En juin 2025, des représentants de la Conférence épiscopale de Colombie ont rencontré le président Gustavo Petro © X : @Episcopadocol

En juin 2025, des représentants de la Conférence épiscopale de Colombie ont rencontré le président Gustavo Petro © X : @Episcopadocol

Les évêques colombiens appellent au respect de la foi chrétienne

Après des propos présidentiels controversés sur Jésus

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(ZENIT News / Bogotá, 30.01.2026).- La Conférence épiscopale colombienne a publié cette semaine une déclaration officielle réaffirmant la doctrine chrétienne fondamentale et exigeant le respect des convictions religieuses, suite aux déclarations controversées du président Gustavo Petro, que de nombreux croyants ont perçues comme offensantes et théologiquement imprudentes. 

Les propos qui ont suscité la polémique ont été tenus le 27 janvier lors de la cérémonie de réouverture de l’hôpital historique San Juan de Dios de Bogotá. Dans une remarque spontanée, Petro a insinué que Jésus aurait pu avoir une relation sexuelle avec Marie-Madeleine, ajoutant que le Christ était entouré de femmes qui l’aimaient jusqu’à la fin. Les propos du président se sont rapidement propagés sur les réseaux sociaux et dans les médias nationaux, provoquant l’indignation des responsables religieux et des fidèles catholiques. 

Bien que les évêques aient évité de nommer directement Petro dans leur déclaration initiale, le moment choisi et le contenu ne laissaient guère de doute quant à la cible de leur préoccupation. 

Pour la hiérarchie catholique colombienne, la question dépasse largement le cadre d’une opinion personnelle. Dans leur déclaration officielle (COM-CEC-040/26), signée par la présidence de la Conférence épiscopale, les évêques ont souligné que Jésus-Christ ne saurait être réduit à une figure historique ou à un exemple moral. 

« Pour ceux qui suivent les enseignements du Fils de Dieu, fondés sur l’Écriture Sainte et la Tradition de l’Église, son nom est saint », ont-ils écrit, soulignant que le Christ est « vrai Dieu et vrai homme, le centre de notre foi et de notre espérance ». Toute représentation qui dépouille Jésus de son identité divine, ont-ils averti, pervertit les fondements mêmes du christianisme. 

Les évêques ont également formulé leur réponse en termes juridiques, rappelant au gouvernement que le caractère laïque de la Colombie n’autorise pas les responsables publics à réinterpréter la doctrine religieuse. 

Ils ont cité la Constitution de 1991, l’arrêt C-817 de la Cour constitutionnelle de 2011 et l’article 4 de la loi 133 de 1994 (loi statutaire sur la liberté religieuse), qui consacrent tous les principes de respect, de non-ingérence et de protection des croyances des citoyens. 

« La laïcité ne signifie pas délégitimer la foi », souligne le communiqué. Elle oblige plutôt l’État à sauvegarder la liberté religieuse et à assurer des relations harmonieuses avec les différentes confessions religieuses du pays. Dans cette perspective, les évêques ont été catégoriques : aucune autorité publique n’est appelée à émettre des jugements théologiques sur les convictions des croyants. Au contraire, les autorités publiques ont le devoir de protéger ces convictions. 

Cette intervention témoigne d’une préoccupation plus générale au sein de l’Église concernant la désinformation entourant la figure centrale du christianisme. Les responsables religieux ont qualifié les propos du président de superficiels et sortis de leur contexte, avertissant que de telles déclarations risquent de semer la confusion parmi les fidèles et de banaliser des doctrines sacrées pour des millions de personnes. 

En réponse, les évêques ont exhorté les catholiques – et tous ceux qui cherchent à comprendre Jésus – à se tourner vers les sources primaires : les Évangiles et le Catéchisme de l’Église catholique. Les doutes concernant le Christ, ont-ils affirmé, doivent être abordés par une étude approfondie, et non par des spéculations hâtives dans les débats politiques. 

Au-delà des implications doctrinales, cet épisode met en lumière une question sensible de la vie publique colombienne. Gustavo Petro, ancien chef de guérilla devenu président de gauche, gouverne un pays où le catholicisme conserve une influence culturelle malgré un pluralisme religieux croissant. Ses déclarations ont relancé le débat sur la légitimité des propos des dirigeants politiques concernant les symboles religieux dans une démocratie constitutionnelle. 

La Conférence épiscopale a conclu sa déclaration par un appel au respect mutuel et à la paix sociale. Tout en réaffirmant leur loyauté envers les institutions et les lois colombiennes, les évêques ont rappelé aux autorités que l’Église a toujours enseigné le respect des dirigeants légitimes et promu la réconciliation. En retour, ils ont demandé que les droits des croyants soient également respectés, en particulier la liberté de professer et de partager leur foi, pilier essentiel de la coexistence démocratique. 

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Obispos colombianos reaccionan tras las declaraciones del presidente sobre Jesús que desataron indignación nacional | ZENIT – Espanol

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Enrique Villegas

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