Le caractère sacré de la personne humaine est « inconditionnel » (Mgr Follo)

CITE DU VATICAN, Mardi 28 septembre 2004 (ZENIT.org) – « Le caractère sacré de la personne dépasse le « simple » respect, en affirmant le caractère absolu et transcendant de tout visage humain. Le caractère sacré de la personne ne dépend ni de sa situation ni de ses actes, il est inconditionnel », rappelle le représentant permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, Mgr Francesco Follo qui participait le 9 septembre dernier à la conférence de l’ONU pour l’Education, à Genève. Voici le texte intégral de l’intervention de Mgr Follo (cf. http://www.vatican.va).

INTERVENTION DU SAINT-SIÈGE À L’OCCASION DE LA 47e SESSION
DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE L’ÉDUCATION

INTERVENTION de MGR FRANCESCO FOLLO

Genève, Jeudi 9 septembre 2004

Monsieur le Président!

A l’occasion de la tenue de la quarante septième session de la Conférence internationale de l’éducation, la délégation du Saint-Siège tient à vous exprimer, M. le Président, son appréciation et vous assure de son soutien afin de faire de cette réunion un succès au service d’une éducation de qualité pour les jeunes de tous les pays.

Monsieur le Président!

Dans un monde en grande mutation, la formation de la personne devient encore plus une priorité. Il faudra essayer de lire et décrypter les bouleversements anthropologiques et société et revenir aux sources et à une conception de l’Homme, et plus précisément de la Personne, qui, seules, peuvent fonder un projet d’éducation respectueux de la dignité et de l’avenir de nos jeunes.

Au début du XXIe siècle, le défi éducatif réside, de notre point de vue, dans le fait de ne plus se contenter exclusivement de la technologie et sa capacité de nous dire comment produire mais surtout de chercher à répondre à la question du pourquoi profond de l’agir.

Qu’on ne voie dans cette affirmation aucune sinistrose et aucun catastrophisme, mais la conviction que seule une lucidité active, engagée, peut permettre à l’Ecole d’apporter, à l’échelon qui est le sien, des réponses et des points d’appui.

Cette précaution prise, il faudra souligner que le repli narcissique, le renvoi à la sphère privée des enjeux moraux et spirituels, la crise du lien social et de la construction du bien commun, la réduction du rapport au temps, l’enfermement dans l’instant et dans le présent, l’effondrement du futur qui ne saurait être un avenir, l’envahissement de l’intimité et de l’intégrité de la personne par la logique marchande, sont autant de symptômes d’évolutions qui sont à la fois des clefs de lecture d’un certain nombre de difficultés rencontrées au sein de l’Ecole, des objets de travail et d’investissement pour faire passer chaque élève du statut d’individu à celui de personne, et des clefs de questionnement pour interroger l’acte éducatif lui-même.

L’Ecole est à la fois déterminée et traversée, en son sein même, par ces mouvements. L’une des difficultés tient à ce que pour la plupart, ces mouvements conduisent à une remise en cause des repères et des pratiques éducatives.

Comment avoir la plus haute ambition de formation intellectuelle autour des savoirs essentiels pour chacun, si ceux-ci ne reposent pas sur un questionnement qui ne peut qu’être le fruit d’un rapport au monde plus global, largement déterminé par tout ce que chacun vit en dehors de l’école? Et qu’il s’agit alors de savoir comprendre et décrypter?

Pour poursuivre le projet essentiel de toute éducation qui est découverte de l’altérité, on devrait prendre en compte la matrice narcissique que le cadre de référence médiatique quotidien construit de deux à trois heures par jour, par l’intermédiaire des moyens de communications, pour les adolescents du collège et du lycée.

Comment comprendre ces enfants bolides qui nous arrivent dès l’école maternelle, présentant déjà dans l’opposition, la centration sur soi et l’incapacité à entrer en relation et à s’insérer dans une vie sociale, les symptômes des troubles que l’on rencontrait auparavant lors de la construction de l’adolescence, sans savoir analyser la perte de repères en matière d’exercice de l’autorité qui traverse aujourd’hui tous les éducateurs?

Comment faire vivre dans la conscience des adolescents, la pertinence d’une organisation scolaire en contradiction de plus en plus flagrante avec les attentes du plus grand nombre d’adultes qui aspirent à travailler moins et qui font à la sphère « publique », à la sphère de l’engagement, une place seconde par rapport à la sphère privée?

Comment éduquer réellement à la coopération, à l’action collective, à la défense d’un bien commun au sein du groupe, dans une société qui donne le primat à la force, à la compétition et à la réussite individuelle?

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