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Session inaugurale du Synode sur l'Amazonie, 7 octobre 2019 © Vatican Media

Session inaugurale du Synode sur l'Amazonie, 7 octobre 2019 © Vatican Media

Synode sur l’Amazonie : « Ne nous laissons pas submerger par l’auto-référence, mais par la miséricorde »

Interventions des cardinaux Hummes et Baldisseri

« Ne nous laissons pas submerger par l’auto-référence, mais par la miséricorde devant le cri des pauvres et de la terre » : c’est l’appel qui a retenti lors de la première congrégation générale du Synode sur l’Amazonie, ce 7 octobre 2019 au matin.

Le cardinal Cláudio Hummes, président du Réseau ecclésial panamazomien (REPAM), a médité sur le thème synodal : “Amazonie : nouveaux chemins pour l’Eglise et pour une économie intégrale” (6-27 octobre 2019). L’Eglise, a-t-il dit, a besoin « d’ouvrir grand ses portes, d’abattre les murs qui l’encerclent et de construire des ponts, de sortir et de se mettre en chemin dans l’histoire… en marchant toujours au côté de tous, surtout de ceux qui vivent dans les périphéries de l’humanité ».

Si l’Eglise sort, c’est pour apporter « la lumière » qu’est le Christ, en accueillant tous « sans exception », a-t-il poursuivi en invitant les Pères synodaux à « ne pas avoir peur de la nouveauté ».

Dessinant quelques traits de la vie pastorale amazonienne, le cardinal a constaté « une grande carence de ressources matérielles et de missionnaires… en particulier l’absence quasi-totale de l’Eucharistie et d’autres sacrements essentiels pour la vie quotidienne ».

Il a exprimé les attentes des peuples indigènes, consultés durant la préparation du Synode : ils veulent, a-t-il rapporté, « le soutien de l’Eglise dans la défense et dans la protection de leurs droits, dans la construction de leur avenir ». Et ils demandent à l’Eglise d’être « une alliée constante ».

« L’humanité, a affirmé le cardinal brésilien, a une grande dette envers les populations indigènes sur les divers continents ». Et de plaider pour leur droit à être « protagonistes de leur histoire, sujets et non objets de l’esprit et de l’action du colonialisme de quiconque. Leurs cultures, leurs langues, leurs histoires, leurs identités, leurs spiritualités, constituent des richesses de l’humanité et doivent être respectées, préservées et incluses dans la culture mondiale ».

Le « nœud central du Synode » ? C’est « la mission de l’Eglise aujourd’hui en Amazonie », a expliqué le cardinal Hummes : « Non pas une Eglise enfermée sur elle-même, mais intégrée dans l’histoire et dans la réalité du territoire… attentive aux appels à l’aide et aux aspirations de la population et de la “maison commune”, ouverte au dialogue, surtout le dialogue interreligieux et interculturel, accueillante et désireuse de partager un chemin synodal avec les autres Eglises, religions, sciences, gouvernements, institutions, peuples, communautés et personnes, en respectant les différences, avec l’intention de défendre et de promouvoir la vie des populations dans la région. »

Pour conclure, le cardinal a résumé les 7 axes des travaux du Synode : a) l’Eglise en sortie en Amazonie et ses nouveaux chemins ; b) le visage amazonien de l’Eglise : inculturation et interculturalité dans le contexte missionnaire et ecclésial ; c) les ministères dans l’Eglise en Amazonie : sacerdoces, diaconat, rôle de la femme ; d) l’action de l’Eglise pour prendre soin de la maison commune : l’écoute de la Terre et des pauvres ; écologie intégrale environnementale, économique, sociale et culturelle; e) l’église amazonienne dans la réalité urbaine ; f) la question de l’eau ; g) autres.

Le nœud central du Synode

Lors de cette première congrégation, le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du Synode, a précisé que l’assemblée était l’occasion « d’écouter le cri de la terre et le cri des pauvres », et de « répondre avec un cœur de pasteurs à leurs problématiques ». Bien qu’il s’agisse d’un synode spécial, a-t-il précisé, c’est « toute l’Eglise » qui exprime sa sollicitude pour cette région.

Il a donné le calendrier des travaux : du 7 au 9 octobre, congrégations générales (où les participants prennent la parole pour une intervention de quatre minutes, suivie de quatre minutes de silence demandées par le pape) ; du 9 au 11 octobre, groupes de langue (dont les contributions serviront au Document final) ; du 12 au 15 octobre, congrégations générales ; les 16 et 17 octobre, groupes de langue.

Le projet de Document final – rédigé par une commission comprenant un rapporteur, le secrétaire général, les secrétaires spéciaux et sept pères synodaux (4 élus et 3 nommés par le pape) – sera présenté le 21 octobre, pour être soumis aux amendements, et rendu sous sa forme finale le 25 octobre. Dans l’après-midi du 26 octobre, à la veille de la clôture du Synode, le texte sera voté, puis remis au pape.

Durant l’assemblée, un Conseil spécial sera également élu le 25 octobre, avec pour mission de suivre les développements du Synode.

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