Julio Cesar Caballero, capture YouTube / ATB Digital

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Amérique latine : «La vie passe avant tout», par Julio Cesar Caballero

« C’est un faux dilemme quand la vie et l’économie sont opposées »

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« La vie passe avant tout » : Julio Cesar Caballero Moreno, un Bolivien, récemment nommé par le pape François comme chef de bureau à la Commission vaticane pour l’Amérique latine, invite à un « engagement extraordinaire de ceux qui ont le plus de moyens », pour aider à soulager les populations les plus frappées par la pandémie, rapporte l’agence Télam de Buenos Aires (Argentine).

« Sans un engagement extraordinaire de ceux qui en ont le plus, il est très difficile pour la région de se relever », fait observer l’ancien ambassadeur de Bolivie près le Saint-Siège.

Pour M. Caballero, journaliste de formation, les plus riches « doivent comprendre que ce que le Saint-Père a dit s’applique à eux: personne ne se sauve seul. Le thème est planétaire maintenant. Nos pays d’Amérique latine ont vécu la réalité des asymétries et des inégalités depuis que le monde était un monde, et maintenant il y a eu une exacerbation de cela ».

Il rappelle les paroles du pape François place Saint-Pierre, le 27 mars dernier : « C’est ce que ressent le Pape quand il nous parle du même bateau, que nous n’allons pas nous sauver tout seuls ce qui est un appel à ceux qui se sentent plus privilégiés » : « Ils doivent prendre la rame et avancer, en étant conscients qu’ils sont entourés par les nécessiteux, les gens pauvres. »

Il souligne aussi l’exigence de changements fondamentaux pour construire « l’après-pandémie » avec équité: « L’écosystème social que nous avons vécu, toxique, doit changer, avec de plus grandes opportunités pour les gens. C’est un faux dilemme quand la vie et l’économie sont opposées, ou la vie et la démocratie. De toute évidence, la vie passe avant tout. »

Alors que l’Académie pontificale pour la vie vient d’indiquer des directions pour « l’éprès-pandémie », l’avocat rappelle, dans la même interview, les difficultés antérieures à la pandémie : « Nous sommes confrontés à des chiffres qui font peur pour les victimes de la pandémie en Amérique latine, mais cela doit aussi nous effrayer qu’il s’agisse de la pointe d’un iceberg qui fait que beaucoup de personnes mouraient déjà de faim et de marginalité. »

Le diplomate bolivien de 51 ans souligne, toujours dans Télam, que la pandémie met encore plus en lumière des drames déjà présents auparavant: « L’Amérique latine vivait avec ces inégalités depuis de nombreuses années avant que cette situation, dévastatrice (…) nous amène à réfléchir à la situation des États. Non seulement les États devraient être présents par des politiques cohérentes, mais ceux qui mettent en place ces dispositifs devraient être ultra-sensibles. »

 

 

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Anita Bourdin

Journaliste accréditée au Vatican depuis 1995. A lancé Zenit en français en janvier 1999. Correspondante à Rome de Radio Espérance. Formation: journalisme (Bruxelles), théologie biblique (Rome), lettres classiques (Paris).

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