P. Roberto Pasolini commencera ses prédications de Carême le vendredi 6 mars 2026 © Ofmcap.Org

P. Roberto Pasolini commencera ses prédications de Carême le vendredi 6 mars 2026 © Ofmcap.Org

Interview du P. Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale

Une mission auprès du pape et de la Curie romaine pour « alimenter la prière et offrir des pistes de conversion »

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En tant que prédicateur de la Maison pontificale, le prêtre italien Roberto Pasolini a la charge de prêcher les méditations de Carême et de l’Avent au Vatican. Il inaugurera le cycle de ses méditations le vendredi 6 mars prochain dans la salle Paul VI, et assurera la prédication des quatre vendredis suivants.

À 54 ans, le religieux capucin est théologien, bibliste, conférencier et auteur de nombreux ouvrages. Il est également connu du grand public pour ses catéchèses à la fois profondes et accessibles, ainsi que pour ses podcasts diffusés en ligne, dans lesquels il approfondit l’Écriture avec clarté. Zenit l’a interrogé sur cette mission assez particulière au service du pape et de la Curie romaine.

 

Zenit : Quelle est votre mission spécifique auprès du pape et de la curie romaine ?

Père Roberto Pasolini : Mon service consiste à proposer au Saint-Père, aux cardinaux résidant à Rome et aux membres de la Curie romaine des méditations pendant les temps forts de l’année liturgique, en particulier pendant l’Avent et le Carême, tous les vendredis.

Le P. Pasolini, un frère capucin théologien et bibliste © Roberto Pasolini

Le P. Pasolini, un frère capucin théologien et bibliste © Roberto Pasolini

Il s’agit de réflexions enracinées dans la Parole de Dieu et dans la Tradition de l’Église, dans le but d’alimenter la prière et d’offrir des pistes de conversion. De plus, le Vendredi Saint, le prédicateur de la Maison pontificale prononce traditionnellement l’homélie dans la basilique Saint-Pierre, pendant la liturgie de la Passion du Seigneur.

Parallèlement à ce service institutionnel, je suis souvent invité comme prédicateur dans des diocèses italiens, européens et même extra-européens, pour des retraites, des exercices spirituels et des rencontres de formation. Je me consacre également à l’écriture de livres, principalement de vulgarisation, et j’ai enseigné l’exégèse biblique dans le milieu universitaire pendant plusieurs années.

Zenit : Quel a été votre sentiment lorsque vous avez été appelé à cette fonction en novembre 2024 ? 

R. Pasolini : Je crois avoir traversé toute la gamme des sentiments que l’on éprouve lorsque Dieu place sur notre chemin une marche élevée à gravir ! Tout d’abord, une grande peur, face à la responsabilité et à l’importance de la tâche. Puis, progressivement, une joie plus sereine, liée à la beauté de la proposition.

La communication de la Parole de Dieu a toujours été ma passion la plus profonde. C’est pourquoi j’ai pu accueillir cette nomination avec confiance, sachant que Dieu ferait certainement sa part, comblant ce qui manque à mon humanité et soutenant ma fragilité.

Zenit : Vos prédications seront-elles ouvertes au public, comme l’an dernier, et quels sujets y aborderez-vous ? 

R. Pasolini : Cette année, comme le pape a proclamé une année jubilaire franciscaine à l’occasion du 800e anniversaire de la mort du Poverello d’Assise, les méditations tourneront autour de la figure de saint François comme modèle de conversion évangélique et de vie chrétienne. Jusqu’à présent, le choix des thèmes m’a été confié, avec un moment de discussion et de vérification avec le Saint-Père avant l’approbation définitive.

1ère méditation de l'Avent, 5 décembre 2025 © Vatican Media 

1ère méditation de l’Avent, 5 décembre 2025 © Vatican Media

Je ne peux pas dire avec certitude si les prédications seront ouvertes au public. Chaque pape imprime son propre style à ce ministère, et nous verrons quelle orientation le pape Léon XIV voudra lui donner. Dans le passé, les méditations se donnaient en privé. Après la période du Covid, elles ont commencé à se dérouler dans la salle Paul VI, et cette modalité a été maintenue, probablement aussi parce que l’on a compris qu’elles pouvaient être bénéfiques à de nombreux fidèles dans le monde, qui se sentent en communion avec le pape et avec toute l’Église.

Je pense toutefois que la possibilité d’écouter les méditations, y compris par le biais des médias et des réseaux sociaux, continuera d’être garantie. Cela m’oblige à trouver un langage qui tienne compte des destinataires immédiats – le pape et les cardinaux – sans oublier un public plus large de fidèles laïcs.

Zenit : Prêche-t-on différemment lorsque l’on s’adresse à ceux qui ont de grandes responsabilités dans l’Église ?

R. Pasolini : Prêcher la conversion devant le pape et la Curie romaine a la même signification que de prêcher la conversion à n’importe quel baptisé. C’est un ministère exigeant, car on ne peut inviter les autres à la conversion sans la vivre soi-même en premier lieu. 

Chaque auditoire, chaque personne qui écoute, a droit à des paroles adaptées à sa sensibilité et à ses responsabilités. C’est pourquoi j’essaie toujours de regarder ceux qui sont devant moi et de leur offrir des paroles qui leur soient utiles et compréhensibles.

1re méditation de l'Avent, 5 décembre 2025 © Vatican Media 

1re méditation de l’Avent, 5 décembre 2025 © Vatican Media

Bien sûr, devant le pape, on ressent une responsabilité supplémentaire : on offre une stimulation spirituelle au vicaire du Christ et au pasteur universel de l’Église. C’est pourquoi le choix des thèmes, le langage et le style de la prédication doivent tenir compte de cette circonstance particulière, avec respect et mesure.

Dans l’Évangile, Jésus rappelle que celui à qui beaucoup a été confié, beaucoup sera demandé. Ma mission est donc de rappeler, avec douceur et fermeté, le don et la responsabilité confiés à ceux qui dirigent l’Église. Sachant toutefois que chacun, dans le Corps du Christ, a une responsabilité. C’est pourquoi je ne vis pas ce service avec une agitation particulière : il s’agit simplement d’aider chaque personne à vérifier son degré d’adhésion à l’Évangile, selon sa propre vocation.

Zenit : Quels fruits souhaiteriez-vous voir naître pour l’Église à travers ce ministère ?

R. Pasolini : Tout d’abord, j’espère que ce ministère convertira mon cœur et me rendra toujours plus disponible au service de l’Église. Un prédicateur doit être le premier auditeur et le premier destinataire de l’Évangile qu’il annonce !

De plus, je souhaite que mes paroles, en communion avec celles de ceux qui m’ont précédé et de ceux qui me suivront, puissent offrir une contribution humble mais sincère à la réflexion et à l’approfondissement du mystère du Christ.

La mission de l’Église est précisément celle-ci : creuser le mystère du Christ, se laisser éclairer toujours davantage par sa vérité, pour trouver le courage et la liberté d’annoncer à tous la Pâque du Christ, mort et ressuscité pour notre salut.

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Anne van Merris

Anne van Merris, journaliste française, a suivi une formation à l'Institut européen de journalisme Robert Schuman, à Bruxelles. Elle a été responsable de la communication au service de l'Église catholique et responsable commerciale dans le secteur privé. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

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