Les divisions entre chrétiens, blessent l’Église, le Christ, et nous-mêmes

Les remèdes dans la catéchèse de ce 8 octobre (texte intégral)

« Les divisions entre chrétiens, tout en blessant l’Église, blessent le Christ, et nous-mêmes », fait oserver le pape François dans sa catéchèse de cemercredi matin, place Saint-Pierre, sur l’unité de l’Eglise.

Il identifie les causes des divisions: « d’une manière ou d’une autre, derrière ces déchirures, il y a toujours l’orgueil et l’égoïsme, qui sont la cause de tout désaccord et qui nous rendent intolérants, incapables d’écouter et d’accepter ceux qui ont une vision ou une position différente de la nôtre ».

Il recommande aussi les remèdes: la prière et un « changement d’attitude »: « ne pas nous fermer au dialogue et à la rencontre », mais « saisir tout ce qui nous est offert de valide et de positif, même de la part de personnes qui pensent différemment de nous ou qui adoptent des positions différente ».

Il indique le chemin: « L’histoire nous a séparés, mais nous sommes en chemin vers la réconciliation et la communion. »

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse donnée en italien.

A.B.

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans les dernières catéchèses, nous avons cherché à mettre en lumière la nature et la beauté de l’Église et nous nous sommes demandé ce que signifie, pour chacun de nous, faire partie de ce peuple, le peuple de Dieu qu’est l’Église. Nous ne devons pourtant pas oublier qu’il y a beaucoup d’autres frères qui partagent avec nous la foi dans le Christ, mais qui appartiennent à d’autres confessions ou à des traditions différentes de la nôtre. Nombreux sont ceux qui se sont résignés à cette division – dans notre Église catholique aussi, on s’est résigné – qui, dans le cours de l’histoire, a été souvent cause de conflits et de souffrances, et même de guerre, et c’est une honte ! Aujourd’hui encore, nos rapports ne sont pas toujours emprunts de respect et de cordialité… Mais, je m’interroge : nous-mêmes, comment nous situons-nous face à tout cela ? Sommes-nous aussi résignés, sinon carrément indifférents à cette division ? Ou bien croyons-nous fermement que l’on peut et que l’on doit cheminer en direction de la réconciliation et de la pleine communion ? La pleine communion, c’est-à-dire pouvoir participer tous ensemble au corps et au sang du Christ.

Les divisions entre chrétiens, tout en blessant l’Église, blessent le Christ, et nous-mêmes, étant divisés, nous infligeons une blessure au Christ : l’Église est en effet le corps dont le Christ est la tête. Nous savons bien que Jésus tenait à ce que ses disciples restent unis dans son amour. Il suffit de penser à ses paroles, rapportées dans le chapitre 17 de l’Évangile de Jean, la prière adressée à son Père à l’approche de sa passion : « … » (Jn, 17,11). Cette unité était déjà menacée lorsque Jésus était encore avec les siens : dans l’Évangile, en effet, on rappelle que les apôtres discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand, le plus important (cf. Lc 9,46). Mais le Seigneur a beaucoup insisté sur l’unité au nom du Père, nous faisant comprendre que notre annonce et notre témoignage seront d’autant plus crédibles que nous serons les premiers capables de vivre en communion et de nous aimer  C’est ce que ses apôtres, avec la grâce de l’Esprit-Saint, comprirent ensuite profondément et qu’ils eurent à cœur au point que saint Paul en viendra à implorer la communauté de Corinthe par ces paroles : « … » (1 Co, 1,10).

Au long de son chemin dans l’histoire, l’Église est tentée par le malin, qui cherche à la diviser, et malheureusement elle a été marquée par de graves et douloureuses séparations. Ce sont des divisions qui parfois ont duré longtemps, jusqu’à aujourd’hui, c’est pourquoi il est désormais difficile d’en reconstruire toutes les motivations et surtout de trouver des solutions possibles. Les raisons qui ont conduit à ces fractures et à ces séparations peuvent être les plus diverses : des divergences sur des principes dogmatiques  et moraux ou sur des conceptions théologiques et pastorales différentes, en passant par les motifs politiques et de convenance, et jusqu’aux affrontements dus à des antipathies et à des ambitions personnelles… Ce qui est certain, c’est que, d’une manière ou d’une autre, derrière ces déchirures, il y a toujours l’orgueil et l’égoïsme, qui sont la cause de tout désaccord et qui nous rendent intolérants, incapables d’écouter et d’accepter ceux qui ont une vision ou une position différente de la nôtre.

Maintenant, face à cela, y a-t-il quelque chose que chacun de nous, en tant que membre de notre sainte mère l’Église, puisse ou doive faire ? La prière est certainement nécessaire, en continuité et en communion avec celle de Jésus, la prière pour l’unité des chrétiens. Et avec la prière, le Seigneur nous demande une nouvelle ouverture : il nous demande de ne pas nous fermer au dialogue et à la rencontre, mais de saisir tout ce qui nous est offert de valide et de positif, même de la part de personnes qui pensent différemment de nous ou qui adoptent des positions différentes. Il nous demande de ne pas fixer notre regard sur ce qui nous divise, mais plutôt sur ce qui nous unit, en cherchant à mieux connaître et aimer Jésus et à partager la richesse de son amour. Et ceci implique concrètement notre adhésion à la vérité, avec la capacité de nous pardonner, de nous sentir participant de la même famille chrétienne, de nous considérer comme un don les uns pour les autres et de faire ensemble beaucoup de bonnes choses et des œuvres de charité.

C’est une souffrance, mais il y a des divisions, il y a des chrétiens divisés, nous sommes divisés. Mais nous avons tous quelque chose en commun : nous croyons tous en Jésus-Christ, le Seigneur. Nous croyons tous dans le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, et nous cheminons tous ensemble, nous sommes en chemin. Aidons-nous mutuellement ! Mais toi, tu penses comme cela, tu penses comme cela… Dans toutes les communautés, il y a de bons théologiens : qu’ils discutent, qu’ils cherchent la vérité théologique parce que c’est un devoir, mais nous, marchons ensemble, en priant les uns pour les autres et en faisant des œuvres de charité. Et ainsi nous faisons la communion en chemin. C’est ce que l’on appelle l’œcuménisme spirituel : cheminer sur le chemin de la vie tous ensemble dans notre foi en Jésus-Christ notre Seigneur. On dit qu’il ne faut pas dire de choses personnelles, mais je ne résiste pas à la tentation. Nous parlons de communion… la communion entre nous. Et aujourd’hui, je suis très reconnaissant envers le Seigneur parce que cela fait 70 ans aujourd’hui que j’ai fait ma première communion. Mais nous devons tous savoir que faire sa première communion signifie entrer en communion avec les autres, en communion avec les frères de notre Église mais aussi en communion avec tous ceux qui appartiennent à des communautés différentes mais qui croient en Jésus. Remercions le Seigneur pour notre baptême, remercions le Seigneur pour notre communion, et pour que cette communion finisse par être celle de tous, ensemble.

Chers amis, avançons alors vers la pleine unité ! L’histoire nous a séparés, mais nous sommes en chemin vers la réconciliation et la communion. Et c’est vrai ! Et nous devons le défendre ! Nous sommes tous en chemin vers la communion. Et quand le but peut nous sembler trop loin, presque inatteignable, et que nous nous sentons pris par le découragement, laissons-nous réconforter par l’idée que Dieu ne peut pas fermer l’oreille à la voix de son fils Jésus et ne pas ne pas exaucer sa prière, et notre prière, afin que tous les chrétiens soient vraiment un.

Traduction de Zenit, Constance Roques

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