Myanmar et Bangladesh : le pape rencontrera des Rohingyas

Point presse de Greg Burke

Des Rohingyans déplacés WIKIMEDIA COMMONS - DFID - UK Department for International Development

Des Rohingyans déplacés WIKIMEDIA COMMONS - DFID - UK Department for International Development

Le 21e voyage apostolique du pape François au Myanmar (Birmanie) et au Bangladesh, du 26 novembre au 2 décembre 2017, verra deux événements non prévus au programme initial, a indiqué Greg Burke : une entrevue avec le chef de l’armée birmane et la présence de Rohingyas lors d’une rencontre à Dhaka. Présentant ce déplacement au Vatican le 22 novembre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a évoqué particulièrement sa valeur interreligieuse.

Le pape, a-t-il dit, apportera dans ces deux pays un message de réconciliation, de pardon et de paix. Dans cette optique, il aura une rencontre privée, le 30 novembre, avec le général Min Aung Hlaing. C’est le cardinal Charles Bo, l’archevêque de Yangon, en rencontrant le pape François le 18 novembre dernier, qui a souhaité cette entrevue. Le but, a-t-il expliqué, est « non pas de promouvoir ce que [le général] a fait, mais d’avoir un dialogue avec lui… Peut-être pourrait-il adoucir son cœur et peut-être que cela pourrait être le premier pas vers la paix ».

Greg Burke a aussi indiqué qu’un groupe de réfugiés rohingyas sera présent à la rencontre œcuménique et interreligieuse pour la paix prévue le 1er décembre à Dhaka, au Bangladesh. Une participation d’autant plus délicate que le nom de ces musulmans sunnites de langue bengalie qui vivent à nord-ouest de l’État de Rakhine au Myanmar, est très controversé. Le gouvernement a interdit l’utilisation du terme et a également demandé à la communauté diplomatique de ne pas l’utiliser.

Dans les deux pays, a encore précisé Greg Burke, le pape se déplacera en papamobile fermée non blindée. Il logera à l’archevêché de Yangon et au siège de la nonciature apostolique à Dhaka.

Pour ce troisième voyage en Asie, après la Corée (août 2014) et le Sri Lanka ainsi que les Philippines (janvier 2015), Greg Burke fait observer à Radio Vatican qu’il s’agit d’une visite « dans les périphéries », dans des pays lointains où la communauté catholique est « très petite ». Au Myanmar, elle représente moins d’1,5% de la population, avec environ 700.000 fidèles. Le Bangladesh est quant à lui à 90% à musulman et 8% hindou, la minorité restante étant les chrétiens, bouddhistes, et religions traditionnelles.

La dimension « interreligieuse » de ces deux étapes sera dont « très importante », souligne le directeur du Bureau de presse : « le Myanmar est en grande partie, un pays bouddhiste. Et le Bangladesh est un pays officiellement islamique. Ici aussi le pape veut montrer, à nouveau, la signification de la religion pour la paix et pour la réconciliation ».

Entreprendre ces déplacements est aussi « une grande aide » pour les catholiques, « une façon de les renforcer dans leur foi », ajoute-t-il. « Dans les deux pays, il est intéressant que le pape conclue sa visite par la rencontre avec les jeunes. Des petites communautés catholiques aussi, l’on peut tirer un sentiment de grande espérance. »

Rappelant que le Bangladesh est passé récemment d’un pays « sous-développé » à un pays « en voie de développement », Greg Burke met en relief l’encouragement du pape « à des terres aussi pauvres ».

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

FAIRE UN DON

Si cet article vous a plu, vous pouvez soutenir ZENIT grâce à un don ponctuel

Abonnez-vous au service quotidien de ZENIT par courriel

Des informations sur le pape François et l'Eglise chaque jour par courriel

Merci de vous être abonné!