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Une salade assaisonnée avec l’huile de la persécution…

C’est cela la vie chrétienne, homélie du 4 mars

« Une salade assaisonnée avec l’huile de la persécution » : voilà la vie chrétienne, a expliqué le pape François dans son homélie du 4 mars, lors de la messe à Sainte-Marthe.

Le pape a prié pour les nombreux martyrs d’aujourd’hui, punis et persécutés pour le seul fait qu’ils possèdent une Bible ou qu’il font le signe de la Croix

C’est une certitude pour le pape François : « Aujourd’hui, il y a plus de martyrs que dans les premiers temps de l’Église ». À diverses reprises, dans ses homélies ou ses discours, le pape a dénoncé cette situation et ce mardi encore, dans son homélie à Sainte-Marthe, il a regretté cette constante dans la vie des chrétiens. De la prison de Pierre au martyre d’Étienne et à tous les frères enfermés dans les prisons nazies et communistes, jusqu’au martyrs des temps modernes, « punis » pour le seul fait qu’ils possèdent une Bible ou qu’ils célèbrent une messe, comme cela arrive chaque jour en Afrique et au Moyen-Orient, il n’y a jamais eu un moment dans l’histoire où les disciples du Christ n’ont pas subi de persécutions. Et le pape a expliqué que si tout cela arrive, c’est parce que « la Croix est toujours la voie chrétienne » : elle est le signe distinctif que le Christ a laissé à ses disciples, et la conséquence de l’annonce et du témoignage rendu à l’Évangile.

C’est ce qu’explique Jésus à Pierre qui, comme le raconte l’évangile du jour, lui demande ce que recevront en échange ceux qui auront tout lâché pour le suivre. « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple », répond le maître. Une réponse qui montre son être « généreux », a commenté le pape, mais qui, aux oreilles de Pierre, résonne comme une constatation ambiguë : en fin de compte, « aller derrière Jésus » serait « une belle activité commerciale » qui permet de gagner le centuple.

C’est pourquoi le Christ ajoute aussitôt que, à côté de ce ‘dédommagement’, il y aura les persécutions. « Comme s’il disait : ‘Oui, vous avez tout lâché et vous recevrez ici, sur terre, beaucoup de choses, mais avec la persécution !’ Comme une salade avec l’huile de la persécution : toujours ! » a précisé le pape. En ajoutant : « C’est le gain du chrétien et c’est la route de celui qui veut marcher derrière Jésus, parce que c’est la route qu’il a empruntée lui-même : lui-même a été persécuté ! C’est la route de l’abaissement. Ce que Paul dit aux Philippiens : ‘Il s’est abaissé. Il s’est fait homme et s’est abaissé jusqu’à la mort, et la mort sur la croix’. C’est précisément cela, la tonalité de la vie chrétienne. »

D’ailleurs, dans son Discours sur la montagne, a souligné le pape, Jésus définit les persécutions comme une béatitude, en affirmant : « Heureux êtes-vous quand on vous insulte et qu’on vous persécute à cause de mon nom ». Les apôtres, a-t-il rappelé « aussitôt après la venue de l’Esprit-Saint, ont commencé à prêcher et les persécutions ont commencé », et elles se poursuivent encore aujourd’hui, en 2014.

Et le motif est clair, douloureux : « Le monde ne tolère pas la divinité du Christ, a affirmé le pape. Il ne tolère pas l’annonce de l’Évangile. Il ne tolère pas les béatitudes. Et voilà la persécution : par les paroles, les calomnies, tout ce qu’on disait des chrétiens dans les premiers siècles, la diffamation, la prison… ».

Mais la mémoire historique, on le sait bien, est courte : nous pouvons nous souvenir des histoires des protomartyrs grâce aux récits rapportés dans les livres d’histoire de l’Église, mais « nous oublions facilement » tous les chrétiens d’ « il y a 60 ans, dans les camps, dans les prisons des nazis, des communistes », a fait observer le pape Bergoglio. Il sont « nombreux », « persécutés », « parce qu’ils sont chrétiens ». Il n’est pas possible de se dire « aujourd’hui, nous avons plus de culture et ces choses-là n’existent plus ». « Elles existent », a insisté le pape, « et je vous dis qu’aujourd’hui il y a plus de martyrs que dans les premiers temps de l’Église ».

Tan de frères et sœurs « qui rendent témoignage à Jésus, offrent le témoignage de Jésus » et qui « sont condamnés parce qu’ils possèdent une Bible », qui « ne peuvent pas faire le signe de la Croix » ! Et ces fidèles qui « ne peuvent pas aller à la messe, parce que c’est interdit ». Si souvent, s’est exclamé le pape, « un prêtre vient en cachette, et entre eux, ils font semblant d’être à table, de prendre un thé et là, ils célèbrent la messe, parce qu’on ne les voit pas ».

Mais « c’est la route de Jésus », a expliqué le pape, une route qui paraît désolante mais qui, au contraire, est joyeuse, parce que « le Seigneur ne nous éprouve jamais plus que ce que nous pouvons porter ». D’ailleurs, a-t-il ajouté, « la vie chrétienne n’est pas un avantage commercial, ce n’est pas un choix de carrière, c’est simplement suivre Jésus ». Et lorsque nous suivons Jésus, « c’est ce qui arrive ». Mais il faut alors se demander « si nous avons en nous le désir d’être courageux dans notre témoignage rendu à Jésus ». Et aussi, a conclu le pape, cela nous fera du bien de penser « à tous nos frères et sœurs qui, aujourd’hui, ne peuvent pas prier ensemble, parce qu’ils sont persécutés, ne peuvent pas avoir le livre de l’Évangile ou une Bible, parce qu’ils sont persécutés ».

Traduction d’Hélène Ginabat

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