Patriarcat latin de Jérusalem

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Jérusalem : une Semaine sainte sous le signe de la guerre

Le patriarche latin Pierbattista Pizzaballa annonce des célébrations limitées et appelle les fidèles à s’unir dans la prière malgré les restrictions

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(ZENIT Actualités / Jérusalem, 23.03.2026) – Le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pier Battista Pizzaballa, a décrit dans une lettre datée du 22 mars comment la semaine sainte et Pâques devraient être observées au milieu de la guerre.

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Chers frères et sœurs,

Que le Seigneur vous donne la paix ! 

En raison de la guerre, nous n’avons pas pu vivre cette année l’itinéraire du Carême selon la tradition à Jérusalem, avec les célébrations solennelles au Saint-Sépulcre et dans les lieux saints de la Passion. Bien que nous ayons pu prier et nous préparer personnellement, nous avons ressenti la perte de l’itinéraire communautaire vers Pâques. Maintenant, nous nous interrogeons sur les célébrations de la Semaine Sainte, cœur battant de notre foi, à Jérusalem et au Saint-Sépulcre.

Les restrictions imposées par le conflit et les événements de ces derniers jours ne présagent rien de bon pour une amélioration imminente. En dialogue constant avec les autorités compétentes, ainsi que les autres Églises chrétiennes, nous évaluons comment, selon des modalités à convenir, nous pouvons célébrer le Mystère central de notre salut au cœur de nos Églises. La situation est en constante évolution, et il n’est pas possible de donner des indications définitives pour les jours à venir ; nous serons donc obligés de coordonner au jour le jour.

Il est cependant déjà clair que les célébrations ordinaires ouvertes à tous ne peuvent pas avoir lieu. À la lumière de cela, je communique ce qui suit :

  • La procession traditionnelle du dimanche des rameaux, qui monte à Jérusalem depuis le mont des Oliviers, vers Jérusalem est annulée. Elle sera remplacée par un moment de prière pour la ville de Jérusalem, à un endroit à déterminer.
  • La messe chrismale est reportée à une date à déterminer, dès que la situation le permettra, éventuellement pendant le temps pascal. Le Dicastère pour le culte divin a déjà accordé l’approbation nécessaire.

 Les églises du diocèse restent ouvertes. Les curés et les prêtres, dans la mesure du possible, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour encourager la prière et la participation des fidèles aux célébrations du Mystère Pascal.

 La dureté de cette période de guerre, qui nous affecte tous, ajoute aujourd’hui le fardeau supplémentaire de ne pas pouvoir célébrer Pâques ensemble et avec dignité. C’est une blessure qui s’ajoute aux nombreuses autres infligées par le conflit. Mais nous ne devons pas nous laisser décourager. Bien que nous ne puissions pas nous rassembler comme nous le voudrions, n’abandonnons pas la prière.

C’est le moment de se souvenir de l’invitation de Jésus à ses disciples : « Priez toujours et ne perdez pas courage » (Luc 18 :1).

Nous souhaitons donc compenser ces limitations par des moments de prière en famille et dans nos communautés religieuses. Je sais que la prière est déjà pratiquée partout, et je suis réconforté par l’engagement à garder vivant l’effort spirituel. Cependant, je ressens le besoin de proposer un jour spécial dans lequel, tandis que chacun de nous reste à sa place, nous nous sentons spirituellement unis dans la prière pour trouver du réconfort.

Nous désirons la paix, d’abord et avant tout pour nos cœurs troublés. Seule la prière peut la donner.

Je vous invite donc à vous unir dans la prière le samedi 28 mars prochain, en récitant le chapelet pour implorer le don de la paix et de la sérénité, spécialement pour ceux qui souffrent à cause du conflit. Nous le ferons avec un cœur humble, certains que notre prière, même lorsque nous sommes physiquement éloignés, est capable de puiser dans la force de l’amour de Dieu qui nous unit dans un esprit d’espérance et de confiance.

Vous trouverez ci-joint un formulaire pour prier le chapelet, préparé par le Père Francesco Patton. 

Pâques, que nous célébrons au nom de la passion du Christ, de sa mort et de sa résurrection, nous rappelle qu’aucune obscurité, pas même celle de la guerre, ne peut avoir le dernier mot. Le tombeau vide est le sceau de la victoire de la vie sur la haine, de la miséricorde sur le péché. Laissons cette certitude éclairer nos pas et soutenir notre espérance.

En Christ, j’embrasse chacun de vous et je vous donne ma bénédiction.

Jérusalem, 22 mars 2026.

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Rédaction

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