Card. Gualtiero Bassetti ©Vatican Media

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« L’Eucharistie au centre de la vie des chrétiens », message du card. Bassetti, hospitalisé

La communion quotidienne

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« L’Eucharistie au centre de la vie des chrétiens »: c’est un message centré sur l’Eucharistie que le cardinal Gualtieroo Bassetti, archevêque de Pérouse et président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), hospitalisé  pour covid-19 covid, avait préparé pour la fête de la Toussaint. Il est sorti aujourd’hui des en soins intensifs. Dans son message de la Toussaint, il y évoque la « douce présence » et la « caresse » de Jésus dans l’Eucharistie, particulièrement nécessaire en ce temps d’épreuve.

Le pape François se tient informé de l’état de santé du cardinal qu’il a choisi comme président de la CEI: le président de la Conférence épiscopale italienne est en effet nommé par le pape pour cinq ans. Il a récemment téléphoné à l’évêque auxiliaire pour s’informer en personne et communiquer ses voeux au cardinal malade.

« Il n’y a pas de consolation, il n’y a pas de réconfort, il n’y a pas absence de larme qui ne se réfère à Jésus Eucharistie. Plus j’avance et plus j’en fais l’expérience », témoigne le cardinal italien.

Le message commence par ce premier verset du psaume 62: « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. »

Pour le salut du monde et pour la vie du monde

L’archevêque confie le songe qu’il a fait: « Cette nuit, en songe, je me suis retrouvé à l’époque où, au séminaire, j’avais comme père spirituel Don Divo Barsotti. Il m’enseignait à m’adresser au Tout-Puissant par ces paroles, dès le matin: « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube. »

En isolement, le cardinal dit sa joie de communier tous les jours grâce à une réserve eucharistique : « Depuis que je suis en quarantaine, étant positif a à la Covid-19, j’ai la possibilité de communier tous les jours dans ma chambre, car j’ai apporté une petite custode, près de la porte de ma chambre. Cette expérience de la maladie était nécessaire pour que je me rende compte à quel point elles sont vraies ces paroles de l’Apocalypse où Jésus dit à l’Eglise de Laodicée: « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai, je dînerai avec lui et lui avec moi » (Ap. 3, 20). »

Il témoigne de l’importance de l’Eucharistie a fortiori en temps de pandémie: « L’Eucharistie, surtout dans une période aussi difficile, ne peut pas être laissée aux marges de nos  existences, mais elle doit être replacée, avec encore plus de force, au centre de al vie des chrétiens. L’Eucharistie n’est pas seulement le Sacrement dans lequel on reçoit le Christ – l’âme est pleine de grâce et il nous est donné la gage de la gloire à venir – mais c’est l’âme du monde et le point d’appui vers lequel converge tout l’univers. En définitive, l’Eucharistie est pour pro mundi salute, c’est-à-dire pour le salut du monde, et pro mundi vita, pour la vie du monde (Jn 6, 51). »

L’Eucharistie embrasse tout l’univers

« Dans l’Eucharistie, explique le cardinal Bassetti, Jésus renouvelle et ritualise son sacrifice pascal de mort et de résurrection, mais Sa présence ne se limite pas à un petit morceau de pain consacré. Ce pain consacré transcende l’autel même, embrasse tout l’univers, et enserre tous les problèmes de l’humanité, parce que le Corps de Jésus est étroitement uni au corps mystique qui est l’Eglise tout entière. Il n’y a pas de situation humaine que l’on ne puisse ramener à l’eucharistie. »

Il actualise ce message eucharistique: « Même les événements dramatiques que nous vivons ces jours-ci en Italie – comme l’augmentation de la propagation de l’épidémie, la grave crise économique pour de nombreux travailleurs et pour de nombreuses entreprises, l’incertitude pour nos jeunes à l’école – ne sont pas extérieurs à la Très Sainte Eucharistie. »

Le cardinal Bassetti évoque un grand spirituel italien: « Je me souviens que le père Turoldo nous a enseigné ces choses avec une grande clarté. Et plus je traverse les années, plus j’essaye d’en faire l’expérience et plus je les sens vraies. Il n’y a pas de consolation, il n’y a pas de réconfort, il n’y a pas d’absence de larmes qui n’ait sa référence à Jésus Eucharistie. »

La caresse de l’Eucharistie et la petite fille Espérance

Au moment où il était frappé par la maladie, le cardinal Bassetti a voulu communiquer ce message eucharistique à tous: « C’est un petit message que je veux adresser à mes prêtres, aux personnes consacrées, aux jeunes, aux familles et aux enfants de l’archidiocèse. Je souhaite qu’en cette période de souffrances si sévères, nous ne ressentions pas la croix comme un poids insupportable mais comme une croix glorieuse. Parce que Sa douce présence et Sa caresse dans l’Eucharistie font que les bras de la croix deviennent deux ailes, comme le disait Don Tonino Bello, qui nous conduisent à Jésus. »

Lee président de la CEI achève son message en encourageant à cultiver la vertu d’espérance, avec les mots de Péguy: « En fait, je crois, comme l’écrit Paul, «que les souffrances du moment présent ne sont pas comparables à la gloire future qui doit être révélée en nous». Avec «impatience», nous attendons de contempler le visage de Dieu puisque «dans l’espoir d’avoir été sauvés» (Rm 8, 18, 24). Par conséquent, il faut absolument espérer contre tout espérance, « Spes contra spem« . Car, comme l’écrit Charles Péguy, l’Espérance est une enfant «irréductible». Par rapport à la Foi qui « est une épouse fidèle » et à la Charité qui « est une Mère », l’Espérance semble, au début, sans valeur. Mais c’est exactement le contraire: ce sera l’Espérance, écrit Péguy, « qui est venue au monde le jour de Noël » et qui « en portant les autres, traversera les mondes ». »

 

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Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. Rédactrice en chef de fr.zenit.org . A créé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (Bruxelles), théologie biblique (Rome), lettres classiques (Paris).

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