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Le pape François, salle Paul VI

« Personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu! » (traduction complète)

La Semaine de prière pour l’unité et la miséricorde

« Repartir du baptême veut dire retrouver la source de la miséricorde, source d’espérance pour tous, parce que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu. Personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu! », s’exclame le pape François.

Le pape a en effet consacré sa catéchèse à la fois à la miséricorde, et à l’unité des chrétiens, ce mercredi 20 janvier, en la salle Paul VI du Vatican, à partir de la citation choisie pour cette semaine : « Vous avez obtenu miséricorde » (1 Pierre).

Le pape a voulu répéter deux fois, en italien: « Personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu! »

« Par le baptême nous avons reçu la miséricorde de Dieu », a insisté le pape.

Par le baptême, a-t-il fait observer, les chrétiens sont des « frères » et « la miséricorde de Dieu, qui agit dans le baptême, est plus forte » que les « divisions ».

C’est pourquoi les chrétiens ont la mission de « transmettre ensemble » – catholiques orthodoxes, protestants -, la miséricorde de Dieu « partout dans le monde ».

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse.

A.B.

Catéchèse du pape François en italien

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous avons écouté le texte biblique qui guide, cette année, la réflexion de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui va du 18 au 26 janvier : cette semaine. Ce passage de la première Lettre de saint Pierre a été choisi par un groupe œcuménique de Lettonie, qui en avait été chargé par le Conseil œcuménique des Églises et par le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Au centre de la cathédrale luthérienne de Riga, se trouvent des fonts baptismaux qui remontent au XIIe siècle, à l’époque où la Lettonie fut évangélisée par saint Ménard. Ces fonts sont le signe éloquent d’une foi dont l’origine est reconnue par tous les chrétiens de Lettonie, catholiques, luthériens et orthodoxes. Cette origine est notre baptême commun. Le concile Vatican II affirme que « le baptême constitue donc le lien sacramentel d’unité existant entre tous ceux qui ont été régénérés par lui » (Unitatis redintegratio, 22). La première Lettre de Pierre est adressée à la première génération de chrétiens pour les rendre conscients du don reçu dans le baptême et des exigences qu’il comporte. Nous aussi, en cette Semaine de prière, nous sommes invités à redécouvrir tout cela, et à le faire ensemble, en allant au-delà de nos divisions.

Partager le baptême signifie avant tout que nous sommes tous pécheurs et que nous avons besoin d’être sauvés, rachetés et libérés du mal. C’est cet aspect négatif que la première Lettre de Pierre appelle « ténèbres » quand elle parle de « celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière » (1 P 2,9). Il s’agit de l’expérience de la mort, que le Christ a faite sienne et qui est symbolisée dans le baptême par le fait qu’on est immergé dans l’eau, avant d’en ressortir, symbole de la résurrection à la vie nouvelle dans le Christ. Lorsque nous, chrétiens, disons que nous partageons un seul baptême, nous affirmons que tous – catholiques, protestants et orthodoxes – nous partageons l’expérience d’être appelés des ténèbres impitoyables et aliénantes pour aller à la rencontre du Dieu vivant, plein de miséricorde. En effet, malheureusement, nous faisons tous l’expérience de l’égoïsme qui génère divisions, fermetures et mépris. Repartir du baptême veut dire retrouver la source de la miséricorde, source d’espérance pour tous, parce que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu. Personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu!

Le partage de cette grâce crée un lien indissoluble entre nous, chrétiens, de sorte qu’en vertu du baptême, nous pouvons nous considérer tous réellement comme des frères. Nous sommes réellement le peuple saint de Dieu même si, à cause de nos péchés, nous ne sommes pas encore un peuple pleinement uni. La miséricorde de Dieu, qui agit dans le baptême, est plus forte que nos divisions. Dans la mesure où nous accueillons la grâce de la miséricorde, nous devenons toujours plus pleinement le peuple de Dieu et nous devenons aussi capables d’annoncer à tous ses œuvres merveilleuses, justement à partir d’un témoignage d’unité simple et fraternel. Nous qui sommes chrétiens, nous pouvons annoncer à tous la force de l’Évangile en nous engageant à partager les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Et c’est un témoignage concret d’unité entre nous, chrétiens protestants, orthodoxes et catholiques.

En conclusion, chers frères et sœurs, nous tous qui sommes chrétiens, par la grâce du baptême, nous avons obtenu miséricorde de la part de Dieu et nous avons été accueillis dans son peuple. Tous, catholiques, orthodoxes et protestants, nous formons un sacerdoce royal et une nation sainte. Cela signifie que nous avons une mission commune, qui est de transmettre aux autres la miséricorde reçue, en commençant par les plus pauvres et les plus abandonnés. Pendant cette Semaine de prière, prions afin que tous, disciples du Christ, nous trouvions le moyen de collaborer pour porter la miséricorde du Père partout sur la terre.

© Traduction de Zenit, Constance Roques

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