Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège

Cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège

Le Saint-Siège refuse le « Conseil de la paix » proposé par Donald Trump

Le Vatican réaffirme son attachement au rôle central de l’Organisation des Nations unies dans la résolution des conflits

Share this Entry

 

Le 17 février 2026, dans les salles du Palazzo Borromeo, l’anniversaire des accords du Latran s’est déroulé dans un contexte géopolitique bien moins solennel. Tandis que les diplomates rappelaient les accords signés le 11 février 1929 entre le Royaume d’Italie et le Saint-Siège – documents qui régissent encore aujourd’hui les relations entre les deux entités et sont explicitement mentionnés à l’article 7 de la Constitution italienne –, la conversation a rapidement dévié de l’histoire vers la situation actuelle. 

La délégation vaticane était conduite par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, accompagné de l’archevêque Paul Richard Gallagher, chargé des relations avec les États et les organisations internationales. Étaient également présents la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président Sergio Mattarella et le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne (CEI). 

La commémoration a rendu hommage aux accords du Latran – comprenant un traité, une convention financière et un concordat – partiellement révisés en 1984, mais toujours fondamentaux pour définir l’architecture juridique et institutionnelle des relations entre l’Église et l’État en Italie. Si les accords de 1929 symbolisaient la résolution après des décennies de rupture, les échanges diplomatiques de 2026 reflétaient une certaine incertitude dans un monde marqué par la guerre et un multilatéralisme fragile. 

En marge de la rencontre bilatérale, le cardinal Parolin a précisé que le Saint-Siège ne participerait pas au Conseil de la paix. Si l’Italie entend y siéger en tant qu’observateur, le Vatican a choisi de s’abstenir, invoquant la nature particulière de son statut international. Le Saint-Siège n’agit pas comme un État conventionnel et son engagement diplomatique privilégie souvent l’autorité morale et la médiation à l’alignement institutionnel. 

Parolin a reconnu que l’initiative vise à répondre aux crises actuelles, mais il a indiqué que certains aspects soulèvent des réserves et nécessitent des éclaircissements. Il a notamment expliqué que l’architecture de la gestion des crises mondiales constitue une préoccupation. Du point de vue du Vatican, les Nations Unies doivent demeurer la principale instance de règlement des conflits internationaux. Pour le Saint-Siège, la légitimité multilatérale, aussi fragile soit-elle, reste une pierre angulaire de tout processus de paix durable. 

Cette prudence intervient alors que la guerre en Ukraine approche de son quatrième anniversaire. Le conflit, qui a éclaté il y a près de quatre ans, continue de ravager les populations civiles et les infrastructures. Les récents bombardements intensifs visant des installations énergétiques à Kyiv et dans d’autres villes soulignent la persistance des hostilités, à un moment où la lassitude et la frustration sont palpables de part et d’autre. 

Le cardinal Parolin n’a pas caché son pessimisme. Il a affirmé qu’il existait un fort sentiment d’incertitude quant aux perspectives de paix et peu de signes de progrès concrets dans les négociations. La tragédie, selon lui, réside non seulement dans la violence elle-même, mais aussi dans le temps qui passe : après quatre ans, les parties restent campées sur leurs positions et les espoirs d’une percée semblent limités. On fonde des espoirs sur le dialogue, mais l’optimisme est rare. 

La doctrine diplomatique du Vatican insiste traditionnellement sur le dialogue, même dans les conflits apparemment insolubles, reflétant un engagement de longue date en faveur d’une approche progressive plutôt que d’une position maximaliste. Les propos du secrétaire d’État laissent entendre que, si le Saint-Siège continue de soutenir les canaux de communication, il est pleinement conscient de l’impasse actuelle. 

Au-delà des crises internationales, la rencontre bilatérale a mis en lumière les domaines de coopération entre Rome et le Saint-Siège. Le pasteur Parolin a exprimé sa gratitude pour l’attention portée par le gouvernement italien aux questions centrales de la doctrine sociale de l’Église : la famille, l’éducation, l’inclusion des personnes handicapées et la réforme pénitentiaire. Des groupes de travail, notamment ceux impliquant le CEI, auraient réalisé des progrès dans ces domaines. En ce sens, cette réunion commémorative n’était pas seulement symbolique ; elle a également constitué une étape importante dans le dialogue politique en cours. 

La réception fut marquée par un geste empreint de symbolique. Le président Mattarella se vit présenter une relique de saint François d’Assise, patron de l’Italie, à l’occasion du 800e anniversaire de sa mort. Cet objet – un bas porté par François après avoir reçu les stigmates, encore taché de sang – symbolisait un héritage spirituel qui continue de façonner l’identité culturelle et religieuse de l’Italie. 

En refusant d’adhérer au Conseil de la paix tout en réaffirmant le rôle central des Nations Unies, le Vatican manifeste sa préférence pour les cadres multilatéraux établis plutôt que pour les coalitions nouvellement formées. L’efficacité de cette stratégie dans un monde où le consensus est de plus en plus difficile à atteindre reste une question ouverte. 

Merci d’avoir lu notre article. Si vous souhaitez recevoir les actualités quotidiennes de ZENIT par e-mail, vous pouvez vous abonner gratuitement via ce lien.

 

Share this Entry

Valentina di Giorgio

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel