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Pope Francis meets faithful during the General Audience of Wednesday 20th of May 2015

PHOTO.VA - OSSERVATORE ROMANO

« Si on enlève la pauvreté de l’Évangile, on ne comprend rien »

Extraits d’un nouvel entretien avec le pape François en espagnol, publié dans les pages du quotidien argentin « La Voz del Pueblo ».

« La pauvreté est au cœur de l’Évangile. Jésus est venu prêcher aux pauvres, si vous enlevez la pauvreté de l’Évangile, on ne comprend rien », affirme le pape François, qui évoque son travail, son sommeil, le fléau de la pauvreté, sa proximité avec le peuple, son ministère… dans un entretien publié ce 25 mai 2015 par le quotidien argentin « La Voz del Pueblo ».

Dans une synthèse de l’édition italienne de Radio Vatican, le pape explique pourquoi il conclut ses interventions par « Priez pour moi » : « Parce que j’en ai besoin. J’ai besoin que la prière du peuple me soutienne. C’est un besoin intérieur. »

Il évoque sa relation avec le peuple : « Je ne sais pas bien pourquoi cela se produit… c’est comme si les gens comprenaient ce que je veux dire… J’essaie d’être concret » et « cela me fait du bien d’être avec les gens, c’est comme si ma vie se mêlait à eux, et moi, psychologiquement, je ne peux pas vivre sans eux ».

Le pape se souvient également de son élection, plus de deux ans après l’événement : s’il n’avait « jamais pensé être élu » sur la chaire de Pierre, il s’est entièrement confié à Dieu, « en priant le chapelet, calmement » pendant le dépouillement des bulletins.

Ce qui lui manque le plus ? « Sortir dans la rue, aller me promener dans les rues. Ou encore, aller dans une pizzeria manger une pizza… Ce qui est beau, c’est d’y aller. J’ai toujours été un marcheur. Quand j’étais cardinal, cela m’enchantait de marcher dans les rues… la ville me fascine, je suis un citadin dans l’âme. »

Quant à sa réputation « d’être indiscipliné », le pape précise : « je ne suis pas beaucoup le protocole, je le trouve froid » mais quand il y a des « choses officielles, je m’y tiens totalement ».

Malgré le poids des soucis, le pape affirme qu’il a « un sommeil profond » : « dès que je me mets au lit, je m’endors. Je dors six heures. Normalement, je vais dans ma chambre à 9 heures et je lis jusqu’à environ dix heures [en ce moment saint Silouane du Mont Athos] ; quand j’ai un œil qui commence à pleurer, j’éteins la lumière et je dors jusqu’à environ 4 heures quand je me réveille tout seul, c’est mon horloge biologique. Mais j’ai besoin de la sieste. Je dois dormir entre 40 minutes et une heure, j’enlève mes chaussures et je me mets au lit ».

« En ce moment, ce qui me fatigue, c’est l’intensité du travail. Je maintiens un rythme de travail très fort, c’est le syndrome de la fin de l’année scolaire, qui se termine en juin », poursuit-il. A cela s’ajoute « mille choses et problèmes… des problèmes […] avec ce que tu dis ou ne dis pas… les moyens de communication prennent parfois un mot et le sortent de son contexte ».

Il confie qu’il verse des larmes en pensant aux « drames humains », comme le « peuple rohingya », les « enfants malades » : « Quand je vois ces créatures, je demande au Seigneur : ‘Pourquoi eux et pas moi ?’ ». De même dans les prisons, se rappelant que « personne ne peut être certain de ne jamais commettre de crime », le pape se demande « pourquoi ils n’ont pas eu la chance » de ne pas commettre de crime, et cela le pousse à « pleurer intérieurement ». Toutefois, ajoute-t-il, « je ne pleure pas en public » : « il me semble que je dois aller de l’avant ».

Le pape François se définit comme « un téméraire » et dit « ne pas avoir peur, en général », même s’il a peur « de la souffrance physique » : « J’ai très peur de cela, non pas que j’ai peur d’une piqûre, mais je préfère ne pas avoir de problème de souffrance physique. »

« Êtes-vous content qu’on vous décrive comme « le pape des pauvres » ? », demande le journaliste. « La pauvreté est au cœur de l’Évangile. Jésus est venu prêcher aux pauvres, si vous enlevez la pauvreté de l’Évangile, on ne comprend rien », répond-il.

Pour le pape, les pires maux actuels contre lesquels se battre sont « la pauvreté, la corruption, la traite des personnes ». Enfin, comment aimerait-il qu’on se souvienne de lui ? « Comme une personne qui s’est engagée à faire du bien, je n’ai pas d’autre prétention. »

Traduction de Constance Roques avec Anne Kurian

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