ONU: Les droits des travailleurs immigrés et des porteurs de handicap

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Intervention de Mgr Martin à Genève

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CITE DU VATICAN, Jeudi 16 mai 2002 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège défend à l´ONU à Genève les droits des travailleurs immigrés et des porteurs de handicap.
A l´occasion du débat sur les droits des « groupes particuliers » lors de la 58e session de la Commission des Droits de l´Homme des Nations unies, qui s´est déroulée à Genève du 18 mars au 26 avril 2002, Mgr Darmuid Martin, Observateur permanent du Saint-Siège, a prononcé le 24 avril l´intervention suivante, dans la traduction de L´Osservatore Romano en français du 14 mai (cf. vatican.va):

Monsieur le Président,

Ma délégation désire faire un bref commentaire sur la façon dont une vision fondée sur les droits de l´homme peut promouvoir la dignité et accroître les opportunités de deux groupes spécifiques de personnes: les travailleurs immigrés et les personnes handicapées.

1. La migration deviendra inévitablement l´une des caractéristiques d´une économie mondialisée. Il est donc nécessaire d´intensifier et de mieux coordonner la réflexion sur le thème de la migration au niveau international. De nombreux gouvernements, confrontés à des défis liés aux changements dans la migration, élaborent actuellement de nouvelles mesures législatives. Nous avons besoin d´un protocole d´encadrement fondé sur les droits de l´homme et s´inscrivant sur le long terme qui puisse être utilisé pour inspirer et pour évaluer ces législations nationales.

Une première condition nécessaire pour un protocole d´encadrement fondé sur les droits de l´homme et s´inscrivant sur le long terme est qu´il s´ancre sur une image positive de la migration.
Les législations fondées avant tout sur le contrôle et la répression des abus – qui sont des dimen-sions sans aucun doute nécessaires – ne pourront jamais saisir dans le concept de migration l´opportunité qu´elle représente. La migration est aujourd´hui une opportunité, tout comme elle l´était par le passé pour tant de personnes et de familles. La migration peut offrir de nouvelles opportunités aux personnes qui s´installent dans un nouveau pays pour une période plus ou moins longue. Si elle est gérée avec efficacité, la migration offre de nouvelles opportunités à l´économie du pays d´accueil, tout en représentant un facteur d´enrichissement pour sa société.

Les politiques qui exploitent sans scrupule la peur des migrants ne sont pas dignes des sociétés éclairées. « Par d´amères expériences, nous savons donc que la peur de la « différence », surtout quand elle s´exprime dans un nationalisme étroit et exclusif qui nie tout droit à l´ »autre », peut conduire véritablement à l´horreur de la violence et de la terreur » (Discours du Pape Jean-Paul II lors de la 50 Assemblée générale des Nations unies, 5 octobre 1995, n. 9; cf. ORLF n. 41 du 10 octobre 1995). De telles politiques sans scrupules vont également de plus en plus à l´encontre du but recherché.
L´économie mondialisée d´aujourd´hui a plutôt besoin de cadres juridiques créatifs et de coopération entre les Etats, qui protègent la dignité des travailleurs immigrés et qui facilitent leur libre choix de rester ou de rentrer dans leur pays d´origine. A cet égard les politiques de rapprochement familial sont importantes, ainsi que les accords bilatéraux et multilatéraux efficaces sur la santé, les retraites et la sécurité sociale.

D´autre part, les migrants, qui ne bénéficient pas d´une protection sociale, – que ce soit à cause des imperfections du système juridique ou du fait qu´ils sont sans-papiers – sont parmi les catégories les plus vulnérables dans le monde d´aujourd´hui. La Conférence de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l´intolérance a attiré l´attention sur le fait que les migrants sont très souvent particulièrement vulnérables au racisme, à l´intolérance raciste et à la violence.

Dans le vaste cadre de la migration, le phénomène du trafic d´êtres humains constitue une triste et grave caractéristique de notre société contemporaine, revêtant la forme d´un esclavage moderne.
Des gangs criminels sans scrupules traitent et vendent des êtres humains au sein de réseaux complexes d´esclavage moderne, parfois dans des conditions inimaginables. Arrivés à leur destination finale, d´autres réseaux criminels qui contrôlent leurs conditions de travail les font souvent sombrer plus encore dans l´esclavage.
A cause de leur situation juridique illégale, ils n´ont parfois pas de moyens réels d´échapper à leur sort. Une image positive de la migration exige une lutte plus cohérente au niveau international contre de telles organisations criminelles.

2. Le Saint-Siège salue l´intérêt accru pour les droits de l´homme concernant les porteurs de handicap, comme cela a été montré par le travail du Rapporteur spécial sur le Handicap et par le Bureau du Haut-Commissaire pour les Droits de l´Homme. Le Saint-Siège souligne l´importance de la Résolution de l´Assemblée générale en vue d´une Convention pour promouvoir et protéger les droits et la dignité des porteurs de handicap. Un appel international renouvelé pour le respect scrupuleux de la dignité inaliénable des porteurs de handicap est d´autant plus urgente dans un monde dans lequel la valeur de la vie elle-même est parfois mesurée en termes purement utilitaires.

Souhaitons que la nouvelle Convention internationale devienne donc un document important qui établira des normes, facilitera la prise en compte des préoccupations des porteurs de handicap et inspirera des politiques de protection sociale adéquates. De cette façon, la Convention pourra devenir un moyen de renforcer une compréhension des droits humains qui promeuve la dignité humaine et augmente les possibilités d´épanouissement de tous les êtres humains.

© L´Osservatore Romano

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ZENIT Staff

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