L’année 2026 s’annonce intense pour le pontificat de Léon XIV. À 70 ans, le pape, né à Chicago mais profondément marqué par sa longue vie au Pérou, se prépare à entreprendre deux grands voyages pastoraux : l’un en Amérique du Sud – avec une attention particulière portée à sa « seconde patrie » – et l’autre en Afrique, le continent sur lequel il souhaite désormais retourner en tant que successeur de Pierre.
Pérou, un retour tant attendu
La confirmation est venue de Lima. Le ministre des Affaires étrangères, Hugo de Zela, a annoncé le 1er février que le pape avait accepté l’invitation officielle du gouvernement de transition dirigé par José Jerí à se rendre au Pérou en 2026. Bien que la date exacte soit encore en cours d’évaluation, le gouvernement péruvien et la Conférence épiscopale s’accordent à dire que le voyage aurait lieu au cours du second semestre, probablement entre octobre et novembre, après le cycle électoral qui culminera avec les élections générales d’avril 2026.
« L’important, c’est sa venue, peu importe le gouvernement qui l’accueille », a souligné De Zela, précisant que Léon XIV arrivera en tant que chef d’État du Vatican et chef spirituel. Les attentes sont grandes : le pape a non seulement vécu au Pérou pendant plus de vingt ans, mais il a également été évêque de Chiclayo et membre – voire vice-président – de la Conférence épiscopale péruvienne. Ses liens avec le pays sont si profonds que beaucoup le surnomment déjà « le pape péruvien ».
Cette affection mutuelle s’est à nouveau manifestée le 31 janvier, lorsque Léon XIV a inauguré une mosaïque mariale et une image de sainte Rose de Lima dans les jardins du Vatican, toutes deux offertes par le Pérou. « Cela renouvelle les liens profonds de foi et d’amitié qui nous unissent », a affirmé le pape lors de la cérémonie, accompagné de l’ambassadeur Jorge Ponce Sandoval et de tous les évêques péruviens présents à Rome pour leur visite ad limina (26-31 janvier).
L’atmosphère détendue de cette journée – notamment un déjeuner informel composé de pisco sours et de raviolis à la sauce huancaína – a renforcé l’impression que le pape se sent particulièrement à l’aise parmi les Péruviens. Son secrétaire particulier et son cuisinier, tous deux originaires de Chiclayo, témoignent quotidiennement de cette proximité.
L’Afrique : l’autre grande destination de l’année
Mais le Pérou ne sera pas la seule étape importante. Le Vatican prépare également la première visite de Léon XIV en Afrique en tant que pape. Bien qu’aucun programme officiel n’ait encore été établi, deux pays ont déjà confirmé publiquement leur participation : l’Angola et la Guinée équatoriale.
Le 13 janvier, le nonce apostolique en Angola, l’archevêque Kryspin Dubiel, a annoncé que le pape avait accepté l’invitation du président João Lourenço. Il s’agirait de la première visite papale dans le pays depuis 2009, date à laquelle Benoît XVI s’y était rendu.
Quelques jours plus tard, la Conférence épiscopale de Guinée équatoriale annonçait que le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo avait donné son accord pour les préparatifs de la réception du pape. La dernière – et unique – visite papale dans le pays était celle de Jean-Paul II le 18 février 1982, ce qui explique l’enthousiasme local pour ce qui a été qualifié d’« événement historique ».
Le Vatican envisage également des étapes possibles au Cameroun et en Algérie. Au Cameroun, la situation politique suite aux élections controversées d’octobre 2025 et les violences dans les régions anglophones suscitent des réserves. En Algérie, le pape a toutefois exprimé le souhait personnel de visiter des lieux liés à saint Augustin d’Hippone, figure majeure de la spiritualité augustinienne, ordre auquel il appartient.
Avant d’être élu pape, Robert Francis Prevost a beaucoup voyagé à travers le continent africain, notamment au Kenya, en Tanzanie, en Algérie, au Nigeria, en Afrique du Sud et en République démocratique du Congo, ce qui ajoute une dimension biographique à son intérêt pastoral.
Un pontife en mouvement
Si ces projets se concrétisent, Léon XIV pourrait entreprendre deux grands voyages en 2026 : l’un en Afrique – peut-être après Pâques – et l’autre en Amérique du Sud, où, outre le Pérou, il a fait part de son désir de visiter l’Argentine et l’Uruguay en 2026 ou 2027. L’Argentine, en particulier, attend une visite papale depuis des années, suite à l’absence de François de son pays natal tout au long de son pontificat.
Par ces voyages, Léon XIV semble déterminé à imprimer sa marque personnelle à sa mission : proximité, écoute et présence dans des régions où l’Église rencontre de profonds défis, mais aussi une vitalité qu’il connaît de première main.
Ainsi, 2026 s’annonce comme une année où le Pape parcourra à nouveau les terres qui ont marqué sa vie et sa vocation, et où beaucoup espèrent l’accueillir non seulement comme le chef de l’Église, mais aussi comme un vieil ami de retour au pays.