Nicaragua : Les évêques demandent au président de ne pas manipuler la religion

ROME, Jeudi 18 juin 2009 (ZENIT.org) – Les évêques du Nicaragua ont répondu à l’invitation à la prière du président Daniel Ortega, lui suggérant par la même occasion de gouverner pour tous les habitants du pays, sans prendre la religion comme bouclier et en agissant de manière « honnête et transparente ».

L’évêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio Báez Ortega, a rappelé que prier ne « dispense » pas de parler, car « ceux qui prient vivent dans la vérité, et ont donc le devoir d’élever leurs voix en faveur de la vérité, de travailler pour la justice et de dénoncer les situations où Dieu n’est pas présent ».

Mgr Báez a recommandé au président Ortega d’apprendre à « écouter » et d’ « avoir la noblesse de cœur pour faire un examen de conscience et de développer la capacité d’autocritique », car toute institution humaine dépourvue d’autocritique chemine vers l’ « autodestruction ».

L’évêque déplore également un regain de tension entre le pouvoir exécutif et la conférence épiscopale, estimant que le peuple est celui qui en subira les conséquences.

Pour sa part, l’évêque d’ Estelí Abelardo Mata a invité le président à gouverner pour tout le pays « sans utiliser la religion comme bouclier, en étant honnête et transparent ». « Que l’argent ne soit pas destiné à une famille ou a une personne, mais au peuple qui a le droit de savoir quel argent on est en train de manier en son nom », a-t-il souligné.

Il a rappelé en même temps que l’Eglise est formée d’hommes et non d’anges et qu’elle est donc en devoir de lutter pour la vérité et la justice. Sans plus de détails, il reproche au chef de l’état d’avoir « manipulé » la prière de saint François.

L’archevêque de Managua, Mgr Leopoldo José Brenes s’est dit « très heureux » de savoir que le président Ortega est un homme de prière, comme il l’a montré avec la prière du saint d’Assise, qui invite à mettre de côté la haine pour bâtir une société de paix et de fraternité.

L’Eglise préfère toutefois les prières en silence, sans haut-parleurs ni propagande, a-t-il souligné, déplorant que la demande de dialogue présentée par les évêques du pays au gouvernement n’ait pas encore reçu de réponse et démentant d’être en communication constante avec la first lady, comme le président nicaraguayen avait déclaré il y a quelques semaines.

Mgr Brenes a présidé lundi, avec tous les évêques, le premier congrès national sur l’influence de saint Paul sur les catholiques, organisé au séminaire national de Fatima.

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