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Nigeria : Retour de Boko Haram

Le Père Joseph Fidelis alerte sur une nouvelle stratégie de « guérilla urbaine »

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Première publication le 23 mars par l’AED

Alors qu’une série d’attentats-suicides a ensanglanté le nord-est du Nigéria, le Père Joseph Fidelis alerte sur une nouvelle stratégie de « guérilla urbaine ».

Trois attaques conjointes sur un hôpital et un marché de Maiduguri ont causé la mort de 28 personnes et ont fait plus d’une centaine de blessés le 16 mars. Bien que les attentats n’aient pas été revendiqués, les indices pointent l’Iswap, l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Autrement dit, l’une des branches du mouvement terroriste surnommé « Boko Haram », de triste mémoire.

Destructions aveugles

En 2015, c’est déjà par des attentats aveugles, frappant des civils de toutes religions dans les marchés qui avaient fait connaître cette organisation terroriste. Le chef de ce groupe Abubakar Shekau avait prêter allégeance à l’État islamique avant d’être exclu de cette organisation, car considéré comme « trop extrémiste ». Ses combattants s’étaient alors divisés et l’homme avait fini par être tué en 2021, laissant un mouvement apparemment exsangue.

À la faveur de l’élimination et de la dispersion des djihadistes, les catholiques de la région ont repris espoir. Il y a seulement un mois, les évêques John Bakeni et Oliver Doeme, du diocèse de Maiduguri se réjouissaient de voir les fidèles revenir « non pas par centaines, mais par milliers ».  Mgr Doeme déclaraient en particulier : « La foi de notre peuple est inébranlable. Le nombre de catholiques dans notre diocèse dépasse à présent celui que nous avions atteint avant la crise de Boko Haram. Nous avons beaucoup de mariages, le nombre d’enfants qui reçoivent la première communion s’envole, le nombre d’enfants baptisés atteint le millier. »

Techniques de guerilla urbaine

Les attaques du 16 mars rappellent que la région est loin d’être pacifiée et que des forces hostiles à la paix continuent d’agiter le pays. Elles ont tué 3 chrétiens et une majorité de musulmans, lors d’une attaque apparemment planifiée pour faire un maximum de victimes, sans distinction. L’attentat a été néanmoins minutieusement planifiée. Malgré une tentative d’infiltration repoussée par l’armée la veille, des éléments avancés étaient déjà présents en ville. Les explosions ont visé trois lieux névralgiques à 19h30, l’heure précise où la foule se presse dans les rues pour rompre le jeûne du Ramadan.

Le père Joseph Fidelis de Maiduguri a déclaré : « Ils adoptent une approche guérilla dans leur infiltration. Ils se comportent comme des gens normaux, puis utilisent des dispositifs improvisés qu’ils avaient probablement préparés en ville… » Selon le prêtre, la police aurait sa part de responsabilité, car elle aurait fait preuve de laxisme dans ses contrôles. Les gens se pressaient chez eux pour rompre le jeûne du Ramadan et les terroristes en ont profité pour s’infiltrer. La police de Borno a confirmé que l’enquête préliminaire avait révélé que les incidents avaient été menés par des « kamikazes présumés ».

« Les gens ont peur pour leur vie »

À présent, une atmosphère de peur règne sur la ville, regrette le prêtre : « Le bureau de poste ressemble généralement à une gare routière centrale, mais les gens l’évitent – ils doivent passer par des ruelles et ont peur de sortir. Les gens ont peur pour leur vie. Même sans que le gouvernement impose un couvre-feu, ils ne sortent pas. »

« À mesure que de plus en plus de personnes fuient pour sauver leur vie et sont déplacées, la situation devient de plus en plus chaotique. La plupart du temps, quand ce genre de choses arrive, les gens courent vers les églises. Nous essayons de fournir de la nourriture, un abri, des toilettes de fortune et des tentes. Nous vous demandons vos prières et votre solidarité », conclut le prêtre.

Nathalie Raffray

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L’AED est une fondation pontificale, fondée en 1947 dans un esprit de réconciliation. Elle soutient les chrétiens partout dans le monde, là où ils sont confrontés aux persécutions et difficultés matérielles. https://aed-france.org

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