Une nouvelle étude nationale suggère que les chrétiens les plus engagés au Royaume-Uni non seulement gardent leur foi vivante, mais la soutiennent également.
D’après le rapport 2026 de Stewardship sur la générosité, publié le jeudi 29 janvier, les croyants pratiquants donnent en moyenne 326 £ par mois, soit environ 10 % de leurs revenus et plus de quatre fois la moyenne nationale britannique en matière de dons mensuels. Plus frappant encore : ce sont les jeunes qui montrent l’exemple.
Pour sa troisième édition, cette enquête annuelle examine comment la foi chrétienne se traduit en générosité financière et ce qui motive les dons. Les chercheurs ont interrogé 6 004 adultes en ligne en juillet dernier, les répartissant en quatre grandes catégories selon leur pratique religieuse.
Au cœur de ces résultats se trouvent 1 356 « chrétiens pratiquants », c’est-à-dire ceux qui fréquentent l’église et lisent la Bible au moins une fois par semaine. À l’opposé, on trouve le groupe le plus important : 3 272 personnes se définissant comme « chrétiens culturels », qui s’identifient au christianisme mais vont à l’église moins d’une fois par mois.
Les données révèlent un contraste marqué dans les comportements.
Bien que les dons mensuels moyens de l’ensemble des chrétiens aient légèrement diminué par rapport à l’année dernière, se stabilisant à 116 £, les croyants engagés continuent de donner à des niveaux nettement supérieurs. Leurs contributions suivent d’ailleurs une répartition claire : environ 42 £ par mois sont versées directement aux églises locales, 30 £ à des œuvres caritatives chrétiennes, 19 £ à des personnes engagées dans le travail chrétien comme des missionnaires ou des pasteurs, et 25 £ à des organisations caritatives laïques.
Pour mettre cela en perspective, le don mensuel moyen au Royaume-Uni, parmi les croyants comme parmi les non-croyants, n’est que de 72 livres sterling.
Le constat le plus surprenant concerne peut-être l’âge. Les chrétiens âgés de 18 à 34 ans qui se disent « engagés » donnent la plus grande part de leurs revenus, soit 11 % en moyenne, dépassant ainsi les générations précédentes et remettant en question l’idée reçue selon laquelle les jeunes adultes seraient moins engagés financièrement envers les institutions religieuses.
L’association Stewardship affirme que ces chiffres révèlent un potentiel bien plus important encore inexploité. S’appuyant sur le concept biblique de la dîme – traditionnellement comprise comme le don de 10 % de ses revenus –, elle estime que si tous les chrétiens adoptaient cette pratique, les dons mensuels moyens s’élèveraient à 245 £. L’association qualifie l’écart entre les dons actuels et ce montant de référence de « déficit de générosité », un déficit qu’elle espère voir les églises et les organisations chrétiennes contribuer à réduire par l’éducation et la formation de disciples.
Au-delà des chiffres, le rapport met également en lumière un changement de mentalité chez les donateurs.
De moins en moins de chrétiens font des dons suite à des appels urgents ou des campagnes de collecte de fonds. L’enquête a révélé une baisse de 11 % des dons aux organisations caritatives chrétiennes après des demandes d’urgence, des campagnes spéciales ou des événements ponctuels. L’administration responsable interprète cela non pas comme un déclin de la générosité, mais comme un changement d’habitudes.
De plus en plus, les donateurs préfèrent donner selon leurs propres conditions, décidant indépendamment du moment, du lieu et de la manière de contribuer, plutôt que de réagir à des demandes.
Cela reflète une tendance culturelle plus large vers des dons intentionnels et fondés sur des valeurs, où les gens privilégient les engagements à long terme aux réponses spontanées.
Pris dans leur ensemble, ces résultats dressent un tableau complexe de la générosité chrétienne dans la Grande-Bretagne moderne : un noyau plus restreint de croyants profondément engagés supportant une grande partie du fardeau financier ; des chrétiens plus jeunes qui se révèlent être des contributeurs étonnamment importants ; et une préférence croissante pour les dons planifiés et personnels par rapport aux dons réactifs.
En cette période d’incertitude économique et de tensions institutionnelles, le rapport suggère que la foi — du moins chez les fidèles — continue de se traduire par des sacrifices concrets, soutenant discrètement les églises et les œuvres caritatives.
