Japon : le Saint-Siège continuera à collaborer pour la paix, par Mgr Gallagher

75ème anniversaire des relations diplomatiques du Saint-Siège avec le Japon

Mgr Gallagher et Fumio Kishida, Japon © Il Sismografo

Mgr Gallagher et Fumio Kishida, Japon © Il Sismografo

« Le Saint-Siège continuera à collaborer avec les autorités japonaises pour construire une authentique culture de paix, même dans le contexte international difficile et complexe d’aujourd’hui », a déclaré Mgr Paul Richard Gallagher.

Le Secrétaire pour les Relations avec les États est intervenu au symposium de commémoration du 75e anniversaire des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et le Japon à l’Université pontificale grégorienne à Rome, le 12 octobre 2017.

Mgr Gallagher a tenu à « souligner fermement l’importance de promouvoir la paix et le désarmement, contre toute tentation de céder la place à la logique des armes et de la guerre », avant d’ajouter : « Le poids énorme de douleur, de souffrances et de décès que le Japon a dû subir au cours de la Seconde Guerre mondiale, en particulier à Hiroshima et à Nagasaki, sert d’avertissement continu à l’humanité. »

Voici notre traduction du discours en anglais de Mgr Gallagher.

HG

Intervention de Mgr Gallagher

Éminences, Excellences, Père Recteur de l’Université grégorienne, Monsieur l’Ambassadeur du Japon et Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique, chers professeurs de l’Université, chers étudiants et invités, Mesdames et Messieurs,

J’ai accueilli avec joie l’invitation à adresser ce mot de bienvenue au début du Symposium d’aujourd’hui consacré aux relations historiques et religieuses entre le Japon et le Saint-Siège, à l’occasion de l’anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques. De plus, c’est un plaisir personnel de retourner dans mon Alma Mater où, en tant qu’étudiant, j’ai suivi des cours de théologie, de spiritualité et de droit canonique.

Aujourd’hui, il est particulièrement important de réfléchir aux liens d’amitié et de collaboration entre le Saint-Siège et le Japon. Car cela nous aide à mieux comprendre que l’établissement des relations diplomatiques était en fait la formalisation des nombreux échanges culturels et religieux déjà en cours depuis la seconde moitié du XVIe siècle.

Le choix de l’Université grégorienne pour l’événement d’aujourd’hui rappelle le lien spécial entre la Compagnie de Jésus et « l’Empire du Soleil Levant ». Nous ne pouvons pas oublier que le premier missionnaire à fouler le sol japonais fut le jésuite saint François-Xavier et que le chemin qu’il a ouvert n’a jamais cessé de produire ses fruits dans la connaissance, l’estime et la collaboration mutuelle.

À cet égard, permettez-moi d’évoquer ici l’amour nourri pour le Japon et sa culture millénaire par le père Giuseppe Pittau, recteur de l’Université de Sophia à Tokyo et, plus tard, recteur de la Grégorienne qui, en 1984, a été décoré du prestigieux Ordre du Soleil levant par l’empereur Hirohito.

Le Saint-Père, le pape François, grand admirateur de la sagesse pérenne des Japonais et fils de saint Ignace, a une place spéciale dans son cœur pour l’Eglise du Japon et de toute l’Asie. En souhaitant à cet événement un grand succès en son nom, je veux renouveler l’engagement du Siège apostolique à accompagner, avec une attention toute particulière, le développement de l’Eglise au Japon, dont un signe concret fut la récente visite dans ce pays du cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. En même temps, le Saint-Siège continuera à collaborer avec les autorités japonaises pour construire une authentique culture de paix, même dans le contexte international difficile et complexe d’aujourd’hui.

Monsieur l’Ambassadeur, Monsieur le Recteur, Mesdames et Messieurs,

Je souhaite souligner fermement l’importance de promouvoir la paix et le désarmement, contre toute tentation de céder la place à la logique des armes et de la guerre. Le poids énorme de douleur, de souffrances et de décès que le Japon a dû subir au cours de la Seconde Guerre mondiale, en particulier à Hiroshima et à Nagasaki, sert d’avertissement continu à l’humanité.

En janvier dernier, lors de ma visite au Japon, après avoir rendu visite au premier ministre Shinzo Abe et au ministre des Affaires étrangères Fumio Kishida à Tokyo, j’ai eu l’honneur de me rendre à Hiroshima et de passer un moment de prière devant le  » Mémorial de la paix « . Les mots que le Pape saint Jean Paul II a prononcés lors de sa visite historique au Japon en 1981 me sont venus à l’esprit. Le pontife a lancé cet appel : « Aux chefs d’État et de gouvernement, à ceux qui exercent le pouvoir politique et économique, je dis : engageons-nous pour la paix et la justice; prenons la décision solennelle, maintenant, que la guerre ne sera plus jamais tolérée et vue comme un moyen de résoudre les différends ; promettons à nos homologues que nous travaillerons sans relâche au désarmement et à l’abolition de toutes les armes nucléaires ; remplaçons la violence et la haine par la confiance et l’intérêt. » (1)

Je voudrais répéter aujourd’hui, au nom du Saint-Siège, cette invitation prophétique, afin qu’un avenir meilleur, marqué par le développement intégral de la personne humaine et par la paix, soit assuré aux jeunes générations et aux générations futures.

Je vous renouvelle mes meilleurs vœux, Monsieur l’Ambassadeur, ainsi qu’au peuple japonais. Je vous remercie.

_________________

(1)  John Paul II, Discours au « Mémorial de la paix » de Hiroshima, le 25 février 1981

© Traduction de Zenit, Hélène Ginabat

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