« Notre relation avait touché le fond… mais elle a été évangélisée »

L’association « Retrouvailles » pour les couples en Afrique du Sud

« En 2008, après 21 ans de mariage, notre relation avait touché le fond… [aujourd’hui] grâce à Retrouvailles, notre relation matrimoniale a été évangélisée », témoignent Stephen et Sandra Conway, le 8 octobre 2014, devant les Pères synodaux. L’évangélisation du couple, c’est « retrouver la joie du mariage, en mettant l’accent sur l’attitude du NOUS par opposition à celle du MOI ou du JE ».

La sixième Congrégation générale du synode extraordinaire sur la famille s’est ouverte avec le témoignage des époux Stephen et Sandra Conway, originaires d’Afrique du Sud, responsables régionaux pour l’Afrique de « Retrouvailles » et présents au synode à titre d’auditeurs.

Retrouvailles est une organisation qui aide les couples blessés dans le monde depuis trente-cinq ans, accueillant quelque 10.000 couples par an, de toutes confessions religieuses. Stephen et Sandra Conway eux-mêmes en ont bénéficié : « En 2008, après 21 ans de mariage, notre relation avait touché le fond… [aujourd’hui] je suis une personne différente parce que, grâce à Retrouvailles, notre relation matrimoniale a été évangélisée. »

Le programme de Retrouvailles « envisage les quatre étapes du mariage : la période romantique, la déception, la misère et la joie », expliquent-ils : « La plupart des couples restent bloqués entre l’étape de la déception et celle de la misère. C’est à l’étape de la misère que beaucoup jettent l’éponge. Notre but est d’équiper les couples d’outils et de techniques pour retrouver la joie du mariage. »

Stephen et Sandra évoquent aussi les conséquences des séparations sur les enfants : « le meilleur cadeau que des couples puissent faire à leurs enfants est de décider de s’aimer, de mettre leur vie de couple marié en premier et de rester unis dans toute décision qui implique leurs enfants ».

Ils soulignent aussi les difficultés des couples remariés « qui se sentent perdus ou lésés parce qu’il ne peuvent pas participer à l’Eucharistie » : « Si Dieu est celui qui pardonne ultimement et s’il est plein de compassion, ces couples devraient pouvoir se faire pardonner leurs fautes passées ; cependant n’étant pas capables de participer à la communion, cela leur rappelle constamment ces relations ou ces erreurs du passé et les maintient dans la culpabilité. »

A.K.

Témoignage de Stephen et Sandra Conway

Bonjour ! Nous sommes Stephen et Sandra Conway, les coordinateurs de Retrouvailles en Afrique. Retrouvailles est une organisation qui aide des couples blessés qui participent souvent à notre programme en dernier recours, avant de se séparer ou de divorcer.

Nous avons été invités à partager nos expériences sur les situations pastorales difficiles, en particulier les situations familiales et les unions de personnes du même sexe.

En 2008, après 21 ans de mariage, notre relation avait touché le fond. Je suis allée voir mon médecin, mais je n’ai pas trouvé de réponse. J’ai essayé de parler avec des membres de ma famille qui m’ont donné des conseils. Je suis allée voir un prêtre que je connaissais, qui a écouté ma blessure et m’a donné une brochure sur Retrouvailles. Cela fait maintenant 6 ans, je suis une personne différente parce que, grâce à Retrouvailles, notre relation matrimoniale a été évangélisée. À travers Retrouvailles, l’Église est devenue la « maison du Père, aux portes grandes ouvertes, un lieu pour nous avec nos problèmes ».

Notre programme de trois mois commence par un week-end résidentiel suivi de 12 sessions. Nous sommes ouverts à tous les couples, quelle que soit leur croyance religieuse.

Nous sommes souvent contactés par des couples qui vivent ensemble depuis de nombreuses années, qui ont des enfants mais qui ne sont pas encore mariés. D’autres ont été mariés avant et ont peur de refaire les mêmes erreurs. Nous avons aussi des couples mariés pour la seconde fois mais qui ont apporté les problèmes de leur premier mariage dans le second. Cependant, la majorité des couples sont mariés pour la première fois et ils arrivent à nos week-ends totalement déçus et souvent au bord du divorce.

Qu’est-ce qui pousse les couples à suivre notre programme ? Des difficultés financières, l’infidélité et des soucis liés à l’origine des familles sont les problèmes habituels qui aboutissent à ce que nous appelons « une vie matrimoniale de célibataires », des couples mariés mais qui font tout séparément. Souvent, ce style de vie matrimoniale de célibataires commence imperceptiblement mais avec le temps, un fossé se creuse au sein du couple et ils s’éloignent l’un de l’autre.

Notre programme envisage les quatre étapes du mariage : la période romantique, la déception, la misère et la joie. La plupart des couples restent bloqués entre l’étape de la déception et celle de la misère. C’est à l’étape de la misère que beaucoup jettent l’éponge. Notre but est d’équiper les couples d’outils et de techniques pour retrouver la joie du mariage, en mettant l’accent sur l’attitude du NOUS par opposition à celle du MOI ou du JE, que l’on trouve dans la vie matrimoniale de célibataires. Nous expliquons que l’amour est une décision et non un sentiment, comme le sont aussi la confiance et le pardon. Nous encourageons aussi au pardon qui libère la partie blessée. Nous utilisons la parabole du Fils prodigue pour montrer que, de même que le Père a pardonné à son fils, nous aussi nous pouvons nous pardonner à nous-mêmes et à l’autre les blessures du passé et nous pouvons rentrer à la maison du Père, c’est-à-dire retourner à l’Église et rentrer chez nous. Nous pouvons être le Père qui pardonne, en prenant la décision de pardonner. Nous pouvons aussi être le fils pardonné, en recevant le pardon qui nous est offert par notre époux ou notre épouse.

Les enfants sont très marqués par un mariage difficile. Nous avons dans notre équipe quelques enseignants qui partagent souvent sur la souffrance et la blessure des enfants de parents séparés, divorcés ou d’un mariage malheureux. Nous insistons sur le fait que le meilleur cadeau que des couples puissent faire à leurs enfants est de décider de s’aimer, de mettre leur vie de couple marié en premier et de rester unis dans toute décision qui implique leurs enfants. Cela nous encourage de recevoir des lettres d’enfants dont les parents ont suivi le programme et qui nous remercient pour leur ‘nouveau’ papa et leur ‘nouvelle’ maman.

Nous avons rencontré des couples remariés qui se sentent perdus ou lésés parce qu’il ne peuvent pas participer à l’Eucharistie. Par exemple, un couple qui s’est marié en dehors de l’Église catholique. La femme n’était pas catholique et a rejoint un parcours de catéchuménat pour se convertir. Comme c’était son second mariage, elle a dû faire une demande de nullité de son premier mariage. Elle a été déçue de l’Église et, avec son mari, ils ont quitté leur paroisse, après avoir suivi un chemin de catéchuménat pendant deux ans, sans avoir obtenu la nullité du premier mariage.

Si Dieu est celui qui pardonne ultimement et s’il est plein de compassion, ces couples devraient pouvoir se faire pardonner leurs fautes passées ; cependant n’étant pas capables de participer à la communion, cela leur rappelle constamment ces relations ou ces erreurs du passé et les maintient dans la culpabilité.

Nous avons aussi eu des demandes de la part de couples du même sexe de participer à Retrouvailles. Nous parlons vraiment avec ces personnes et nous essayons de leur manifester de la compréhension et de la compassion. Toutefois, nous expliquons que notre programme est présenté par des équipes de maris et femmes et que nos témoignages et nos expériences ne se rapporteraient pas à ceux de personnes de même sexe mariées ou vivant ensemble. Nous avons une liste de conseillers professionnels qui offrent leurs services aux couples de personnes du même sexe et nous leur donnons ces informations.

Retrouvailles aide les habitants de Durban, en Afrique du Sud, depuis quinze ans et les communautés dans le monde depuis trente-cinq ans. Environ 10.000 couples par an participent à nos programmes dans le monde, 90% d’entre eux à peu près renoncent à divorcer, parfois au dernier moment. Merci de nous avoir écoutés.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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