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Pèlerinage à Auschwitz de jeunes juifs, musulmans et chrétiens

« Mémoire de la paix », un geste « gratuit »

CITE DU VATICAN, Vendredi 30 mai 2003 (ZENIT.org) – L’archimandrite Emile Soufani, prêtre catholique, curé grec-melkite à Nazareth, arabe et Israélien, vient d’emmener des jeunes juifs, musulmans et chrétiens d’Israël et de Palestine, mais aussi de France et de Belgique, en pèlerinage à Auschwitz pour « briser la spirale de la haine ». Il a expliqué sa démarche au micro de Radio Vatican

Le P. Shoufani vient de recevoir le Prix Unesco 2003 pour l’éducation à la paix.
Parmi les participants à ce pèlerinage intitulé « Mémoire de la paix », 135 étaient juifs, 125 arabes d’Israël (25 chrétiens et 100 musulmans), ainsi que 200 pèlerins de France et de Belgique, dont 140 issus de familles mixtes – musulmanes et chrétiennes – ainsi qu’un groupe de journalistes. Le pèlerinage a commencé lundi dernier par une visite au Ghetto de Cracovie, à la grande synagogue de la ville, avant de prendre la route d’Auschwitz.

« Nous venons de la souffrance de cette situation, disait-il au micro de Radio Vatican. L’idée d’un pèlerinage est née justement parce que la souffrance des d’Israéliens et des palestiniens est toujours plus grande, parce que nous subissons la démolition de villes et de villages. Nous voulons briser la spirale de la mort, de l’action-réaction, des uns contre les autres, d’où il n’y a aucune issue, pour atteindre une autre dimension, oubliée: la dimension humaine, la dimension de l’histoire, qui peut ouvrir au dialogue ».

Le P. Soufani ajoutait: « C’est un geste gratuit, totalement gratuit. Nous sommes allés écouter ce que le peuple juif dit de son histoire, du drame de la Shoah, nous sommes allés pour comprendre, être solidaires, prendre sur nous cette souffrance. Nous voudrions être une porte qui ouvre au changement, à la transformation, une porte grande ouverte sur les deux parties: Israéliens et Palestiniens, sans chercher à voir qui doit faire le premier pas ».

Et de préciser: « On fait abstraction de la politique actuelle, non que nous soyons insensibles, mais nous ne voulons pas rester prisonniers dans sa logique bloquée sur la question de qui doit faire le premier pas. C’est justement dans cette dimension de notre faiblesse, de notre souffrance, que nous avons fait ce geste, un geste gratuit qui n’attend pas la réciprocité, mais veut seulement rejoindre l’autre et dialoguer avec lui. Nous avons vécu en ces jours un climat d’amour, de fraternité, d’attention aux survivants des camps d’extermination, et en même temps de désir de créer des liens entre des personnes différentes. Cela a été un climat extraordinaire ».

Le P. Shoufani est directeur de l’Institut arabo-israélien Saint-Joseph de Nazareth. Il est né en 1947. En 1988, il a mis sur pied un projet d’éducation à la paix, à la démocratie et à la coexistence, et il l’a introduite dans l’école qu’il dirigeait depuis 1976.

Il a tenté de réunir Arabes et Juifs, par exemple par le jumelage de son institut avec l’école juive Lyada de Jérusalem. Il a organisé des échanges d’étudiants, avec cette conviction que les différences culturelles et religieuses, loin de constituer un obstacle, devraient être considérées comme un chemin vers la paix.

Il voulait que ce pèlerinage à Auschwitz soit pour les jeunes Arabes un « geste libre, de force et de liberté ». « Au lieu qui incarne l’atrocité du génocide, Auschwitz-Birkenau, nous voulons, disait-il, montrer notre fraternité aux millions de victimes, en proclamant notre solidarité avec leurs fils et leurs filles ».

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