Audience générale au Vatican, mercredi 28 janvier 2026 © Vatican Media 

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Le sport, chemin de vie en abondance

Lettre du Saint-Père à l’occasion de la célébration de la XXVe édition des Jeux olympiques d’hiver

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À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, le pape Léon XIV adresse une lettre à tous les hommes et femmes de bonne volonté, proposant une réflexion profonde sur la valeur humaine, éducative et spirituelle du sport comme école de paix, de rencontre et de plénitude de vie.

Chers frères et sœurs!

À l’occasion de la célébration des 25e Jeux Olympiques d’hiver, qui se dérouleront entre Milan et Cortina d’Ampezzo du 6 au 22 février prochain, et des 14e Jeux Paralympiques, qui se dérouleront dans les mêmes localités du 6 au 15 mars, je désire saluer et adresser mes meilleurs vœux à toutes les personnes directement impliquées et saisir cette occasion pour proposer une réflexion destinée à tout le monde. La pratique sportive, nous le savons, peut être de nature professionnelle, hautement spécialisée : sous cette forme, elle correspond à une vocation réservée à quelques-uns suscitant l’admiration et l’enthousiasme dans le cœur de beaucoup d’autres, qui vibrent au rythme des victoires ou des défaites des athlètes. Mais la pratique sportive est une activité commune, ouverte à tous et salutaire pour le corps et l’esprit, au point de constituer une expression universelle de l’humain.

Sport et construction de la paix

À l’occasion des Jeux olympiques passés, mes prédécesseurs ont souligné combien le sport peut jouer un rôle important pour le bien de l’humanité, en particulier pour la promotion de la paix. Par exemple, en 1984, saint Jean-Paul II, s’adressant à de jeunes athlètes venus du monde entier, cita la Charte olympique [1] qui considère le sport comme un facteur « de meilleure compréhension mutuelle et d’amitié, afin de construire un monde meilleur et plus pacifique ». Il encouragea les participants en ces termes : « Faites que vos rencontres soient un signe emblématique pour toute la société et un prélude à cette nouvelle ère où « jamais nation contre nation ne lèvera l’épée » ( Is 2, 4) ». [2]

C’est dans cette optique que s’inscrit la Trêve olympique qui, dans la Grèce antique, était un accord visant à suspendre les hostilités avant, pendant et après les Jeux Olympiques, afin que les athlètes et les spectateurs puissent voyager librement et que les compétitions se déroulent sans interruption. L’institution de la Trêve découle de la conviction que la participation à des compétitions réglementées (agones) constitue un cheminement individuel et collectif vers la vertu et l’excellence (aretē). Lorsque le sport est pratiqué dans cet esprit et dans ces conditions, il favorise l’approfondissement de la cohésion communautaire et du bien commun.

La guerre, au contraire, naît d’une radicalisation du désaccord et du refus de coopérer les uns avec les autres. L’adversaire est alors considéré comme un ennemi mortel, à isoler et si possible à éliminer. Les preuves tragiques de cette culture de la mort sont sous nos yeux : vies brisées, rêves anéantis, traumatismes des survivants, villes détruites, comme si la coexistence humaine était réduite superficiellement au scénario d’un jeu vidéo. Mais cela ne doit jamais nous faire oublier que l’agressivité, la violence et la guerre sont « toujours une défaite de l’humanité ». [3]

La Trêve olympique a été récemment proposée opportunément à nouveau par le Comité International Olympique et l’Assemblée Générale des Nations Unies. Dans un monde assoiffé de paix, nous avons besoin d’instruments qui mettent « fin à la prévarication, à l’étalage de la force et à l’indifférence envers le droit ». [4] J’encourage vivement toutes les nations, à l’occasion des prochains Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, à redécouvrir et à respecter cet instrument d’espérance qu’est la Trêve olympique, symbole et prophétie d’un monde réconcilié.

La valeur éducative du sport

« Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » ( Jn 10, 10). Ces paroles de Jésus nous aident à comprendre l’intérêt de l’Église pour le sport et la manière dont le chrétien l’aborde. Jésus a toujours placé les personnes au centre, il en a pris soin désirant pour chacune d’elles la plénitude de la vie. C’est pourquoi, comme l’a affirmé Saint Jean-Paul II, la personne humaine « est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissement de sa mission ». [5] Selon la vision chrétienne, la personne doit donc toujours rester au centre du sport dans toutes ses expressions, y compris dans celles de l’excellence compétitive et professionnelle.

À bien y regarder, on trouve une base solide à cette prise de conscience dans les écrits de saint Paul, connu comme l’Apôtre des gentils. À l’époque où il écrivait, les Grecs avaient déjà depuis longtemps des traditions athlétiques. Par exemple, la ville de Corinthe parrainait les jeux isthmiques tous les deux ans depuis le début du VIe siècle avant J.-C. C’est pourquoi, écrivant aux Corinthiens, Paul a utilisé des images sportives pour les initier à la vie chrétienne : « Vous savez bien que, dans le stade, tous les coureurs participent à la course, mais un seul reçoit le prix. Alors, vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour recevoir une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas » (1 Co 9, 24-25).

Suivant la tradition paulinienne, de nombreux auteurs chrétiens ont utilisé des images athlétiques comme métaphores pour décrire les dynamiques de la vie spirituelle. Cela nous fait aujourd’hui réfléchir sur l’unité profonde entre les différentes dimensions de l’être humain. Bien qu’il ne manque pas dans les époques passées d’écrits chrétiens – influencés par des philosophies dualistes – ayant une vision plutôt négative du corps, le courant principal de la théologie chrétienne a souligné la bonté du monde matériel en affirmant que la personne est une unité de corps, d’âme et d’esprit. En effet, les théologiens de l’Antiquité et du Moyen Âge ont vigoureusement réfuté les doctrines gnostiques et manichéennes, précisément parce qu’elles considéraient le monde matériel et le corps humain comme intrinsèquement mauvais. Selon ces conceptions, le but de la vie spirituelle consisterait à se libérer du monde et du corps. Au contraire, les théologiens chrétiens ont fait appel aux convictions fondamentales de la foi : la bonté du monde créé par Dieu, le fait que le Verbe s’est fait chair et la résurrection de la personne dans l’harmonie de son corps et de son âme.

Cette compréhension positive de la réalité physique a favorisé le développement d’une culture dans laquelle le corps, uni à l’esprit, est pleinement impliqué dans les pratiques religieuses : pèlerinages, processions, drames sacrés, sacrements et prières faisant appel à des images, des statues et diverses formes de représentations.

Avec l’affirmation du christianisme dans l’Empire romain, les spectacles sportifs typiques de la culture romaine, en particulier les combats de gladiateurs, ont progressivement perdu de leur importance sociale. Cependant, le Moyen Âge a été marqué par l’émergence de nouvelles formes de pratiques sportives telles que les tournois chevaleresques sur lesquels l’Église concentra son attention éthique, contribuant également à leur réinterprétation dans une perspective chrétienne, comme en témoigne la prédication de l’abbé saint Bernard de Clairvaux.

À la même époque, l’Église reconnut la valeur éducatrice du sport, grâce notamment à la contribution de figures telles que Hugues de Saint-Victor et saint Thomas d’Aquin. Dans son ouvrage Didascalicon, Hugues souligna l’importance des activités physiques dans le programme des études, contribuant ainsi à façonner le système éducatif médiéval. [6]

La réflexion de saint Thomas d’Aquin sur le jeu et l’exercice physique met au premier plan la “modération” comme trait fondamental d’une vie vertueuse. Selon Thomas, celle-ci ne se limite pas seulement au travail et aux occupations considérées comme sérieuses, mais nécessite également du temps pour le jeu et le repos. Thomas d’Aquin écrit : « Comme le dit Augustin : “enfin je veux que tu te ménages: car il est bon que le sage relâche de temps en temps la vigueur de son application au devoir.” Or, une certaine détente de l’esprit par rapport au devoir s’obtient par les paroles et les actions de jeu. Il appartient donc au sage et au vertueux d’en faire parfois usage ». [7] Thomas reconnaît que l’on joue parce que le jeu est source de plaisir et qu’il est donc pratiqué donc pour lui-même. Répondant à une objection selon laquelle un acte vertueux doit être orienté vers une fin, il observe que « Si ces jeux ne se proposent pas de fin extrinsèque, ils tendent au bien du sujet, qui y trouve un plaisir ou un repos ». [8] Cette “éthique du jeu” élaborée par Thomas d’Aquin a exercé une influence considérable sur la prédication et l’éducation.

Le sport, école de vie et aréopage contemporain

L’humaniste Michel de Montaigne s’inscrivait dans cette longue tradition lorsqu’il écrivait, dans un essai sur l’éducation : « Ce n’est pas une âme, ce n’est pas un corps qu’on dresse ; c’est un homme : il n’en faut pas faire deux ». [9] C’est la raison qu’il invoquait pour justifier l’intégration de l’éducation physique et du sport dans la journée scolaire. Ces principes furent appliqués dans les écoles jésuites, selon les écrits de saint Ignace de Loyola, en particulier les Constitutions de la Compagnie de Jésus et la Ratio Studiorum. [10]

C’est dans ce contexte que s’inscrit également l’œuvre de grands éducateurs, de saint Philippe Néri à saint Jean Bosco. Ce dernier, à travers la promotion des oratoires, établit un pont privilégié entre l’Église et les nouvelles générations, faisant également du sport un domaine d’évangélisation. [11] Dans cette ligne, on peut également citer l’encyclique Rerum novarum (1891) de Léon XIII. Celle-ci stimula la création de nombreuses associations sportives catholiques, répondant ainsi sur le plan pastoral aux nouvelles exigences de la vie moderne – on pense aux conditions des ouvriers après la révolution industrielle – et aux nouvelles habitudes émergentes. [12]

À la charnière entre le XIX e et le XX e siècle, le sport est devenu un phénomène de masse. De plus, les Jeux Olympiques de l’ère moderne virent le jour (1896). Les laïcs et les pasteurs ont alors porté un regard plus attentif et plus systématique sur cette réalité. À partir du pontificat de  saint Pie X (1903-1914), on constate un intérêt croissant pour le sport, comme en témoignent de nombreuses déclarations pontificales. Dans celles-ci, l’Église catholique, par la voix des papes, propose une vision du sport centrée sur la dignité de la personne humaine, son développement intégral, l’éducation et la relation avec l’autre, en soulignant sa valeur universelle comme instrument de promotion de valeurs telles que la fraternité, la solidarité et la paix. La question posée par le vénérable  Pie XII dans un discours adressé aux athlètes italiens en 1945 est emblématique : « Comment l’Église pourrait-elle ne pas s’intéresser [au sport] ? ». [13]

Le Concile Vatican II a inscrit son évaluation positive du sport dans le cadre plus large de la culture, recommandant que « les loisirs soient bien employés pour se détendre et pour fortifier la santé de l’esprit et du corps ; […] également par des exercices physiques et des activités sportives qui aident à conserver un bon équilibre psychique, individuellement et aussi collectivement, et à établir des relations fraternelles entre les hommes de toutes conditions, de toutes nations ou de races différentes ». [14] Grâce à la lecture des signes des temps, la conscience ecclésiale de l’importance de la pratique sportive s’est donc accrue. Le Concile a représenté un essor dans ce domaine : la réflexion sur le sport en relation avec la vie de foi s’est développée et une multitude d’expériences pastorales dans le domaine sportif ont révélé leur force génératrice au cours des décennies suivantes. Les dicastères du Saint-Siège ont également promu des initiatives valables en dialogue avec ce domaine humain. [15]

Deux Jubilés du Sport célébrés par saint Jean-Paul II ont été très significatifs : le premier le 12 avril 1984, Année de la Rédemption ; le second, le 29 octobre 2000, au Stade Olympique de Rome. Le Jubilé de 2025 s’est inscrit dans cette même ligne, relançant explicitement la valeur culturelle, éducative et symbolique du sport en tant que langage humain universel de rencontre et d’espérance. C’est cette orientation qui a motivé le choix d’accueillir le Tour d’Italie au Vatican : cette grande compétition cycliste est un événement sportif mais aussi un récit populaire capable de traverser les territoires, les générations et les différences sociales, et de parler au cœur de la communauté humaine en marche.

Bien au-delà des lieux de tradition chrétienne la plus ancienne, il semble évident que le sport soit largement présent dans les cultures dont nous avons connaissance. Celles qui sont traditionnellement orales ont également laissé des traces de terrains de jeu, d’équipements sportifs, ainsi que des images ou des sculptures liées à leurs pratiques sportives. Il y a donc beaucoup à apprendre des traditions sportives des cultures indigènes, des pays africains et asiatiques, des Amériques et d’autres régions du monde.

Aujourd’hui encore, le sport continue de jouer un rôle significatif dans la plupart des cultures. Il offre un espace privilégié de relation et de dialogue avec nos frères et sœurs appartenant à d’autres traditions religieuses, comme avec ceux qui ne se reconnaissent dans aucune d’entre elles.

Sport et développement de la personne

Certains chercheurs en sciences sociales peuvent nous aider à mieux comprendre la signification humaine et culturelle du sport et, par conséquent, sa signification spirituelle. Les recherches sur ce qu’on appelle l’ expérience optimale (ou “flux”) dans le sport et dans d’autres domaines de la culture en sont un exemple pertinent. [16] Une telle expérience se produit généralement chez des personnes engagées dans une activité qui exige de la concentration et des compétences, lorsque le niveau de difficulté correspond ou est légèrement supérieur à leur niveau déjà acquis. Nous pensons, par exemple, à un échange prolongé au tennis : la raison pour laquelle l’un des moments les plus divertissants d’un match est celui où chaque joueur pousse l’autre à la limite de son niveau de compétence. L’expérience est exaltante et les deux joueurs se poussent mutuellement à s’améliorer. Cela vaut autant pour deux enfants de dix ans que pour deux champions professionnels.

De nombreuses recherches ont montré que les personnes ne sont pas seulement motivées par l’argent ou la renommée, mais qu’elles peuvent aussi éprouver de la joie et des satisfactions intrinsèques aux activités qu’elles accomplissent, c’est-à-dire en les réalisant et en les appréciant pour leur valeur propre. Il a en particulier été observé que les personnes éprouvent de la joie lorsqu’elles se consacrent pleinement à une activité ou à une relation et dépassent le stade où elles se trouvaient, avec une sorte de mouvement vers l’avant. De telles dynamiques favorisent la croissance de la personne dans sa globalité.

De plus, lors d’une expérience sportive, la personne concentre souvent entièrement son attention sur ce qu’elle fait. Il se produit une fusion entre l’action et la conscience, au point qu’il ne reste plus de place pour une attention explicite à soi-même. En ce sens, l’expérience interrompt la tendance à l’égocentrisme. En même temps, les personnes décrivent un sentiment d’union avec ce qui les entoure. Dans les sports d’équipe, cela est généralement vécu comme un lien ou une unité avec les coéquipiers : le joueur n’est plus replié sur lui-même, car il fait partie d’un groupe qui tend vers un objectif commun. Le Pape François souligna cet aspect à plusieurs reprises lorsqu’il encouragea les jeunes athlètes à être des joueurs d’équipe. Il a par exemple déclaré : « Soyez des joueurs d’équipe. Appartenir à un club sportif c’est refuser toute forme d’égoïsme et d’isolement ; c’est une occasion de rencontrer les autres et d’être avec les autres, de s’entraider, de se confronter dans le respect mutuel et de grandir dans la fraternité ». [17]

Lorsque les sports d’équipe ne sont pas pollués par le culte du profit, les jeunes “s’impliquent” pour une chose qui leur tient à cœur. Il s’agit là d’une formidable opportunité éducative. Il n’est pas toujours facile de reconnaître ses propres capacités ou de comprendre en quoi ils peuvent être utiles à l’équipe. De plus, travailler avec des camarades du même âge implique parfois de devoir faire face à des conflits, gérer des frustrations et des échecs. Il faut même apprendre à pardonner (cf. Mt 18, 21-22). C’est ainsi que se forment des vertus personnelles, chrétiennes et civiques fondamentales.

Les entraîneurs jouent un rôle fondamental dans la création d’un environnement où ces dynamiques peuvent être vécues, en accompagnant les joueurs à travers celles-ci. Compte tenu de la complexité humaine mise en jeu, il est très utile qu’un entraîneur soit animé par des valeurs spirituelles. Il y a de nombreux entraîneurs de ce type dans les communautés chrétiennes et dans d’autres réalités éducatives, comme au niveau compétitif et professionnel de haut niveau. Ils décrivent souvent la culture de l’équipe comme fondée sur l’amour, qui respecte et soutient chaque personne, l’encourageant à exprimer le meilleur d’elle-même pour le bien du groupe. Lorsqu’un jeune fait partie d’une équipe de ce type, il apprend quelque chose d’essentiel sur ce que signifie être humain et grandir. En effet, « Ce n’est qu’ensemble que nous devenons authentiquement nous-mêmes. Ce n’est que dans l’amour que notre intériorité devient profonde et notre identité forte ». [18]

En élargissant encore davantage le regard, il est important de rappeler que le sport devrait être accessible à toutes les personnes qui souhaitent le pratiquer précisément parce qu’il est source de joie et favorise le développement personnel et les relations sociales. Dans certaines sociétés qui se considèrent comme avancées, où le sport est organisé selon le principe du “payer pour jouer”, les enfants issus de familles et de communautés plus pauvres ne peuvent pas se permettre les frais de participation et restent exclus. Dans d’autres sociétés, les filles et les femmes ne sont pas autorisées à pratiquer une activité sportive. Parfois, dans la formation à la vie religieuse, en particulier féminine, la méfiance et la crainte à l’égard de l’activité physique et sportive persistent. Il convient donc de s’engager pour que le sport soit rendu accessible à tous. Ceci est très important pour le développement de la personne. Les témoignages émouvants des membres de l’Équipe Olympique des Réfugiés ou bien des participants aux Jeux Paralympiques, aux Special Olympics et à la Homeless World Cup me l’ont confirmé. Comme nous l’avons vu, les valeurs authentiques du sport s’ouvrent naturellement à la solidarité et à l’inclusion.

Les risques qui mettent en danger les valeurs sportives

Après avoir examiné comment le sport contribue au développement des personnes et favorise le bien commun, nous devons maintenant mettre en évidence les dynamiques qui peuvent compromettre ces résultats. Cela se produit principalement en raison d’une forme de “corruption” qui se trouve sous les yeux de tous. Dans de nombreuses sociétés, le sport est étroitement lié à l’économie et à la finance. Il est évident que l’argent est nécessaire pour soutenir les activités sportives promues par les institutions publiques, d’autres organismes civiques ainsi que par les institutions éducatives, et celles privées de niveau compétitif et professionnel. Les problèmes surviennent lorsque le business devient la motivation principale ou exclusive. Les choix ne sont plus alors dictés par la dignité des personnes ni par ce qui favorise le bien-être de l’athlète, son développement intégral et celui de la communauté.

Lorsque l’on cherche à maximiser les profits, on surévalue ce qui peut être mesuré ou quantifié au détriment de dimensions humaines d’une importance incalculable : “seul compte ce qui peut être compté”. Cette mentalité envahit le sport lorsque l’attention se concentre de manière obsessionnelle sur les résultats obtenus et sur les sommes d’argent que l’on peut tirer de la victoire. Dans de nombreux cas, même au niveau amateur, les impératifs et les valeurs du marché finissent par occulter d’autres valeurs humaines du sport qui méritent pourtant d’être préservées.

Le Pape François a attiré l’attention sur les effets négatifs que ces dynamiques peuvent avoir sur les athlètes, affirmant : « Lorsque le sport est considéré uniquement selon des paramètres économiques ou de poursuite de la victoire à tout prix, on court le risque de réduire les athlètes à une simple marchandise dont on peut tirer profit. Les athlètes eux-mêmes entrent dans un mécanisme qui les emporte, ils perdent le sens véritable de leur activité, la joie de jouer qui les a attirés lorsqu’ils étaient jeunes et qui les a poussés à de nombreux et véritables sacrifices et à devenir des champions. Le sport est harmonie, mais si prévaut la recherche effrénée de l’argent et du succès, cette harmonie se brise ». [19]

Même les athlètes de haut niveau et les professionnels, lorsque l’intérêt économique devient l’objectif principal ou exclusif, risquent de se concentrer sur eux-mêmes et sur la performance, affaiblissant ainsi la dimension communautaire du jeu et trahissant sa valeur sociale et civile. Au contraire, le sport est une pratique qui possède des valeurs partagées par tous ceux qui y participent et qui est capable d’humaniser la coexistence, même dans des situations difficiles. Une attention disproportionnée à l’argent, au contraire, ramène l’attention de manière explicite et réductrice sur soi-même. Dans ce cas également, la parole de Jésus s’applique : « Nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6, 24).

Un risque particulier apparaît lorsque les avantages financiers découlant de la réussite sportive sont considérés comme plus importants que la valeur intrinsèque de la participation : la dictature de la performance peut conduire à l’utilisation de substances dopantes et à d’autres formes de fraude, et peut amener les joueurs de sports d’équipe à se concentrer sur leur bien-être économique plutôt que sur la loyauté envers leur discipline. Lorsque les incitations financières deviennent le seul critère, il peut arriver que des individus et des équipes subordonnent leurs résultats à la corruption et à l’ingérence de l’industrie du jeu. Ces différentes formes de fraude corrompent non seulement les activités sportives elles-mêmes, mais elles contribuent également à désillusionner le grand public et à miner la contribution positive du sport à la société en général.

Compétition et culture de la rencontre

Si l’on élargit notre regard au niveau des compétitions sportives, celles-ci aussi peuvent contribuer à favoriser l’unité entre les personnes. Il est intéressant de noter que le mot compétition provient de deux racines latines : cum – “ensemble” – et petere – “demander”. Dans une compétition, on peut donc dire que deux personnes ou deux équipes recherchent ensemble l’excellence. Elles ne sont pas des ennemis mortels. Et avant ou après la compétition, elles ont généralement l’occasion de se rencontrer et de faire connaissance.

C’est précisément pour cette raison que la compétition sportive, lorsqu’elle est authentique, suppose un pacte éthique partagé : l’acceptation loyale des règles et le respect de la vérité de la confrontation. Par exemple, le refus du dopage et de toute forme de corruption n’est pas seulement une question disciplinaire, mais touche au cœur même du sport. Altérer artificiellement la performance ou acheter le résultat c’est briser la dimension du cum-petere, transformant la recherche commune de l’excellence en une domination individuelle ou de parties.

Le vrai sport, en revanche, éduque à un rapport serein avec les limites et les règles. La limite est un seuil à franchir : c’est ce qui rend l’effort significatif, le progrès intelligible, le mérite reconnaissable. La norme est la “grammaire” commune qui rend le jeu possible. Sans règles, il n’y a ni compétition, ni rencontre, mais seulement chaos ou violence. Accepter les limites de son corps, du temps, de la fatigue, et respecter les règles communes c’est reconnaître que la réussite naît de la discipline, de la persévérance et de la loyauté.

En ce sens, le sport offre une leçon décisive qui dépasse le cadre du terrain de compétition : il enseigne que l’on peut aspirer au maximum sans nier sa propre fragilité, que l’on peut gagner sans humilier, que l’on peut perdre sans être vaincu en tant que personne. La compétition équitable conserve ainsi une dimension profondément humaine et communautaire : elle ne sépare pas, mais met en relation ; elle ne rend pas le résultat absolu, mais valorise le chemin ; elle n’idolâtre pas la performance, mais reconnaît la dignité de ceux qui jouent.

La juste compétition et la culture de la rencontre ne concernent pas seulement les joueurs, mais aussi les spectateurs et les supporters. Le sentiment d’appartenance à son équipe peut être un élément très important de l’identité de nombreux supporters : ils partagent les joies et les déceptions de leurs héros et trouvent un sentiment de communauté avec les autres supporters. C’est généralement un facteur positif dans la société, source de rivalités amicales et de plaisanteries, mais cela peut devenir problématique lorsque cela se transforme en une forme de polarisation qui conduit à la violence verbale et physique. Alors, d’expression de soutien et de participation, le soutien des supporters se transforme en fanatisme ; le stade devient un lieu d’affrontement plutôt que de rencontre. Alors, le sport ne rassemble pas, mais radicalise, il n’éduque pas, mais déséduque, car il réduit l’identité personnelle à une appartenance aveugle et conflictuelle. Cela est particulièrement préoccupant lorsque le soutien est lié à d’autres formes de discriminations politique, sociale et religieuse et est utilisé indirectement pour exprimer des formes plus profondes de ressentiment et de haine.

Les compétitions internationales, en particulier, offrent une occasion privilégiée de faire l’expérience de notre humanité commune dans toute la richesse de sa diversité. En effet, il y a quelque chose de profondément émouvant dans les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques, lorsque nous voyons les athlètes défiler avec les drapeaux nationaux et les costumes traditionnels de leurs pays. De telles expériences peuvent nous inspirer et nous rappeler que nous sommes appelés à former une unique et même famille humaine. Les valeurs promues par le sport – telles que la loyauté, le partage, l’accueil, le dialogue et la confiance dans les autres – sont communes à chaque personne, indépendamment de son origine ethnique, de sa culture et de sa croyance religieuse. [20]

Sport, relation et discernement

Le sport naît comme une expérience relationnelle : il met en contact les corps et, à travers les corps, les histoires, les différences, les appartenances. S’entraîner ensemble, rivaliser loyalement, partager la fatigue et la joie du jeu favorise les rencontres et crée des liens qui dépassent les barrières sociales, culturelles et linguistiques. En ce sens, le sport est un puissant facilitateur de relations sociales : il crée des communautés, éduque au respect des règles communes, enseigne qu’aucun résultat n’est le fruit d’un parcours solitaire. Cependant, précisément parce qu’il mobilise des passions profondes, le sport comporte également des limites.

La dimension éducative du sport se révèle particulièrement dans la relation entre la victoire et la défaite. Gagner ne signifie pas simplement être le meilleur, mais reconnaître la valeur du chemin accompli, de la discipline, de l’engagement partagé. Perdre ne coïncide pas avec l’échec de la personne, mais peut devenir une école de vérité et d’humilité. Le sport enseigne ainsi une compréhension plus profonde de la vie, dans laquelle le succès n’est jamais définitif et l’échec n’est jamais le dernier mot. Accepter la défaite sans désespoir et la victoire sans arrogance c’est apprendre à être dans la réalité avec maturité, en reconnaissant ses limites et ses possibilités.

Il n’est pas rare, en outre, que le sport soit investi d’une fonction quasi religieuse. Les stades sont perçus comme des cathédrales laïques, les matchs comme des liturgies collectives, les athlètes comme des figures salvifiques. Cette sacralisation révèle un besoin authentique de sens et de communion, mais risque de vider à la fois le sport et la dimension spirituelle de l’existence. Lorsque le sport prétend se substituer à la religion, il perd son caractère ludique et de service à la vie, devenant absolu, totalisant, incapable de se relativiser.

Dans ce contexte s’inscrit également le danger du narcissisme qui traverse aujourd’hui toute la culture sportive. L’athlète peut rester fixé sur le miroir de son corps performant, de son succès mesuré en termes de visibilité et de popularité. Le culte de l’image et de la performance, amplifié par les médias et les plateformes numériques, risque de fragmenter la personne, en séparant le corps de l’esprit et de l’âme. Il est urgent de réaffirmer une prise en charge intégrale de la personne humaine dans laquelle le bien-être physique n’est pas dissocié de l’équilibre intérieur, de la responsabilité éthique et de l’ouverture aux autres. Il convient de redécouvrir les figures qui ont su allier passion sportive, sensibilité sociale et sainteté. Parmi les nombreux exemples que je pourrais citer, je voudrais rappeler saint Pier Giorgio Frassati (1901-1925), un jeune Turinois qui alliait parfaitement foi, prière, engagement social et sport. Pier Giorgio était passionné d’alpinisme et organisait souvent des excursions avec ses amis. Aller à la montagne, s’immerger dans ces paysages majestueux lui permettait de contempler la grandeur du Créateur.

Une autre distorsion se manifeste dans l’instrumentalisation politique des compétitions sportives internationales. Lorsque le sport est soumis à des logiques de pouvoir, de propagande ou de suprématie nationale, sa vocation universelle est trahie. Les grands événements sportifs devraient être des lieux de rencontre et d’admiration mutuelle, et non des tribunes pour l’affirmation d’intérêts politiques ou idéologiques.

Les défis contemporains s’intensifient encore davantage avec l’impact du transhumanisme et de l’intelligence artificielle sur le monde du sport. Les technologies appliquées à la performance risquent d’introduire une séparation artificielle entre le corps et l’esprit, transformant l’athlète en un produit optimisé, contrôlé, amélioré au-delà des limites naturelles. Lorsque la technique n’est plus au service de la personne mais prétend la redéfinir, le sport perd sa dimension humaine et symbolique, devenant un laboratoire d’expérimentation désincarné.

À l’opposé de ces dérives, le sport conserve une extraordinaire capacité d’inclusion. Pratiqué de manière adéquate, il ouvre des espaces de participation à des personnes de tous âges, de toutes conditions sociales et de toutes capacités, devenant ainsi un instrument d’intégration et de dignité.

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’expérience de l’Athletica Vaticana. Créée en 2018 en tant qu’équipe officielle du Saint-Siège et sous la direction du Dicastère pour la Culture et l’Éducation, elle témoigne de la manière dont le sport peut également être vécu comme un service ecclésial, en particulier envers les plus pauvres et les plus fragiles. Ici, le sport n’est pas un spectacle, mais une proximité ; il n’est pas une sélection, mais un accompagnement ; il n’est pas une compétition exacerbée, mais un cheminement partagé.

Enfin, il convient de s’interroger sur l’assimilation croissante du sport à la logique des jeux vidéo. La ludification extrême de la pratique sportive, la réduction de l’expérience à des scores, des niveaux et des performances reproductibles, risque de dissocier le sport du corps réel et de la relation concrète. Le jeu, qui est toujours risque, imprévu et présence, est remplacé par une simulation qui promet un contrôle total et une gratification immédiate. Restituer la valeur authentique du sport signifie donc lui redonner sa dimension incarnée, éducative et relationnelle, afin qu’il reste une école d’humanité et non un simple dispositif de consommation.

Une pastorale du sport pour une vie en abondance

Une bonne pastorale du sport naît de la conscience que le sport est l’un des lieux où se forment les imaginaires, où se façonnent les modes de vie et où s’éduquent les jeunes générations. C’est pourquoi il est nécessaire que les Églises particulières reconnaissent le sport comme un espace de discernement et d’accompagnement qui mérite un engagement d’orientation humaine et spirituelle. Dans cette perspective, il semble opportun qu’au sein des conférences épiscopales existent des bureaux ou des commissions dédiées au sport, où élaborer et coordonner la proposition pastorale, en mettant en dialogue les réalités sportives, éducatives et sociales présentes dans les différents territoires. En effet, le sport traverse les paroisses, les écoles, les universités, les patronages, les associations et les quartiers : stimuler une vision commune permet d’éviter la fragmentation et de valoriser les expériences déjà existantes.

Au niveau local, la nomination d’un responsable diocésain et la constitution d’équipes pastorales pour le sport répondent au même besoin de proximité et de continuité. L’accompagnement pastoral du sport ne se limite pas à des moments de célébration, mais se réalise dans le temps, en partageant les efforts, les attentes, les déceptions et les espoirs de ceux qui vivent quotidiennement le terrain, le gymnase, la rue. Cet accompagnement concerne tant le phénomène sportif dans son ensemble, avec ses transformations culturelles et économiques, que les personnes concrètes qui le vivent. L’Église est appelée à se rapprocher là où le sport est vécu comme une profession, comme une compétition de haut niveau, comme une occasion de succès ou d’exposition médiatique, tout en ayant particulièrement à cœur le sport de base, souvent marqué par le manque de ressources mais très riche en relations.

Une bonne pastorale du sport peut contribuer de manière significative à la réflexion sur l’éthique sportive. Il ne s’agit pas d’imposer des normes de l’extérieur, mais d’éclairer de l’intérieur le sens de l’activité sportive en montrant comment la recherche du résultat peut coexister avec le respect de l’autre, des règles et de soi-même. En particulier, l’harmonie entre le développement physique et le développement spirituel doit être considérée comme une dimension constitutive d’une vision intégrale de la personne humaine. Le sport devient ainsi un lieu où l’on apprend à prendre soin de son être sans l’idolâtrer, à se dépasser sans se renier, à rivaliser sans perdre la fraternité.

Concevoir et mettre en œuvre la pratique sportive comme un outil communautaire ouvert et inclusif est une autre tâche décisive. Le sport peut et doit être un espace d’accueil, capable d’impliquer des personnes d’origines sociales, culturelles et physiques différentes. La joie d’être ensemble qui naît du jeu partagé, de l’entraînement commun et du soutien mutuel, est l’une des expressions les plus simples et les plus profondes de l’humanité réconciliée.

Dans cette perspective, les sportifs constituent un modèle qui doit être reconnu et accompagné. Leur expérience quotidienne parle d’ascèse et de sobriété, de travail patient sur soi-même, d’équilibre entre discipline et liberté, de respect des rythmes du corps et de l’esprit. Ces qualités peuvent éclairer toute la vie sociale. La vie spirituelle, à son tour, offre aux sportifs un regard qui va au-delà de la performance et du résultat. Elle introduit le sens de l’exercice comme une pratique qui forme l’intériorité. Elle aide à donner un sens à l’effort, à vivre la défaite sans désespoir et le succès sans présomption, transformant l’entraînement en discipline humaine.

Tout cela trouve son horizon ultime dans la promesse biblique qui donne son titre à cette Lettre : la vie en abondance. Il ne s’agit pas d’une accumulation de succès ou de performances, mais d’une plénitude de vie qui intègre le corps, les relations et l’intériorité. D’un point de vue culturel, la vie en abondance invite à libérer le sport des logiques réductrices qui le transforment en simple spectacle ou consommation. D’un point de vue pastoral, elle incite l’Église à se faire présence pour accompagner, discerner et susciter l’espérance. Le sport peut ainsi devenir véritablement une école de vie, où l’on apprend que l’abondance ne naît pas de la victoire à tout prix, mais du partage, du respect et de la joie de cheminer ensemble.

Du Vatican, le 6 février 2026

LÉON PP. XIV

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[1] Comite International Olympique, Olympic Charter 1984 (Lausanne 1983), p. 6.

[2] S. Jean-Paul II, Homélie de la messe pour le Jubilé des sportifs (Rome, Stade olympique, 12 avril 1984), n. 3.

[3] Id., Discours au Corps Diplomatique (13 janvier 2003), 4.

[4] Rencontre internationale de prière pour la paix. Religions et culture en dialogue (Rome, 28 octobre 2025).

[5] S. Jean-Paul II, Lett. enc. Redemptor hominis (4 mars 1979), n. 14.

[6] Cf. HUgues de Saint Victor, Didascalicon, II, XXVII: ed. aux soins de C.H. Buttimer, Washington 1939, 44.

[7] S. Thomas d’Aquin, Somme Theologique, II-II, q. 168, art. 2.

[8] Ibid., I-II, q. 1, art 6, ad 1.

[9] M. de Montaigne, Essais, Paris 1847, p. 120.

[10] Cf. M. Kelly, I cattolici e lo sport. Una visione storica e teologica, in La Civiltà Cattolica 2014 IV, 567-568.

[11] Cf. A. Stelitano – A. M. Dieguez – Q. Bortolato, I Papi e lo sport, Citté du Vatican 2015.

[12] Cf. Léon XIII, Lett. enc. Rerum novarum (15 mai 1891), n. 36.

[13] Pie XII, Discours aux athlètes italiens (20 mai 1945).

[14] Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 61.

[15] Cf. Dicastère pour les Laics, la Famille et la Vie, Dare il meglio di sé. Documento sulla prospettiva cristiana dello sport e della persona umana (1 juin 2018).

[16] Cf. M. Csikszentmihalyi, Beyond Boredom and Anxiety. The Experience of Play in Work and Games. San Francisco, 1975.

[17] François, Discours aux participants à la rencontre promue par le Centre Sportif Italien (7 juin 2014).

[18] Rencontre avec les Autorités, les représentants de la société civile et le Corps diplomatique (Ankara, Turquie, 27 novembre 2025).

[19] François, Discours au Comité Olympique Européen (23 novembre 2013).

[20] Cf. François, Discours aux footballeurs et aux promoteurs du match interreligieux pour la paix (1 er septembre 2014).

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Pape Léon XIV

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