Jésuites du Chili © La Civilta cattolica

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"Quand je perçois des résistances, je cherche à dialoguer", le pape se confie aux jésuites du Chili

Son pontificat, une période de paix

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« Quand je perçois des résistances, je cherche à dialoguer », affirme le pape François dans un dialogue avec les jésuites du Chili rendu public par La Civilta cattolica le 15 février 2018.

Le pape a en effet rencontré 90 confrères de la Compagnie de Jésus, le 16 janvier, à la fin de la première journée de son voyage apostolique au Chili, au « Centre Hurtado » de Santiago. Dans la chapelle, il a entamé un dialogue « très familier et chaleureux » avec eux.

Je me fais aider par les divergences

Le pape argentin a évoqué « les difficultés » autour de la réforme de la curie, difficultés qu’il refuse d’appeler « résistance », car « cela reviendrait à renoncer à discerner ». « Il est facile de dire qu’il y a de la résistance et de ne pas se rendre compte que dans cette opposition il peut également y avoir un brin de vérité », a-t-il fait observer: « Je me fais aider par les divergences. Souvent, je demande à quelqu’un : ‘Qu’en pensez-vous ?’ Cela m’aide aussi à relativiser de nombreuses choses qui, à première vue, semblent être des résistances, mais qui, en réalité, sont des réactions qui naissent d’un malentendu, du fait qu’il y a besoin de répéter certaines choses, de mieux les expliquer… »

« Lorsque, à l’inverse, je me rends compte qu’il existe une véritable résistance, certes, cela me déplaît », a poursuivi le pape. Et de fustiger « le fameux ‘on a toujours fait comme ça' » qui « règne de partout ». « C’est là une grande tentation que nous avons tous vécue. Par exemple, nous l’avons tous vécue dans la période post-conciliaire. Les résistances apparues après le concile Vatican II, qui sont toujours présentes, ont cette signification : relativiser le Concile, diluer le Concile. »

Pour ma santé mentale

« Cela me déplaît encore plus quand quelqu’un s’enrôle dans une campagne de résistance », a souligné le pape en évoquant notamment « les résistances doctrinales » : « Pour ma santé mentale, je ne lis pas les sites internet liés à cette soi-disant ‘résistance’. Je sais qui ils sont, je connais ces groupes, mais je ne les lis pas… S’il y a quelque chose de très sérieux, on m’en informe pour que je le sache. « 

« Lorsque je perçois des résistances, je cherche à dialoguer, lorsque le dialogue est possible, a assuré le pape François ; mais certaines résistances viennent de personnes qui croient posséder la véritable doctrine et t’accusent d’être hérétique. Quand je ne trouve pas de bonté spirituelle chez ces personnes, à cause de ce qu’elles disent ou écrivent, je prie simplement pour elles. J’éprouve de la peine, mais je ne m’arrête pas sur ce sentiment, par hygiène mentale. »

Au jésuites du Pérou, qu’il a rencontrés trois jours plus tard, le pape a aussi confié : « Pour moi, voir naître des résistances est un bon signe. C’est le signe que nous sommes sur la bonne voie, que le chemin est le bon. Autrement, le démon ne se donnerait pas de mal pour opposer des résistances. »
Je n’aime pas les commérages

Interrogé au Chili sur « les grandes joies et les grandes peines » de son pontificat, le pape a estimé qu’il vivait « une période plutôt tranquille » : « Depuis l’instant où, lors du Conclave, je me suis rendu compte de ce qui était sur le point d’arriver — une véritable surprise pour moi —, j’ai éprouvé une grande paix. Et jusqu’à aujourd’hui, cette paix ne m’a pas quitté. C’est un don du Seigneur, dont je suis reconnaissant. Et j’espère vraiment qu’il ne me la retirera pas. C’est une paix que je ressens comme un don pur, un don pur. »

« Les choses qui ne m’ôtent pas la paix, mais qui, oui, me chagrinent, sont les commérages, a ajouté le pape. Les commérages me déplaisent, m’attristent. Il y en a souvent dans les mondes fermés. Lorsque cela arrive dans un monde de prêtres ou de religieux, j’ai envie de leur demander : mais comment est-ce possible ? Vous qui avez tout quitté, qui avez décidé de ne pas avoir de femme à vos côtés, qui ne vous êtes pas mariés, qui n’avez pas eu d’enfants… Vous voulez finir comme de vieux garçons cancaniers ? Oh, mon Dieu, quelle triste vie ! »

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Anne Kurian

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