Le secrétaire d’État du Vatican Pietro Parolin, le plus proche collaborateur du pape Léon XIV, a donné un discours très remarqué ce mercredi après-midi 18 mars 2026 à la chambre des députés de la République italienne, à Rome.
Cette intervention a été donnée à l’occasion de la présentation officielle du livre « Léon XIV. Qui dites-vous que je suis ? Je suis un fils d’Augustin ». Écrit par le vaticaniste italien Ignazio Ingrao, l’ouvrage aborde la vie du pape Léon XIV avant son élection : sa famille, ses racines augustiniennes et son ministère d’évêque.
Dans son discours, le cardinal Parolin donne quant à lui quelques pistes éclairantes sur le pape Léon XIV. Essayant de « définir » ce nouveau style de gouvernement, il évoque trois aspects principaux, de nature différente mais étroitement liés. « Un an de pontificat – le 8 mai approche – nous oblige déjà à porter un regard davantage centré sur le ministère que sur la personne » dit-il, soulignant que ces deux aspects ne peuvent être dissociés.
« La paix désarmée et désarmante »
Le premier aspect caractérisant le pape Léon XIV pourrait se résumer à cette formulation « paix désarmée et désarmante », qu’il a exprimée juste après son élection depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, le 8 mai 2025.
Cette parole est une invitation « à déposer les armes, à suivre d’autres logiques que celles du profit, des intérêts nationaux ou des groupes de pouvoir » dit le cardinal Parolin. « Un message d’autant plus nécessaire face aux événements dramatiques qui embrasent le Moyen-Orient, sans que les autres conflits ne semblent s’éteindre. »
Le secrétaire d’État ajoute que, depuis son élection, le pape Léon XIV ne cesse d’affirmer que seule une « paix désarmée et désarmante » peut sauver l’humanité face aux conflits entre les peuples : « Il propose la rencontre, l’écoute réciproque, le dialogue, en termes extrêmes l’amour, car – citant saint Augustin, lui qui est un fils d’Augustin – il disait “celui qui aime la paix aime aussi celui qui hait la paix”. »
L’unité de l’Église

À droite, le cardinal Pietro Parolin salue le pape Léon XIV © Vatican Media
Le deuxième trait révélateur du pontificat du pape est l’unité de l’Église, confie le cardinal Parolin, qui rappelle la devise épiscopale de Léon XIV, tirée d’une phrase de saint Augustin : « En Celui qui est Un, soyons un ».
Cette unité ne dépend pas de la volonté de l’homme, « mais elle est un don de Dieu, elle est le fruit du salut que le Seigneur nous a donné ». Nous sommes donc tous appelés à préserver et à construire cette unité, chacun en jouant son propre rôle.
Le pape Léon XIV « montre qu’il privilégie la voie du dialogue, en écoutant patiemment les arguments de chacun. C’est une voie plus longue, qui tente d’aborder les questions, de dénouer les nœuds, de recomposer les raisons qui ont conduit à affaiblir et à rompre l’unité. Il montre qu’il ne craint pas la confrontation, dans la certitude qu’une ouverture sincère au dialogue rouvre toujours les voies de la rencontre, de la communion, de la paix. »
La synodalité est avant tout un style de gouvernement
Enfin le troisième aspect est le style en lui-même du pontificat du pape Léon XIV, pour qui la synodalité est avant tout un style de gouvernement. « Il ne cache pas sa préférence pour les décisions prises en commun. La récente convocation du Consistoire en janvier dernier en est la preuve, avec pour objectif évident d’écouter l’un des organismes qui, depuis des siècles, joue un rôle de conseil auprès du successeur de Pierre », affirme le cardinal Parolin.
L’écoute est donc un acte d’une grande importance ecclésiale pour le pape Léon XIV, que ce soit au sein du Collège des cardinaux, des dicastères, ou avec les évêques du monde entier. Tous sont appelés à l’aider dans l’exercice du ministère pétrinien : « Impliquer, faire participer, c’est le signe d’une conception du gouvernement placée sous le signe du service et non du pouvoir. »
Le cardinal Parolin a également souligné l’importance de prendre le temps, de viser le long terme sans être obsédé par des résultats immédiats : « Le pape François a certainement ouvert de nombreux processus. C’est à Léon XIV qu’il revient de discerner comment les poursuivre, en guidant l’Église en cette époque que le pape François décrivait toujours “comme un changement d’époque” et non seulement “une époque de changement”. »
« Le pape incarne une Église fidèle à Dieu, mais aussi fidèle à l’homme » a conclu le cardinal Parolin. Le choix du nom de Léon XIV le révèle : tout comme le pape Léon XIII était attentif aux changements sociaux de son temps pour défendre les travailleurs, Léon XIV est attentif aux nouveaux défis qui se dessinent à l’ère de l’intelligence artificielle. « Il le fait en tant que père et pasteur, qui indique à l’Église et à l’humanité une voie exigeante, capable de réduire les distances avec les autres parce qu’elle reconnaît l’Autre, le Seigneur Jésus, comme Celui qui nous a aimés et s’est donné lui-même pour nous tous. »
