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« La prière nous ramène au temps de Dieu »

Le pape a conclu, dans le cadre du cycle de catéchèses sur la famille, sa réflexion concentrée autour de trois éléments essentiels : la fête, le travail et la prière.

Le pape a consacré sa catéchèse du mercredi 26 août, place Saint-Pierre, à la prière en famille qui « nous ramène au temps de Dieu ».

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse du pape.

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Chers frères et sœurs, bonjour !

Après avoir réfléchi sur la manière dont la famille vit les temps de la fête et du travail, considérons maintenant le temps de la prière. Ce dont se plaignent le plus souvent les chrétiens concerne précisément le temps : « Je devrais prier plus… ; je voudrais le faire, mais généralement, je n’ai pas le temps. » Nous l’entendons continuellement. Le regret est sincère, assurément, car le cœur humain cherche toujours la prière, même sans le savoir ; et s’il ne la trouve pas, il n’est pas en paix. Mais pour qu’ils se rencontrent, il faut cultiver pour Dieu un amour « chaud » dans son cœur, un amour affectif.

Nous pourrions nous poser une question très simple. Pas de problème pour croire en Dieu de tout son cœur, pas de problème pour espérer son aide dans les difficultés, pas de problème pour ressentir comme un devoir de le remercier. On a tout à fait raison. Mais est-ce que nous aimons d’amour le Seigneur, un petit peu ? Penser à Dieu, est-ce que cela nous remue, nous laisse songeurs, nous réchauffe ?

Pensons à la formulation du grand commandement, qui soutient tous les autres : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces » (Dt 6,5 ; cf. Mt 22,37). La formule a recours au langage fort de l’amour, en l’appliquant à Dieu. Voilà, c’est là que l’esprit de la prière habite. Et s’il habite là, il y habite tout le temps et il n’en sort plus. Arrivons-nous à penser à Dieu comme à la caresse dont nous tenons la vie, avant laquelle nous n’étions pas ? Une caresse de laquelle rien, pas même la mort, ne peut nous séparer ? Ou alors, l’envisageons-nous seulement comme le grand Être, l’Omnipotent qui a fait toutes choses, le Juge qui contrôle chaque acte ? C’est tout à fait juste, bien sûr. Mais ce n’est que lorsque Dieu est le cœur de tout ce que nous aimons que le sens de ces paroles se révèle pleinement. Alors, nous sommes heureux et même un peu troublés car Lui pense à nous et, surtout, il nous aime ! Cela n’est-il pas impressionnant ? N’est-il pas impressionnant que Dieu nous caresse avec l’amour d’un père ? C’est très beau ! Il pouvait simplement se faire reconnaître comme l’Être suprême, donner ses commandements et attendre les résultats. Mais Dieu a fait et continue de faire infiniment plus que cela. Il nous accompagne sur le chemin de la vie, il nous protège, il nous aime.

Si l’amour de Dieu n’allume pas le feu, l’esprit de la prière ne réchauffe pas le temps. Nous pourrions ainsi rabâcher, « comme font les païens », dit Jésus ; ou bien nous afficher en public quand nous prions, « comme font les pharisiens » (cf. Mt 6,5-7). Un cœur habité par l’amour de Dieu fait devenir prière même une pensée sans parole, ou une invocation devant une image sacrée, ou un baiser lancé en direction de l’église. C’est beau, quand les mamans apprennent aux petits enfants à lancer un baiser à Jésus ou à la Madone. Quelle tendresse il y a là-dedans ! À ce moment, le cœur des enfants se transforme en lieu de prière. Et c’est un don du Saint-Esprit. N’oublions jamais de demander ce don pour chacun de nous ! Car l’Esprit de Dieu a cette manière particulière qui n’est qu’à lui de dire en nos cœurs « Abbà » – « Père », il nous apprend à dire « Père » exactement à la manière dont le disait Jésus, une manière que nous ne pourrions jamais trouver tout seuls (cf. Ga 4,6). Ce don de l’Esprit, c’est en famille que l’on apprend à le demander et à le goûter. Si tu l’apprends avec la même spontanéité que tu apprends à dire « Papa » et « Maman », tu le sais pour toujours. Quand cela se produit, le temps de la vie de famille tout entier est déposé dans le sein même de l’amour de Dieu, et il recherche spontanément le temps de la prière.

Le temps de la famille, nous le savons bien, est un temps compliqué et bousculé, occupé et préoccupé. Il est toujours trop court, n’est jamais suffisant, il y a tant de choses à faire. Qui a une famille apprend vite à résoudre une équation que les grands mathématiciens ne savent pas eux-mêmes résoudre : dans vingt-quatre heures, on en fait rentrer le double ! Il y a des papas et des mamans qui pourraient se voir décerner le Nobel, pour cela. En 24 h, ils en font 48 : j’ignore comment ils font, mais ils se bougent et ils le font ! C’est tant de travail, une famille !

L’esprit de la prière ramène au temps de Dieu, il sort de l’obsession d’une vie où le temps manque toujours, il redonne la paix des choses nécessaires et découvre la joie de dons inespérés. De bonnes guides sur ce chemin sont Marthe et Marie, dont parle l’Évangile que nous avons entendu. Elles apprennent de Dieu l’harmonie dans les rythmes de la famille : la beauté de la fête, la sérénité du travail bien fait, l’esprit de la prière (cf. Lc 10,38-42). Elles aimaient Jésus et sa visite leur était une fête. Un jour pourtant, Marthe apprit que les tâches de l’hospitalité, si importantes qu’elles soient, ne sont pas tout et qu’écouter le Seigneur, ainsi que faisait Marie, était la chose vraiment essentielle, la « meilleure part » du temps. La prière sourd à l’écoute de Jésus, à la lecture de l’Évangile. N’oubliez pas : tous les jours, lire un passage de l’Évangile. La prière sourd de la confiance en la Parole de Dieu. Y a-t-il cette confiance-là dans notre famille ? Avons-nous l’Évangile à la maison ? L’ouvrons-nous quelquefois pour le lire ensemble ? Le méditons-nous quand nous récitons le Rosaire ? L’Évangile lu et médité en famille est comme un bon pain qui nourrit le cœur de tous. Et le matin, et le soir, et quand nous passons à table, apprenons à dire ensemble une prière, en toute simplicité : c’est Jésus qui vient au milieu de nous, comme il allait dans la famille de Marthe, de Marie et de Lazare. Une chose qui me tient vraiment à cœur et que j’ai vue dans les villes : il y a des petits enfants qui n’ont pas appris à faire le signe de croix ! Mais toi, maman, papa, apprends à ton enfant à prier, à faire le signe de croix : c’est une belle mission pour les papas et les mamans !

Dans la prière familiale, dans les temps forts comme dans les passages difficiles, confions-nous les uns aux autres, pour que chacun de nous, en famille, soit gardé par l’amour de Dieu.

© Traduction de Zenit, Matthieu Gourrin

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