Paul VI a aimé l’Eglise « d’un amour passionné »

Homélie de Benoît XVI à Brescia, le 8 novembre 2009

ROME, Lundi 9 novembre 2009 (ZENIT.org) – Paul VI a aimé l’Eglise « d’un amour passionné » et il a « cherché de toutes ses forces » à la faire « comprendre et aimer », a fait observer Benoît XVI lors de la messe qu’il a présidée, dimanche à Brescia, sur le parvis de la cathédrale, place Paul VI, sous la pluie mais en présence d’une foule nombreuse.  

Le pape Benoît XVI a effectué dimanche une visite à Brescia, dans le Nord de l’Italie, où il a été accueilli par l’évêque, Mgr Luciano Monari et les autorités civiles, militaires et religieuses. Une visite sur les pas de Paul VI, Giovanni Battista Montini (1897-1979), et de saint Archange Tadini (1846-1912), canonisé par Benoît XVI en avril dernier. La visite marquait aussi le 30e anniversaire de la mort de Paul VI, dans la cadre de l’année sacerdotale. 

Le pape a insisté sur cette passion de Jean-Baptiste Montini pour l’Eglise et son rapport au monde : « A toutes les saisons de sa vie », « depuis ses premières années de sacerdoce jusqu’au pontificat », il a eu le souci du « dialogue de l’Eglise avec l’humanité de notre temps ».  

Benoît XVI a souligné la très grande actualité de « la réflexion du pape Montini sur l’Eglise » et de « l’exemple de son amour pour elle », si « précieux », et « inséparable de son amour du Christ ».  

Il s’est même exclamé : « Quel don inestimable pour l’Eglise que la leçon du Serviteur de Dieu Paul VI ! Et comme il est enthousiasmant de se remettre à chaque fois à son école ! C’est une leçon qui nous concerne et nous engage tous, selon les différents dons et ministères dont le Peuple de Dieu est riche, par l’action de l’Esprit Saint ».  

« Il a consacré toutes ses énergies au service d’une Eglise qui soit la plus conforme possible à son Seigneur, Jésus Christ, de façon à ce qu’en la rencontrant, l’homme contemporain puisse le rencontrer, Lui, parce qu’il a absolument besoin de Lui », a ajouté Benoît XVI qui soulignait aussi l’importance de ce même message dans le Concile Vatican II : « Telle est l’aspiration fondamentale du Concile Vatican II, auquel correspond la réflexion du pape Paul VI sur l’Eglise ».  

Et cette réflexion, Paul VI l’a concentrée dans sa première encyclique, « Ecclesiam Suam », du 6 août 1964, alors que les constitutions conciliaires « Lumen gentium » et « Gaudium et spes » n’avaient « pas encore vu le jour », souligne Benoît XVI. 

Il a expliqué  les raisons d’une telle encyclique, « programmatique » : « Le pontife se proposait d’expliquer à tous l’importance de l’Eglise pour le salut de l’humanité et, en même temps, l’exigence qu’entre la communauté ecclésiale et la société s’établisse un rapport de connaissance mutuelle et d’amour ». 

Une doctrine qui se résume en trois mots : « Conscience », « renouveau », « dialogue » , qui, « tous les trois » concernent « l’Eglise ».  

Benoît XVI a souligné chez Paul VI cette « exigence » d’approfondir « la conscience » que l’Eglise « a d’elle-même » : « origine, nature, mission, destin final », mais aussi « son besoin de se renouveler et de se purifier en regardant le modèle qu’est le Christ » et enfin, « le problème de ses relations avec le monde moderne ». 

Le pape a voulu s’adresser, en cette année sacerdotale, à ses « frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce » pour demander : « Comment ne pas voir que la question de l’Eglise, de sa nécessité dans le dessein de salut et de son rapport avec le monde, reste aujourd’hui absolument central ? Que, plus encore, les développements de la sécularisation et de la mondialisation, l’ont rendue encore plus radicale, dans la confrontation avec l’oubli de Dieu, d’une part, et avec les religions non chrétiennes, de l’autre ? »  

Cet héritage de Paul VI concerne spécialement « les prêtres auxquels le pape Montini a toujours réservé une affection et une sollicitude spéciale », a fait observer Benoît XVI avant d’ajouter : « Je dédie ces paroles aux nombreux prêtres du diocèse de Brescia, bien représentés ici, ainsi qu’aux jeunes qui sont en formation au séminaire ».  

Il a aussi rappelé  les paroles de Paul VI aux étudiants du séminaire lombard le 7 décembre 1968, à un moment où « les difficultés de l’après-concile s’ajoutaient aux ferments du monde des jeunes »: « Tant attendent du pape, a-t-il dit, des gestes éclatants, des interventions énergiques et décisives. Le pape ne considère pas qu’il doit suivre une autre ligne que celle de la confiance en Jésus Christ, qui tient à son Eglise plus que n’importe qui d’autre. Ce sera lui qui apaisera la tempête (…). Il ne s’agit pas d’une attente stérile ou inerte : au contraire, d’une attente vigilante dans la prière. C’est la condition que Jésus a choisie pour nous, afin qu’Il puisse agir en plénitude. Le pape aussi a besoin d’être aidé par la prière ».  

Anita S. Bourdin

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