Les rues de Malabo servent de terrain d’essai en vue de la visite papale en Guinée équatoriale. Lundi 9 février 2026, les caméras du ministère de l’information, de la presse et de la culture ont filmé une délégation du Vatican visitant les sites susceptibles d’accueillir prochainement le pape Léon XIV. La délégation était conduite par Mgr José Nahúm Jairo Salas Castañeda, prélat mexicain désormais chargé d’organiser les voyages internationaux du pape.
Cette visite ne se limitait pas à une simple inspection technique. Selon les autorités locales, elle revêtait une dimension spirituelle et pastorale, témoignant de l’importance d’un événement qui devrait mobiliser la communauté catholique du pays. L’équipe du Vatican était accompagnée du Premier ministre Manuel Osa Nsue et des membres de la Commission mixte État-Église, chargée de coordonner le protocole, la logistique et la sécurité de ce qui s’annonce comme un événement d’envergure nationale et internationale.
La présence de Salas Castañeda à Malabo symbolise une transition générationnelle et structurelle dans la gestion des voyages papaux par le Saint-Siège. Sa nomination comme coordinateur des voyages apostoliques a été annoncée le 21 juin 2025 par Mgr Edgar Peña Parra, substitut pour les affaires générales du Secrétariat d’État. Il succède au cardinal George Koovakad, qui avait supervisé les voyages du pape François depuis 2021 et qui, après avoir été créé cardinal en décembre 2024, a été nommé préfet du dicastère pour le dialogue interreligieux le 21 janvier 2025.
Diplomate de formation, Salas Castañeda est entré au service diplomatique du Saint-Siège le 1er juillet 2013. Ses premières affectations l’ont conduit au Burundi (2013-2016), en Irak (2016-2019) et en Hongrie (2019-2023). C’est à Budapest qu’il a acquis une expérience pratique des événements pontificaux complexes, en contribuant à l’organisation de deux voyages apostoliques du pape François : en septembre 2021, pour le 52ème Congrès eucharistique international, et de nouveau en avril 2023. Depuis le 1er juillet 2023, il travaille à la Section des affaires générales du Secrétariat d’État, où il supervise également le Bureau central des statistiques de l’Église, responsable de l’Annuaire pontifical et de sa future transformation numérique. Cette expérience en gestion de données pourrait s’avérer plus pertinente qu’il n’y paraît : les voyages pontificaux modernes reposent autant sur une planification précise et un impact mesurable que sur une présence symbolique.
Les préparatifs pour la Guinée équatoriale s’inscrivent dans un éventail plus large de destinations potentielles. La même semaine où Mgr Salas a visité Mongomo et évalué la logistique médiatique dans ce pays d’Afrique centrale, le Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé qu’un voyage à Monaco était à l’étude. Parallèlement, un comité préparatoire en vue d’une éventuelle visite papale a été mis en place en Espagne, doté d’un site web dédié. Bien que le Vatican n’ait pas encore confirmé officiellement les dates, Mgr Joan Planellas, évêque de Tarragone, a suggéré lors d’une interview à la télévision publique espagnole que le pape pourrait se rendre à Madrid, Barcelone et aux îles Canaries du 6 au 12 juin, ce qui en ferait la plus longue visite papale en Espagne depuis le pontificat de Jean-Paul II.
Au-delà de l’Europe et de l’Afrique, l’Amérique du Sud entre en scène. Le 11 février, le ministre argentin des Affaires étrangères a remis en personne une lettre invitant le pape à se rendre dans son pays. Cette proposition envisage une étape en Argentine dans le cadre d’une tournée plus vaste en Amérique du Sud en novembre, qui pourrait inclure le Pérou et l’Uruguay. Il convient de souligner que le pape François ne s’est jamais rendu en Argentine ni en Uruguay durant son pontificat, ce qui confère à tout futur voyage dans ces pays une importance historique particulière.
Dans cette nouvelle géographie des invitations, chaque destination potentielle recèle ses propres calculs ecclésiaux et politiques. La Guinée équatoriale représente une nation africaine majoritairement catholique où la collaboration entre l’Église et l’État est manifeste. L’Espagne, historiquement liée à l’identité catholique mais marquée par la sécularisation, offrirait un territoire pastoral différent. L’Argentine et l’Uruguay évoquent le cheminement inachevé de François, tandis que le Pérou a longtemps servi de pont entre le catholicisme andin et les courants ecclésiaux latino-américains.
Ce qui surprend, c’est la rapidité avec laquelle le programme de voyages de Léon XIV se dessine. Quelques mois seulement après la nomination de Salas Castañeda, la possibilité de se rendre sur plusieurs continents est déjà sérieusement envisagée. L’organisation en cours – équipes de reconnaissance, commissions conjointes, audiences diplomatiques, comités préparatoires – illustre comment un voyage papal se construit bien avant que les portes de l’avion ne se referment à Rome. C’est un processus qui mêle ecclésiologie, diplomatie, stratégie de sécurité et communication.
Si la visite à Malabo le 9 février est un indicateur, le nouveau pontificat entend agir de manière proactive et visible. Pour le Vatican, les voyages apostoliques n’ont jamais été de simples déplacements ; ils constituent un acte pastoral mis en scène dans l’espace public. La question n’est plus de savoir si Léon XIV voyagera, mais comment ces premières destinations définiront le ton de son engagement envers une Église à la fois locale et résolument universelle.
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