Sydney se prépare à retrouver sa place au cœur de la vie catholique mondiale. Le pape Léon XIV a exprimé son intention de se rendre en Australie au printemps 2028 pour présider le Congrès eucharistique international, un événement qui devrait attirer des centaines de milliers de pèlerins et marquer une étape historique pour l’Église dans le pays.
La confirmation la plus claire à ce jour est arrivée le 9 février, lorsque Mgr Richard Umbers, évêque auxiliaire de Sydney et directeur exécutif d’Eucharistie 28, a déclaré publiquement que le pape avait personnellement exprimé sa volonté d’y assister. Selon Mgr Umbers, l’archevêque Anthony Fisher a abordé la question directement avec Léon XIV lors d’une récente rencontre à Rome. La réponse papale fut brève mais catégorique : la date est peut-être encore lointaine, mais « j’y serai ».
La stratégie diplomatique en vue de cette visite a débuté presque immédiatement après l’investiture de Léon XIV en mai 2025. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a officiellement invité le pape à Sydney pour le Congrès, conformément au protocole en vigueur lorsqu’un chef d’État – Léon XIV gouverne l’État de la Cité du Vatican – reçoit une invitation d’un autre gouvernement. Bien que de telles invitations n’entraînent pas automatiquement un engagement de voyage, l’approbation papale est largement considérée comme le signal le plus fort permettant d’entamer sérieusement les préparatifs.
Le Congrès de 2028 revêtira une importance historique particulière. Il coïncidera avec le centenaire du premier Congrès eucharistique international d’Australie, tenu à Melbourne en 1928, événement marquant qui a contribué à consolider l’identité catholique dans une jeune nation. Melbourne a accueilli à nouveau ce congrès en 1973, une édition restée dans les mémoires pour la présence de deux futurs saints : le cardinal Karol Wojtyla, futur pape Jean-Paul II, et Mère Teresa de Calcutta.
Bien que plus de deux ans après son arrivée, de nombreuses questions logistiques restent à régler, les grandes lignes du Congrès de Sydney se dessinent. Mgr Umbers a indiqué que l’événement durera une semaine entière, débutant par une messe solennelle et culminant avec une grande procession eucharistique, suivie d’une liturgie de clôture. Si le pape est présent durant les derniers jours, comme l’espèrent les organisateurs, la procession devrait constituer l’un des actes de culte public les plus importants jamais célébrés en Australie.
Les chiffres de participation restent encore incertains, mais les attentes sont élevées. L’Australie compte environ cinq millions de catholiques, et les organisateurs prévoient que plusieurs centaines de milliers de personnes pourraient assister à la messe de clôture et aux événements connexes. Une importante participation internationale est également attendue, témoignant de la dimension mondiale des Congrès eucharistiques, qui associent traditionnellement réflexion théologique, catéchèse, liturgie et témoignage public.
Cette visite marquerait Ce serait ainsi la cinquième fois qu’un pape en exercice foule le sol australien. Paul VI avait ouvert la voie en 1970, suivi de Jean-Paul II en 1986 et de nouveau en 1995, année où il a béatifié Mary MacKillop, première sainte australienne. Benoît XVI a présidé les Journées mondiales de la jeunesse à Sydney en 2008, un événement resté dans les mémoires comme la plus grande messe jamais célébrée dans le pays, avec quelque 400 000 personnes rassemblées à l’hippodrome de Randwick. Chacune de ces visites papales a également fait de Randwick le principal lieu de culte, conférant à ce site une place symbolique dans la mémoire catholique australienne.
Cependant, Mgr Umbers a insisté sur le fait que la véritable portée du Congrès de 2028 ne se mesurera pas uniquement au nombre de participants. Pour les responsables de l’Église, l’objectif premier est le renouveau spirituel. Eucharist28 devrait approfondir la foi en la Présence réelle du Christ dans l’Eucharistie et favoriser la conversion personnelle, ramenant les participants dans leurs paroisses avec une foi et un engagement renouvelés. Concrètement, Mgr Umbers a indiqué que cela devrait se traduire par une augmentation notable de la fréquentation de la messe dominicale, un défi constant pour de nombreuses Églises occidentales.
L’histoire personnelle de Léon XIV donne également du crédit à cette visite. Avant son élection, le père Robert Prevost s’est rendu à plusieurs reprises en Australie et connaît bien le paysage catholique australien, caractérisé par de fortes communautés multiculturelles venues du monde entier. Les organisateurs voient dans ce congrès une occasion pour le pape d’aborder cette diversité et de diffuser un message eucharistique unique au reste du monde.
Certains obstacles logistiques subsistent, notamment la possibilité que le Congrès coïncide avec la finale de la Ligue nationale de rugby, l’un des événements sportifs majeurs d’Australie. L’évêque Umbers a abordé la question avec humour, se disant confiant que l’expérience de Sydney en tant que métropole mondiale lui permettra d’accueillir à la fois les pèlerins et les supporters, même s’il s’avère difficile de convaincre certains membres du clergé de manquer un match crucial.
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