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Servir la justice par la pédagogie des petits gestes

Cinquième jour de retraite de la Curie, jeudi matin

Pour servir la justice, le père carme Bruno Secondin plaide pour une « pédagogie des petits gestes », devant le pape et la Curie romaine : « commencer par soi-même », convertir « son style de vie, sa consommation, agir de manière transparente » mais aussi « avoir le courage de dénoncer » les injustices.

La première méditation du cinquième jour de retraite de carême – jeudi 26 février – à Ariccia, était sur le thème de la justice, rapporte L’Osservatore Romano : « l’engagement pour la justice fait partie intégrante de la marche à la suite du Christ, parce que les pauvres sont les privilégiés de l’Évangile : ce n’est pas une manie populiste », a précisé le P. Secondin.

Il a médité sur un autre épisode de la vie du prophète Élie : le roi Acab veut acquérir la vigne de Naboth, mais ce dernier refuse par respect pour l’héritage reçu de ses pères. Alors la reine Jézabel fait accuser Naboth par de faux témoins et le fait lapider pour blasphème. Élie prononce une condamnation divine contre Acab qui se repent et obtient de Dieu un allègement de la peine. (1 R 21, 1-29)

Ce passage biblique prend une résonance particulière aujourd’hui, alors que des « abîmes de violence sont ouverts au nom de Dieu » et que ces événements ne trouvent que « des consciences endormies », même « parmi les chrétiens », a fait observer le prédicateur.

« Jusqu’à quand les pauvres et les opprimés devront-ils crier ? ». Devant les violences en Afrique et au Moyen-Orient, « la conscience des Européens n’a-t-elle rien à se reprocher ? », a-t-il insisté.

Les chrétiens sont appelés à « être du côté de tous les Nabot de la terre, défendre leurs droits, accueillir les victimes, ranimer les consciences, promouvoir des structures, parce que la terre appartient à Dieu, elle est un don pour la vie de tous et non pour les caprices de quelques-uns », a rappelé le P. Secondin.

Face à l’ampleur de la tâche, il a proposé une « pédagogie des petits gestes ». Il faut « commencer par soi-même », convertir « son style de vie, sa consommation – que de gâchis de nourriture… – agir de manière transparente ».

Il faut aussi « briser la loi du silence, les couvertures, les abus », c’est-à-dire « avoir le courage de dénoncer » : « savons-nous être publiquement familiers avec les humiliés, avec les rejetés de la violence, ou avons-nous peur de perdre la face pour l’Évangile ? », a-t-il conclu.

Avec une traduction de Constance Roques

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