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Saint-Siège : La liberté religieuse , un « pont » entre tous les droits de l’homme

Intervention de l’Observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU

ROME, Jeudi 20 septembre 2007 (ZENIT.org) – La liberté religieuse est un « pont » entre toutes les catégories des droits de l’homme, estime Mgr Silvano M. Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des institutions internationales à Genève.

Mgr Tomasi est intervenu le 14 septembre, au cours des travaux de la VI session du Conseil pour les droits de l’homme, qui se poursuivra jusqu’au 28 septembre au Palais des Nations Unies à Genève.

Il a reconnu qu’il y a aujourd’hui une tendance diffuse à penser que « la communauté internationale doit affronter cette tâche difficile qui consiste à faire la part des choses entre la liberté de religion, la liberté d’expression, le respect des croyances et des convictions religieuses et non religieuses, la diffamation de la religion et des membres d’une religion ».

Mgr Tomasi est convaincu que « la liberté religieuse peut servir d’élément de synthèse, de pont, entre les différentes catégories de droits humains ».

« La profession d’une religion en public ou en privé est une liberté qui entre effectivement non seulement dans le domaine des droits civils et politiques, et qui est donc liée à la liberté de pensée, d’expression et de culte, mais aussi dans le domaine du droit économique, social et culturel » a-t-il relevé.

On reconnait ce type de lien, a-t-il poursuivi « dans le pouvoir d’auto-organisation des religions, dans l’action caritative de chacun des membres des communautés de foi et dans les formes de solidarité portées en avant par les institutions religieuses dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation ».

« La présence et l’influence des principales religions du monde a souvent été un moyen pour transcender les limites subjectives de l’ordre juridique positiviste avec des normes morales objectives qui servent le bien commun de toute l’humanité ».

Selon l’Observateur permanent du Saint-Siège, reconnaître à la liberté religieuse son rôle de garant dans l’interrelation entre les divers droits fondamentaux suppose que « les pouvoirs publiques veillent à ce que la profession d’une religion ne limite pas l’accès à des droits civils ou à la participation politique et institutionnelle, ni ne soit utilisée pour nier aux individus ou aux communautés l’accès aux droits économiques, sociaux et culturels ».

« Les principes et règles qui régissent la défense des droits fondamentaux, grâce au Conseil pour les droits de l’homme et à ses efforts visant à proposer des procédures et des mécanismes justes, sont dans un processus de consolidation et montrent que la liberté religieuse et la liberté d’expression ne sont pas opposées : ces deux libertés relèvent de ces facultés intellectuelles qui sont propres à la personne humaine, à son action dans la sphère privée et publique ».

Devant cette situation, le conseil doit se sentir interpellé et « considérer les demandes concernant une éventuelle règlementation du phénomène religieux face à des cas de discrimination et de vraie diffamation à l’endroit des religions et des membres d’une religion ».

Ces demandes « montrent que l’action internationale et les initiatives prises à l’intérieur des Etats, sont appelées à garantir un juste équilibre dans l’exercice de ces deux droits, et donc à reconnaître que la liberté d’expression d’une croyance religieuse, quand elle est authentique, revêt un caractère publique, celle-ci contribuant à la cohésion sociale et donc à l’existence pacifique des peuples, minorités et majorités, croyants et non croyants, à l’intérieur d’un même pays ».

Le contexte social et politique approprié dans lequel il est possible de promouvoir et défendre tous les droits humains, « y compris celui de professer une religion, de changer de religion ou de la refuser », implique donc « que l’on accepte le fait que tous les droits de l’homme soient liés entre eux », et que l’on accepte que « les standards internationaux soient traduits sous forme de dispositions juridiques nationales au bénéfice de chaque personne, pour leur protection et pour leur liberté », a conclu Mgr Tomasi.

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