsabilités pastorales, le cardinal Leopoldo Brenes célébrera une messe le dimanche 26 janvier 2025 à 17 heures. Au cours de cette messe, le père Yedris Calero assumera la direction de la paroisse.

 Le départ des frères carmes s’inscrit dans un contexte plus large d’hostilité à l’égard de l’Église catholique sous le régime d’Ortega-Murillo. L’Église a été confrontée à une répression croissante depuis 2018, avec notamment la confiscation de 19 propriétés religieuses et un nombre stupéfiant de 971 attaques enregistrées contre ses institutions et ses membres, selon le rapport « Nicaragua : une Église persécutée ? » de l’experte juridique Martha Patricia Molina.

 Les actions du gouvernement reflètent une campagne croissante contre les voix dissidentes, dans laquelle l’Église catholique est souvent en première ligne de la défense de la justice, de la paix et des droits de l’homme. En s’attaquant au clergé et aux institutions religieuses, le régime cherche à supprimer l’une des rares entités encore indépendantes du pays.

Share this Entry

Rédaction

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel