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“Vous, les maris, vous comprenez cela? Aimer vos femmes comme le Christ aime l’Eglise!”

Traduction intégrale de la catéchèse du pape François sur le sacrement du mariage

“Vous, les maris, vous comprenez cela? Aimer vos femmes comme le Christ aime l’Eglise!”, exhorte le pape François.

Le pape a en effet ajouté plusieurs commentaires spontanés au texte préparé de sa 13e catéchèse sur la famille, qui était aussi le deuxième volet de sa catéchèse sur « la beauté du mariage chrétien », ce mercredi matin, 6 mai, place Saint-Pierre.

Le pape souligne la « nouveauté évangélique » du sacrement du mariage  « qui rétablit la réciprocité originelle du dévouement et du respect ».

Commentant l’Epître de saint Paul aux Ephésiens, le pape François a évoqué « l’indissolubilité », en interrogeant aussi les pasteurs de l’Eglise : « Acceptons-nous jusqu’au bout, nous-mêmes, en tant que croyants et en tant que pasteurs, ce lien indissoluble de l’histoire du Christ et de l’Église avec l’histoire du mariage et de la famille humaine ? Sommes-nous disposés à assumer sérieusement cette responsabilité, c’est-à-dire que tout mariage va sur la voie de l’amour que le Christ a pour l’Église ? C’est grand, cela ! »

A.B.

Voici notre traduction intégrale de sa catéchèse prononcée en italien :

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans notre cheminement de catéchèses sur la famille, nous touchons aujourd’hui directement la beauté du mariage chrétien. Ce n’est pas simplement une cérémonie qui se fait à l’église, avec les fleurs, la tenue, les photos… Le mariage chrétien est un sacrement qui se réalise dans l’Église et qui fait aussi l’Église, en initiant une nouvelle communauté familiale.

C’est ce que l’apôtre Paul résume dans sa célèbre expression : « Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église » (Ep 5,32). Inspiré par l’Esprit-Saint, Paul affirme que l’amour entre les époux est l’image de l’amour entre le Christ et l’Église. Une dignité impensable ! Mais en réalité, elle est inscrite dans le dessein créateur de Dieu, et avec la grâce du Christ, d’innombrables couples chrétiens l’ont réalisée malgré leurs limites et leurs péchés !

En parlant de la vie nouvelle dans le Christ, saint Paul dit que les chrétiens – tous – sont appelés à s’aimer comme le Christ les a aimés, c’est-à-dire « soumis les uns aux autres » (Ep 5,21), ce qui signifie au service les uns des autres. Et il introduit ici l’analogie entre le couple mari-femme et le couple Christ-Église. Il est clair qu’il s’agit d’une analogie imparfaite, mais nous devons en saisir le sens spirituel qui est très élevé et révolutionnaire, et en même temps simple, à la portée de tous les hommes et femmes qui se confient à la grâce de Dieu.

Le mari, dit Paul, doit aimer sa femme « comme son propre corps » (Ep 5,28) ; l’aimer comme le Christ « a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle » (v.25). Mais vous, les maris qui êtes présents ici, comprenez-vous cela ? Aimer votre femme comme le Christ aime l’Église ? Ce ne sont pas des plaisanteries mais c’est sérieux ! L’effet de cette radicalité du dévouement demandé à l’homme, pour l’amour et la dignité de la femme, à l’exemple du Christ, doit avoir été immense, dans cette communauté chrétienne.

Cette semence de la nouveauté évangélique, qui rétablit la réciprocité originelle du dévouement et du respect, a mûri lentement dans l’histoire, mais a finalement prévalu.

Le sacrement du mariage est un grand acte de foi et d’amour : il témoigne du courage de croire à la beauté de l’acte créateur de Dieu et de vivre cet amour qui pousse à aller toujours plus loin, au-delà de soi et aussi au-delà de sa propre famille. La vocation chrétienne à aimer sans réserve et sans mesure est ce qui, avec la grâce du Christ, se trouve à la base du libre consentement qui constitue le mariage.

L’Église elle-même est pleinement impliquée dans l’histoire de chaque mariage chrétien : elle s’édifie dans ses réussites et souffre dans ses échecs. Mais nous devons nous interroger sérieusement : Acceptons-nous jusqu’au bout, nous-mêmes, en tant que croyants et en tant que pasteurs, ce lien indissoluble de l’histoire du Christ et de l’Église avec l’histoire du mariage et de la famille humaine ? Sommes-nous disposés à assumer sérieusement cette responsabilité, c’est-à-dire que tout mariage va sur la voie de l’amour que le Christ a pour l’Église ? C’est grand, cela !

Dans cette profondeur du mystère de la créature, reconnu et rétabli dans sa pureté, s’ouvre un second grand horizon qui caractérise le sacrement du mariage. La décision de « se marier dans le Seigneur » contient aussi une dimension missionnaire, qui signifie avoir dans le cœur la disponibilité à ce que cela se fasse à travers la bénédiction de Dieu et la grâce du Seigneur pour tous. En effet, les époux chrétiens participent en tant qu’époux à la mission de l’Église. Il faut du courage pour cela ! C’est pour cette raison que quand je salue les nouveaux époux, je dis : « Voici les courageux ! », parce qu’il faut du courage pour s’aimer comme le Christ aime l’Église !

La célébration du sacrement ne peut laisser à l’extérieur cette coresponsabilité de la vie familiale à l’égard de la grande mission d’amour de l’Église. Et c’est ainsi que la vie de l’Église s’enrichit chaque fois de la beauté de cette alliance sponsale, de même qu’elle s’appauvrit chaque fois que celle-ci est défigurée. Pour offrir à tous les dons de la foi, de l’amour et de l’espérance, l’Église a besoin de leur cheminement quotidien dans la foi, dans l’amour et dans l’espérance, avec toutes les joies et les fatigues que ce chemin comporte dans un mariage et dans une famille.

La roue est ainsi marquée pour toujours, c’est la roue de l’amour : on aime comme Dieu aime, pour toujours. Le Christ ne cesse pas de prendre soin de l’Église : il l’aime toujours, il la garde toujours, comme lui-même. Le Christ ne cesse pas d’enlever du visage humain les tâches et les rides en tout genre. Cette irradiation de la force et de la tendresse de Dieu, qui se transmet d’un couple à l’autre, d’une famille à l’autre, est émouvante et très belle. Saint Paul a raison : c’est vraiment un « grand mystère » ! Les hommes et les femmes, suffisamment courageux pour porter ce trésor dans les « vases d’argile » de notre humanité, sont – ces hommes et ces femmes si courageux – ils sont une ressource essentielle pour l’Église, et aussi pour le monde entier ! Que Dieu les bénisse mille fois pour cela !

© Traduction de Zenit

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