CCEE: les Œuvres de Miséricorde aujourd’hui en Europe

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«Le devoir chrétien de donner l’espérance»

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«Le devoir chrétien de donner l’espérance», c’est le titre du communiqué finale de la rencontre sur les Œuvres de Miséricorde aujourd’hui en Europe, organisée à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, du 15-18 septembre 2016, par le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE).
Ce communiqué rappelle notamment le message du pape François qui souligne le besoin de « contribuer à la renaissance de l’Europe » et à rêver « un nouvel humanisme européen » en encourageant les « représentants de l’épiscopat européen à impliquer toujours plus les communautés et les diverses entités caritatives et d’assistance dans l’effort d’annoncer l’Évangile à ceux qui ont égaré pour diverses raisons l’orientation de leur vie ». C’est la seule manière pour l’Église d’« être une mère génératrice de projets, et donc féconde, parce qu’elle respecte la vie et offre des espérances de vie ».
«S’unissant au Saint-Père qui participera à la rencontre pour la paix, le 20 septembre prochain à Assise, les participants ont prié pour la paix, signe clair de la miséricorde divine, spécialement en Ukraine et dans les pays du Moyen Orient», indique la même source.
AB
Communiqué
Avoir miséricorde signifie ne pas fuir devant la douleur, les injustices et les multiples souffrances de notre temps mais en faire des occasions d’espérance et de salut grâce à l’amour chrétien. Dans toute œuvre de miséricorde, la personne humaine, dans sa dignité et son intégrité, est le point de départ et le but de l’action de l’Église. Mais dans l’exercice de la miséricorde, le geste occasionnel ne suffit pas, car il est souvent le fruit de l’émotion passagère et conduit à une délégation déresponsabilisante. Tout chrétien, toute la communauté chrétienne, plus encore, toute l’humanité est appelée à l’œuvre de miséricorde ! Pour la réaliser, il faut savoir éduquer, partager et témoigner : c’est ce que les participants de la rencontre du CCEE de Sarajevo ont exprimé lors de leurs quatre jours de travaux (15-18 septembre).
Poursuivant un parcours entrepris avec divers organismes catholiques européens (Caritas Europe, Comece, Commission Justice et Paix Europe, FEAMC, ICMC,ICCPPC, FEBA, UNIAPAC), la Commission CCEE Caritas in Veritate en collaboration avec la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine a promu une rencontre de ceux qui en Europe sont les acteurs des œuvres de miséricorde. Cela a été l’occasion d’une réflexion sur l’urgence et l’actualité de la miséricorde aujourd’hui en Europe et sur les diverses formes d’engagement de l’Église.
Les travaux ont été constitués de divers moments de réflexion et de témoignage qui ont montré que la personne humaine est placée au centre de l’action de l’Église. Ce n’est pas un individu anonyme mais la personne, dans la limite de son être-créature qui a toujours besoin de relations non seulement humaines mais d’expérimenter l’amour de Dieu, sur qui se penche l’Église quand elle donne à manger par l’intermédiaire de la Banque alimentaire, quand elle visite les prisonniers, quand elle accueille le migrant ou le réfugié, quand elle soigne et rend visite au malade, quand elle enterre les défunts, quand elle défend la dignité du travail ou qu’elle offre au monde politique le riche patrimoine de sa doctrine sociale. Des nombreuses activités mises en œuvre par ces organismes ecclésiaux on voit émerger de la gratitude et une vive espérance pour l’audace créative et la capacité d’innovation avec lesquelles ils font face aux diverses formes de pauvreté. Par les œuvres de miséricorde, l’Église catholique en Europe sait qu’elle éduque au sens de la souffrance humaine, qu’elle reconnaît et apprécie la valeur de la vie de chaque homme et évite le rejet des personnes. En même temps, les participants ont mis en évidence plusieurs phénomènes qui interpellent l’Église et toute la société européenne.
À une époque de grands défis, il apparaît tout à fait urgent de redonner une espérance à l’Europe. Cela est possible s’il y a une présence vivant un amour chrétien évangélisé qui ne se réduit pas à un pur sentimentalisme. En même temps les participants ont souligné plusieurs fois que la privatisation de la foi dans les pays sécularisés a souvent provoqué une cassure entre les œuvres de miséricorde spirituelles et matérielles, dans la mesure où les œuvres « matérielles », perçues comme une expression publique de la foi, ne sont pas toujours bien accueillies par les institutions séculières. Il n’est pas rare, en effet, que l’appareil juridique et administratif mis en œuvre par les gouvernements en Europe, bien qu’appréciant l’immense service que les différentes organisations ecclésiales rendent à l’ensemble de la société, semblent vouloir réduire l’engagement chrétien à une pure philanthropie en le privant de sa référence religieuse.
La multiplication, la diversité et le poids de l’appareil juridique et administratif rendent aujourd’hui difficile la gestion de la solidarité. Progressivement, tous ces éléments ont conduit à une séparation entre l’« acte » qui naît de la foi et l’annonce chrétienne : il semble parfois qu’il ne soit possible de faire le bien que si l’on renonce à l’annonce de la parole de Jésus. Si l’Église condamne clairement une activité charitable subordonnée et motivée par le prosélytisme, elle rappelle que pour le chrétien il n’est pas possible de séparer ses œuvres de sa foi, en tant que c’est précisément la personne du Christ qui en est la source et le soutien.
Dans son message aux participants, le pape François a rappelé le besoin de « contribuer à la renaissance de l’Europe » et à rêver « un nouvel humanisme européen » en encourageant les « représentants de l’épiscopat européen à impliquer toujours plus les communautés et les diverses entités caritatives et d’assistance dans l’effort d’annoncer l’Évangile à ceux qui ont égaré pour diverses raisons l’orientation de leur vie ». C’est la seule manière pour l’Église d’« être une mère génératrice de projets, et donc féconde, parce qu’elle respecte la vie et offre des espérances de vie ».
À Sarajevo, les responsables des organismes ecclésiaux ont également rappelé que, face aux diverses formes de « pauvreté », matérielles et spirituelles, il est nécessaire non seulement de répondre à l’urgence dictée par la souffrance, en fournissant un service ou une présence qui puisse soulager la douleur du moment, mais aussi et surtout travailler avec la personne en difficulté, en engageant toute la communauté et en communiquant sur tout ce qui concerne ces pauvretés. Les nombreux témoignages apportés lors de ces journées ont montré que les œuvres de miséricorde sont interconnectées.
Il est donc souhaitable que les divers organismes ecclésiaux puissent continuer à se soutenir les uns les autres et à développer de nouvelles formes de collaboration. En effet, il est absolument nécessaire que, là où intervient un organisme ecclésial, ce soit la communauté entière à se sentir interpellée. Une juste communication devra ensuite promouvoir une prise de conscience qui touche toute l’humanité. En effet, face à la souffrance de l’humanité, il n’existe aucune barrière religieuse ou politique : « Nous devons tous nous sentir coresponsables du bien de l’autre », ont dit les participants.
Enfin, à Sarajevo, ville emblématique de notre temps pour les multiples souffrances qu’elle a endurées et les blessures encore ouvertes par un conflit qui a duré plusieurs années et par des accords – de Dayton – qui favorisent une politique de l’inertie, discriminatoire sur une base ethnique, la miséricorde de l’Église est manifestée par de nombreuses œuvres, telles que celle de l’École pour l’Europe – une des six œuvres de miséricorde visitées par les participants – ouverte durant le conflit, pour témoigner que la guerre n’était pas une nécessité, ni la séparation ethnique une fatalité, mais que la cohabitation pacifique était et est toujours possible.
S’unissant au Saint-Père qui participera à la rencontre pour la paix, le 20 septembre prochain à Assise, les participants ont prié pour la paix, signe clair de la miséricorde divine, spécialement en Ukraine et dans les pays du Moyen Orient.
Le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) réunit les 33 Conférences Episcopales Européennes actuelles, représentées par leurs Présidents, les Archevêques de Luxembourg et de la Principauté de Monaco, l’Archevêque de Chypre des Maronites, l’Évêque de Chişinău (Rép. de Moldavie), l’Évêque éparchial de Mukachevo et par l’administrateur apostolique d’Estonie. Son Président actuel est le Cardinal Péter Erdő, Archevêque d’Esztergom-Budapest, Primat de Hongrie; ses Vice-présidents sont le Cardinal Angelo Bagnasco, Archevêque de Gênes, et Mons. Angelo Massafra, Archevêque de Scutari-Pult, Albanie. Le Secrétaire général du CCEE est Mons. Duarte da Cunha. Le siège du secrétariat se trouve à Saint-Gall (Suisse). www.ccee.eu

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