Des témoignages sur les « miracles » du Sacré-Cœur de Jésus, il y en arrive des dizaines par an. En cette fête des 350 ans Jubilé du Sacré-Cœur, le sanctuaire de Paray-le-Monial (France), propose un témoignage, paru dans la revue Il est vivant ! spécial Sacré-Cœur, qui illustre comment Jésus répand sa Miséricorde divine.
« Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en toi ! » C’est une prière que je chéris particulièrement tant elle résume la joie de me savoir accompagnée et aimée telle que je suis.
J’ai grandi au sein d’une famille franco-mexicaine. Petite-fille de Juliette et Honoré Huchon et de Raquel et Luis Colunga, quatre trésors dont trois sont déjà au Ciel et qui, à leur manière, m’ont transmis la foi comme un cadeau à vivre et partager, sans l’imposer.
Mon grand-père Luis se recueillait tous les jours devant la statue du Sacré Cœur posée sur sa table de chevet. Il terminait la prière à son « Père Sacré » en déposant un baiser sur son cœur. Ce geste m’a toujours touchée, d’autant plus qu’il venait d’un homme élevé à la dure ; mais, face à son « Père Sacré », c’était l’enfant bien aimé qui se confiait et qui nous confiait avec la même tendresse dont il se savait aimé. C’est ainsi que l’image du Sacré Cœur m’est devenue familière.
En 2022, Honoré, mon grand-père paternel, rejoignait le Ciel. Agriculteur, longtemps maire de son village, il était soucieux d’incarner sa foi dans l’action et de se former pour mieux servir. Ces dernières années, nous avons beaucoup échangé, notamment sur la transmission de la foi, lui qui aurait voulu trouver les mots pour partager au reste de la famille la profondeur de son amitié avec celui qu’il appelait « mon Christ ».
Le jour de la fête du Christ Roi, pendant mon temps de prière, sont venus à ma mémoire ces titres de tendresse que mes grands-pères adressaient à Jésus. Des mots qui ne pouvaient venir que d’un cœur à cœur, comme celui des amoureux ou des amis qui ne peuvent se contenter de s’appeler par leur prénom. Je compris à ce moment précis que le titre de tendresse que je lui adressais moi-même portait en lui à la fois une histoire personnelle et un héritage. « Mi Padre Sagrado », « mon Christ », « mon doux et bon Roi » avaient pour source le même Cœur qui, comme promis à sainte Marguerite Marie, est un refuge assuré pour tous ceux qui se confient à lui pendant la vie et au moment de leur mort.