Les Chinois craignent une « invasion culturelle » sous prétexte de religion

Le P. Lazzarotto revient de Chine

ROME, Jeudi 27 octobre 2005 (ZENIT.org) – Les Chinois craignent une « invasion culturelle » sous prétexte de religion, a expliqué mercredi, à Radio Vatican, le P. Angelo Lazzarotto, de l’Institut pontifical des Missions étrangères (PIME), de Milan, à peine rentré de Chine.

« Ces deux ou trois dernières années, expliquait le P. Lazzarotto, il y a eu des efforts aussi de la part des autorités, pour comprendre un peu mieux. Il faut en effet se rendre compte qu’ils ne comprennent pas la nature « supra-politique » du pape, qui n’est pas seulement un chef d’Etat, d’un petit Etat, comme pourrait l’être la République de Saint-Marin, mais a une responsabilité sur toute l’Eglise. Même les chrétiens de Chine ont du mal à comprendre cela. Mais il me semble que ces dernières années les Chinois aient incité des chercheurs, mais aussi la structure du Bureau des Affaires religieuses, du Bureau d’Etat, ainsi que du Front uni, à étudier le problème. Mais ensuite s’ils en arrivent à devoir prendre des décisions nouvelles par rapport au passé, ils se trouvent bloqués aussi par de nombreux motifs internes comme les conservateurs, ceux qui sont les plus attachés à l’idéologie du parti ».

Il ajoutait une autre raison de ces blocages: « Hélas, ces deux ou trois dernières années, les chrétiens, spécialement protestants et spécialement américains, semble faire exprès de les alarmer par des publications comme le livre : « Jésus à Beijing » qui lance l’« hypothèse que dans une vingtaine d’années un tiers des Chinois pourraient être chrétiens. Les autorités s’alarment parce qu’ils disent que ce serait une invasion culturelle sous prétexte de religion ».

Il résumait : « Ils ont donc créé ces dernières années d’une part des initiatives pour comprendre l’Eglise, mais d’autre part, ils ont fait aussi beaucoup de restrictions, spécialement au plan culturel, contre la diffusion de matériel religieux, contrôlant davantage Internet, et tous les accès aux nouvelles qui viennent de l’étranger ».

Pour ce qui est du soi-disant « obstacle » que constituerait Taiwan pour la reconnaissance du Vatican, le P. Lazzarotto estime qu’il s’agit d’une « chose accidentelle ».

« Il est logique, expliquait-il, que si le dialogue avec le Saint-Siège produisait quelque chose de concret comme une reconnaissance mutuelle, la représentation qui se trouve aujourd’hui à Taipei irait à Pékin, parce qu’il ne peut pas y avoir deux Chines ? Il ne peut pas y avoir la même chose à Taipei et à Pékin. Personne ne le veut, ni à Taipei ni à Pékin ».

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