Le pape Léon XIV se distingue comme le seul dirigeant mondial contemporain jouissant d'une réputation nettement positive à l'échelle mondiale ©Gallup

Le pape Léon XIV se distingue comme le seul dirigeant mondial contemporain jouissant d'une réputation nettement positive à l'échelle mondiale ©Gallup

Gallup : le pape Léon XIV en tête de la confiance mondiale

Un consensus inédit à l’ère de la polarisation mondiale

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À l’heure où l’autorité politique génère de plus en plus de divisions plutôt que de confiance, une constante surprenante est apparue dans le sondage d’opinion mondial le plus ancien : l’évêque de Rome. 

Selon l’enquête de fin d’année de Gallup International, le pape Léon XIV se distingue comme le seul dirigeant mondial contemporain à bénéficier d’une réputation mondiale particulièrement positive, un résultat extraordinaire à une époque marquée par la polarisation, la guerre et l’épuisement idéologique. 

Graphique ©Gallup

L’enquête annuelle, menée depuis 1977 par l’Association internationale Gallup (GIA), est largement reconnue comme le panorama synchronisé le plus complet de l’opinion publique mondiale. Fondée en 1947 par George Gallup, pionnier des sondages modernes, la GIA regroupe aujourd’hui plus de 65 instituts de sondage indépendants répartis sur tous les continents. 

Cette dernière édition est basée sur des entretiens menés auprès de 64 097 adultes dans 61 pays, entre octobre et décembre 2025. Environ 1 000 personnes par pays ont été interrogées, au moyen d’une combinaison de questionnaires en ligne, d’entretiens téléphoniques et d’enquêtes en face à face, une approche conçue pour recueillir simultanément des opinions dans des contextes politiques et culturels très différents. 

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Un consensus mondial unique 

Le résultat principal est surprenant. 

Le pape Léon X bénéficie d’un taux d’approbation de 49 % à l’échelle mondiale, contre 25 % d’opinions défavorables et 26 % d’indécis, ce qui lui confère un score de popularité net de +24. Aucun autre dirigeant n’atteint un tel score. De fait, il est la seule personnalité à afficher un score global positif. 

Son soutien le plus fort se concentre en Croatie, au Kenya et au Pérou, tandis que ses positions relativement les plus faibles se trouvent en Turquie, en Irak et en Serbie. Tout aussi révélateur est son étendue géographique. Lorsque les analystes ont examiné le nombre de pays qui perçoivent positivement chaque dirigeant, le pape Léon XIII  XIV arrive une fois de plus largement en tête : il bénéficie d’une image nettement positive dans 51 des 61 pays étudiés. À titre de comparaison, le président chinois Xi Jinping atteint ce seuil dans 18 pays ; Donald Trump et Vladimir Poutine, dans 13 chacun ; Narendra Modi, de l’Inde, dans 11 ; et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans seulement cinq. 

Cette mesure de « portée nationale » révèle sans doute davantage que les seules moyennes mondiales. Elle suggère que l’autorité morale du pape transcende davantage les frontières d’une manière que le seul pouvoir politique ne peut tout simplement pas. 

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Politique contre papauté 

Parmi les dirigeants politiques, Donald Trump bénéficie du taux d’approbation le plus élevé au niveau mondial, avec 30 %, devançant légèrement Xi Jinping (29 %). Vladimir Poutine et Narendra Modi suivent avec 25 % chacun, tandis que Benjamin Netanyahu ferme la marche avec seulement 19 % d’opinions favorables dans le monde. 

Cependant, aucun de ces chiffres n’échappe à une large contestation. Netanyahu affiche le score le plus négatif, à -42. Poutine le suit de près avec -41, tandis que Trump se situe à -31, Xi à -23 et Modi à -12. 

La tendance à long terme est encore plus révélatrice. 

En 2017, le pape François a enregistré un taux de popularité net remarquable de +38. Sous le pape Léon XIII  XIV en 2025, ce chiffre reste fermement positif à +24, confirmant que la papauté continue de fonctionner comme l’institution dirigeante la plus digne de confiance au monde. 

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Durant la même période, toutes les grandes figures politiques ont vu leur popularité internationale se dégrader considérablement. Poutine est passé de +3 en 2017 à -41 aujourd’hui. Xi Jinping est passé de +6 à -23. Modi est passé de +8 à -12. Netanyahu est passé de -8 à -42. Trump, déjà très clivant en 2017 avec un score de -27, a vu sa popularité mondiale s’aggraver encore, atteignant désormais -31. Les contrastes régionaux accentuent encore cette situation. 

Région par région, le pape Léon Ier  XIV domine une grande partie du monde : Afrique (+36), Amérique du Nord (+35), Amérique latine (+34), Europe de l’Est et Australasie (+31 chacune), et Europe de l’Ouest (+29). Seule l’Asie occidentale (+3) affiche une popularité proche de la neutralité, tandis que dans le monde arabe, elle atteint -18. 

À l’inverse, Trump n’obtient que des résultats légèrement positifs en Asie du Sud (+3), en Afrique (+2) et en Amérique du Nord (+1), tandis qu’il subit un fort rejet en Europe occidentale et en Asie du Nord-Est (-59 dans les deux cas). Xi Jinping réalise de bons scores en Afrique (+29), en Amérique latine (+10) et en Asie occidentale (+9), mais s’effondre en Asie du Nord-Est (-82), en Europe occidentale (-50) et en Amérique du Nord (-37). 

Modi conserve un soutien important en Afrique (+26) et en Asie du Sud (+17), mais reste impopulaire dans la majeure partie du reste du monde. Poutine fait face à une opposition quasi unanime, notamment en Asie du Nord-Est (-81) et en Europe occidentale (-73). Netanyahu subit le plus fort revers régional, sa popularité chutant à -79 dans le monde arabe. 

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Pourquoi le pape est toujours important 

Pour les observateurs de la diplomatie vaticane, ces résultats confirment une réalité établie de longue date : la papauté opère sur un plan différent de celui des États-nations. Tandis que les présidents et les premiers ministres sont jugés à l’aune des conflits, de l’économie et de l’idéologie, le pape est perçu avant tout comme une figure morale et spirituelle, un porte-parole des cultures en faveur de la paix, de la dignité humaine et du bien commun. 

Cette distinction semble importante. 

Alors même que les dirigeants géopolitiques peinent à instaurer la confiance au-delà de leurs frontières, la voix du pape Léon XIII  XIV continue de résonner dans le monde entier, conservant un niveau de crédibilité inégalé par aucun de ses homologues politiques. 

Sur le plan méthodologique, l’ampleur de l’enquête conforte ses conclusions : 57 pays ont utilisé des échantillons représentatifs à l’échelle nationale, quatre se sont concentrés sur les populations urbaines, et les répondants ont été sélectionnés par une combinaison d’échantillonnage probabiliste, de méthodes par quotas et de quelques approches non probabilistes. La collecte des données s’est faite par le biais d’entretiens en ligne dans 38 pays, d’enquêtes téléphoniques dans 10 et d’entretiens en face à face dans 13. 

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Un verdict sur le leadership mondial 

Dans un monde de plus en plus lassé des jeux de pouvoir, les conclusions de Gallup suggèrent un changement subtil mais profond : les gens pourraient ne plus se tourner vers les politiciens pour obtenir l’unité ou une orientation morale. 

Ils semblent plutôt placer leur confiance, quoique avec prudence, en un chef spirituel dont l’influence ne réside ni dans les armées ni dans l’économie, mais dans la conscience. 

Pour le Vatican, c’est un rappel que le soft power, lorsqu’il repose sur la crédibilité et la constance, conserve un poids considérable. Et pour le reste du monde, cela offre une perspective rare et étayée par des données sur l’endroit où réside désormais la véritable confiance mondiale. 

Enquête de fin d’année de Gallup International (YEY). 

 

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Jorge Enrique Mújica

Diplômé en philosophie de l’Athénée pontifical Regina Apostolorum à Rome, le P. Jorge Enrique Mújica, LC, est un collaborateur « chevronné » de la presse écrite et numérique sur les questions de religion et de communication. Sur son compte Twitter : https://twitter.com/web_pastor, il aborde les questions de Dieu et de l'internet et de l'Église et des médias : « evangelidigitalisation ».

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