Quoi de plus contraire à la paix que de faire la guerre pour en finir avec la guerre?

Mgr Francisco Viti, archevêque de Huambo, Angola

CITE DU VATICAN, Mercredi 10 octobre 2001 (ZENIT.org) – Quoi de plus contraire à la paix que de faire la guerre pour en finir avec la guerre?, interrogeait Mgr Francisco Viti, archevêque de Huambo, en Angola. Il centrait son intervention sur le « service de l´Evangile pour l’espérance du monde » en tant que service « de la fraternité et de la solidarité dans la famille humaine ». Il parlait de « la paix intégrale, celle des enfants de Dieu », et rappelait: « Si tu veux la paix, va aux pauvres ».

« Illuminés par la foi, nous pouvons dire que notre vocation fondamentale et universelle, c´est l´acceptation reconnaissante du don miséricordieux de cette filiation divine adoptive dans le Christ et de cette fraternité entre nous, affirmait l´évêque. Une fraternité sans frontières, qui ne vient ni du sang, ni de la volonté de l´homme, ni d´une option sociale, mais plutôt de Dieu Lui-même. Le service de l´Evangile pour l’espérance du monde est, sans doute, celui de la fraternité et de la solidarité dans la famille humaine ».

Il précisait cette notion de « fraternité ». « Nécessaire au salut éternel, accessible à tous les hommes et femmes de bonne volonté, le chemin de la filiation divine adoptive est inséparablement lié à celui de la fraternité, disait l´évêque. En effet, dans sa liberté souveraine, le Seigneur a voulu que ceux qui aiment son Nom aiment également Son image ».

Il appuyait ce développement sur « la lecture de la Bible « : « Dès le début, le Dieu de la création se présente comme Dieu pour l´homme et avec l´homme. L´ayant créé à son image Il a fait de lui son premier amour sur la terre, la valeur numéro un du monde. L’Apôtre saint Paul présente le Sauveur du monde comme notre paix ».

Qu´est-ce donc que la paix? « La paix, nous le savons bien, c´est vivre-ensemble et agir-ensemble. Elle est acceptation réciproque et reconnaissance mutuelle, dans l’égalité de la dignité humaine. La paix est communion des coeurs unis dans la conscience d´une seule origine et dans l´effort concerté pour monter au sommet d´une seule destinée dans le temps présent, aussi bien qu´au-delà du temps, dans l’éternité ».

Et d´insister sur le service des pauvres et sur le dialogue: « Je parle de la paix intégrale, celle des enfants de Dieu. Elle est solidarité fraternelle que le Seigneur nous a gagnée sur le trône de la croix. Et quoi de plus contraire à la paix que de faire la guerre pour en finir avec la guerre? La guerre c´est la mort, c´est de la séparation, elle ne bâtira jamais le vivre-ensemble et moins encore l´agir ensemble. La paix est dialogue, c´est l’écoute réciproque et patiemment reprise, comme nous le dit Jean-Paul II dans ses Messages pour les Journées Mondiales de la Paix, tout spécialement dans celui de 1985, intitulé: « Si tu veux la paix, va aux pauvres ». Le dialogue fait partie de la sagesse des nations et révèle le sens de l´histoire ».

L´évêque proposait cette relecture du document de Jean-Paul II: « Le Saint Père fait référence à 150 conflits armés dans l´après-grande guerre mondiale. Ils n´ont pas conduit à la justice et moins encore à la paix. Pour faire la paix, les belligérants ont dû entrer en dialogue. Dès lors, quoi de plus contraire à la paix que la pratique de l´exclusion de l´adversaire et le refus du dialogue. Pour ceux qui veulent pérenniser la guerre, il y aura toujours des prétextes contre l´adversaire. Pourtant, des pays entiers vont être condamnés au dépeuplement, et des libertés fondamentales vont s’aliéner dans les mains des plus forts, mettant de grandes multitudes à la remorque de l´histoire. Dans un chapitre intitulé «The Wealth of knowledge», un historien de l’économie écrivait: «Institutions and culture first ; money next; but from the beginning and increasingly, the payoff was to knowledge», c´est-à-dire, institutions et culture d´abord; l´argent après: mais ce qui rapporte à la longue, c´est la connaissance ».

Il terminait sur l´importance de l´éducation: « Nous touchons ici un point névralgique de la dignité des peuples, aussi bien que de la Paix mondiale. En effet, l’éducation conditionne le progrès. Celui-ci est synonyme de Paix. Au nom des pauvres et de la solidarité évangélique, je vous prie, frères du monde «développé»: venez à notre aide. Edifions ensemb1e la Paix-Progrès, dans la fraternité solidaire ».