Le card. Pietro Parolin, Davos, 19 janv. 2017, capture

Le card. Pietro Parolin, Davos, 19 janv. 2017, capture

 «Redonner une âme à l’Europe!»: intervention du card. Parolin à Davos

Le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège au Forum mondial de l’économie

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« Il est nécessaire de redonner (…) une âme à l’Europe », estime le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin : « Une âme à l’Europe ! » a-t-il répété deux fois devant les participants du Forum annuel de Davos qui s’est ouvert mardi, 17 janvier 2017.
Le cardinal, qui fait partie des personnalités religieuses invitées, est intervenu ce jeudi 19 janvier au 47e Forum mondial de l’économie à Davos, en Suisse. Il a parlé des objectifs de l’activité diplomatique du Saint-Siège dans le monde, de la crise de l’Union européenne, des migrations, du désarmement, dans une vidéo, en anglais, disponible sur le site du Forum. Greg Burke, directeur du bureau de presse du Vatican, a publié le tweet évoquant cet appel pour l’Europe.
« En ce qui concerne l’Union européenne, nous devons reconnaître qu’elle traverse une période de crise », a dit le cardinal : « Nous vivons une période de difficultés, a-t-il répété,  et, selon nous, il est nécessaire de redonner aujourd’hui – et permettez-moi d’employer ce mot – une âme à l’Europe. »
En ce qui concerne le projet européen, « il est nécessaire de revenir aujourd’hui aux Pères fondateurs », a estimé le cardinal Parolin : ils « voulaient une Europe faite de personnes, d’idées, d’une idée commune, et pas seulement une Europe faite de marchés et d’économie ».
Le Secrétaire d’Etat a aussi évoqué la situation de l’immigration en Europe : L’Europe a peur de « perdre son identité, a-t-il dit, mais la fermeture et la non-acceptation de l’autre sont des attitudes qui nous appauvrissent et ne nous font pas progresser ». « Malheureusement »,  a-t-il regretté, l’Europe « ne parvient pas à élaborer une politique commune sur les migrations ».
« Peut-être que je me répète encore et encore, a fait remarquer le secrétaire d’État, mais ceci est un point très, très important : reconnaître la personne dans toutes ses dimensions. Le risque, aujourd’hui, est de réduire la personne seulement à une dimension économique et matérielle. »
Le Saint-Siège travaille pour la défense de « la personne humaine elle-même », a précisé le cardinal Parolin : « Si nous voulons sauver l’humanité aujourd’hui », a-t-il dit – deux fois aussi -, il faut penser à « la dimension transcendante de la personne ». « La personne ne peut être réduite seulement à une dimension matérielle : si nous ne préservons pas cette dimension, l’avenir de l’humanité est vraiment très sombre. » De façon concrète, il a insisté sur la « fraternité », la « solidarité » et la protection des personnes les plus « vulnérables ».
« Un des principaux objectifs de l’action du Saint-Siège est de protéger, de défendre et de promouvoir la liberté religieuse qui est le premier des droits humains, a affirmé le cardinal. Si la liberté religieuse est protégée, les autres droits humains sont aussi protégés et promus. »
« Nous ne travaillons pas seulement pour la liberté de l’Église ou seulement pour la liberté des catholiques, a-t-il souligné,  quand nous parlons de liberté religieuse, nous faisons quelque chose pour tout le monde ! » « Et c’est l’intérêt de tous, de tous les croyants, appartenant aux différentes religions et c’est le cœur de l’action du Saint-Siège », a-t-il ajouté.
Le « numéro 2 » du Saint-Siège a souligné l’importance de la religion: elle « ne peut être reléguée dans une dimension privée », elle « a quelque chose à dire sur la scène publique ». « Nous ne demandons aucun privilège, et nous n’y prétendons pas, pour l’Église catholique, a-t-il précisé.  Nous vivons dans une société pluraliste, caractérisée par de nombreuses religions et il est important que les autorités reconnaissent  le rôle public que la religion peut donner à la vie. »
En abordant le « sujet du terrorisme », le cardinal a dénoncé son caractère faussement religieux : « Nous pensons que c’est clairement une manipulation de la religion ».
Le cardinal Parolin a fait observer qu’avec le pape François l’activité diplomatique du Saint-Siège avait « beaucoup augmenté » : « Il a assumé un grand rôle de « leader », de guide dans les défis mondiaux actuels. »
Il a précisé que depuis son élection, le pape a « donné trois objectifs à la diplomatie vaticane » à savoir « lutter contre la pauvreté », « construire des ponts » et promouvoir partout le dialogue, et favoriser « la paix dans le monde » : « En suivant ces trois lignes, a précisé le cardinal, nous cherchons à intervenir dans les situations où il est possible d’intervenir. » Et ceci de façon très « concrète ».
Le secrétaire d’État a conclu sur la paix en citant explicitement le verset du prophète Isaïe (Is 32,17) dont le pape Pie XII a fait sa devise : « La paix est le fruit de la justice, a-t-il rappelé. Si nous voulons la paix, nous devons travailler pour la justice… Encore une fois, nous devons dire qu’une paix construite sur la peur n’est pas la paix. »
Avec une traduction de Constance Roques
 
 
 

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Marina Droujinina

Journalisme (Moscou & Bruxelles). Théologie (Bruxelles, IET).

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