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« Que vos homélies parviennent au coeur des personnes »

Le pape ordonne 19 nouveaux prêtres (traduction intégrale)

« Que vos homélies ne soient pas ennuyeuses, que vos homélies parviennent vraiment au cœur des personnes parce qu’elles sortent de votre cœur » : c’est l’exhortation du pape aux dix-neuf nouveaux prêtres du diocèse de Rome qu’il a ordonnés le 26 avril 2015, IVe dimanche de Pâques et Journée mondiale de prière pour les vocations, en la basilique Saint-Pierre.

Pour l’homélie, le pape a prononcé les paroles suggérées par le rite d’ordination des prêtres, s’arrêtant pour en souligner quelques passages : « Quand vous célébrez la messe, reconnaissez donc ce que vous faites. Ne le faites pas en vitesse ! », a-t-il recommandé.

« Il ne faut jamais refuser le baptême à celui qui le demande !… Je vous demande de ne pas vous lasser d’être miséricordieux. Dans le confessionnal, vous serez là pour pardonner, et non pour condamner ! Imitez le Père qui ne se lasse jamais de pardonner », a-t-il ajouté.

Choisis parmi les hommes pour s’occuper « des affaires de Dieu », les nouveaux prêtres sont aussi appelés à être « attentifs à ne plaire qu’à Dieu et non à [eux]-mêmes. C’est triste un prêtre qui vit pour se plaire à lui-même, qui « fait le paon » ! », a fait observer le pape.

A.K.

Homélie du pape François

Très chers frères,

Voici nos fils qui ont été appelés à l’ordre du presbytérat. Cela nous fera du bien de réfléchir un peu à ce ministère auquel ils vont être élevés dans l’Église. Comme vous le savez bien, le Seigneur Jésus est le seul grand prêtre du Nouveau Testament mais, en lui, tout le peuple saint de Dieu a été aussi constitué peuple sacerdotal. Nous tous ! Néanmoins, parmi tous ses disciples, le Seigneur Jésus veut en choisir quelques-uns en particulier pour qu’en exerçant publiquement dans l’Église en son nom le service sacerdotal en faveur de tous les hommes, ils continuent sa mission personnelle de maître, prêtre et pasteur.

En effet, de même qu’Il avait été pour cela envoyé par le Père, de même il envoya à son tour dans le monde d’abord les apôtres et ensuite les évêques et leurs successeurs, auxquels furent enfin donnés comme collaborateurs les prêtres qui, unis à eux dans le ministère sacerdotal, sont appelés au service du peuple de Dieu.

Ils ont réfléchi à leur vocation et ils viennent maintenant recevoir l’ordre des prêtres. Et l’évêque prend un risque – il prend un risque ! – en les choisissant, comme le Père a pris un risque pour chacun de nous. Ils seront en effet configurés au Christ, grand prêtre éternel, c’est-à-dire qu’ils seront consacrés comme vrais prêtres du Nouveau Testament, et à ce titre, qui les unit à leur évêque dans le sacerdoce, ils seront des prédicateurs de l’Évangile, des pasteurs du peuple de Dieu, et ils présideront les actes de culte, en particulier dans la célébration du sacrifice du Seigneur.

Quant à vous, qui allez être promus à l’ordre du presbytérat, considérez qu’en exerçant le ministère de la Sainte Doctrine, vous partagerez la mission du Christ, l’unique maître. Donnez à tous cette Parole de Dieu que vous avez vous-mêmes reçue avec joie. Lisez et méditez assidûment la Parole du Seigneur pour croire à ce que vous aurez lu, enseigner ce que vous aurez appris dans la foi, vivre ce que vous aurez enseigné. Et que ceci soit la nourriture du peuple de Dieu ; que vos homélies ne soient pas ennuyeuses, que vos homélies parviennent vraiment au cœur des personnes parce qu’elles sortent de votre cœur, parce que ce que vous leur dites est ce que vous avez dans le cœur. C’est ainsi que l’on donne la Parole de Dieu et ainsi que votre doctrine sera la joie et le soutien des fidèles du Christ ; le parfum de votre vie sera un témoignage, parce que l’exemple édifie, mais les paroles sans exemple sont des paroles vides, ce sont des idées qui n’arrivent jamais au cœur et qui font même du mal ; elle ne font pas de bien ! Vous poursuivrez l’œuvre sanctificatrice du Christ. Par votre ministère, le sacrifice spirituel des fidèles est rendu parfait, parce qu’il est uni au sacrifice du Christ qui, par vos mains, au nom de toute l’Église, est offert de manière non sanglante sur l’autel dans la célébration des saints mystères.

Quand vous célébrez la messe, reconnaissez donc ce que vous faites. Ne le faites pas en vitesse ! Imitez ce que vous célébrez – ce n’est pas un rite artificiel, un rituel artificiel – pour qu’ainsi, en participant au mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur, vous portiez la mort du Christ dans vos membres et que vous marchiez avec lui dans une nouveauté de vie. Par le baptême, vous ajouterez de nouveaux fidèles au peuple de Dieu. Il ne faut jamais refuser le baptême à celui qui le demande ! Par le sacrement de la pénitence, vous remettrez les péchés au nom du Christ et de l’Église. Et moi, au nom de Jésus-Christ, le Seigneur, et de son Épouse, la sainte Église, je vous demande de ne pas vous lasser d’être miséricordieux. Dans le confessionnal, vous serez là pour pardonner, et non pour condamner ! Imitez le Père qui ne se lasse jamais de pardonner. Avec l’huile sainte, vous donnerez le soulagement aux infirmes. En célébrant les rites sacrés et en élevant, aux différentes heures du jour, votre prière de louange et de supplication, vous vous ferez la voix du peuple de Dieu et de l’humanité entière.

Conscients d’avoir été choisis parmi les hommes et constitués en leur faveur pour vous occuper des affaires de Dieu, exercez dans la joie et une charité sincère l’œuvre sacerdotale du Christ, attentifs à ne plaire qu’à Dieu et non à vous-mêmes. C’est triste un prêtre qui vit pour se plaire à lui-même, qui « fait le paon » !

Enfin, en participant à la mission du Christ, chef et pasteur, dans une communion filiale avec votre évêque, efforcez-vous d’unir les fidèles dans une unique famille – soyez les ministres de l’unité dans l’Église, dans la famille – pour les conduire à Dieu le Père par le Christ dans l’Esprit-Saint. Et ayez toujours devant les yeux l’exemple du Bon pasteur, qui n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, non pour rester dans son confort, mais pour sortir, chercher et sauver ce qui était perdu.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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