La place de la vie monastique dans l´Eglise: le rôle de l´évêque

Intervention du P. Thierry Portevin, Abbé bénédictin

CITE DU VATICAN, Mercredi 3 octobre 2001 (ZENIT.org) – Le P. Thierry Portevin, Abbé bénédictin de la congrégation de Subiaco, a voulu, lors de son intervention, mardi 2 octobre, « attirer l´attention du Synode sur la vie monastique » et son « noyau central » constitué par « la lectio divina, la prière communautaire et personnelle et la vie commune ».

Pour mettre en évidence l´apport de la vie monastique parmi les autres formes de vie consacrée, il préconisait d´améliorer les visites canoniques, et de garder les Abbés dans leurs monastères, autrement dit: « Ne pas en faire des évêques »!

« De tout temps, rappelait-il, le Magistère a insisté sur la place centrale et unique de la vie monastique dans l´Eglise. Le coeur de sa mission est, on le sait de chercher Dieu en vivant l´Evangile en communauté, sous une règle et un Abbé, dans le cloître du monastère, avec comme moyens premiers et essentiels : la lectio divina, la prière communautaire et personnelle et la vie commune. Sans ce noyau central, auquel « rien ne doit être préféré », toutes les autres activités matérielles ou spirituelles sont vaines. Rappeler cela à toute vie religieuse et chrétienne est un des aspects de la mission profonde de la vie monastique dans le monde et dans l´Eg1ise ».

« Pour aider à promouvoir et à protéger cette part de la vie religieuse qu´est la vie monastique, comme cela fait partie de la charge pastorale des Evêques (cf. Instrumentum laboris n°92) », l´Abbé Portevin insistait tout d´abord sur les « visites canoniques » des évêques.

« Les visites canoniques mises en place par le Droit et les Constitutions ont pour but d´encourager et d´aider la vie des communautés monastiques, remarquait l´Abbé. Or, l’expérience nous prouve que ce but est plus aisément atteint lorsque les visiteurs connaissent de l’intérieur la vie monastique. Aussi lorsque l’Evêque chargé de faire la visite canonique d´une communauté de Moniales, n´a pas cette expérience, ne conviendrait-il pas, soit, qu´il se fasse accompagner, pour la circonstance, d´un moine ou d´une moniale, soit, qu´il donne délégation à un moine ou une moniale pour accomplir la visite, ( qui demande en particulier du temps, ce temps que l’Evêque n´a pas toujours, c´est bien compréhensible) ».

L´Abbé Portevin suggérait aussi de « ne pas prendre un Abbé pour en faire un Evêque ». « En effet, un bon abbé peut avoir dans et depuis son monastère, une influence plus grande et plus profonde dans l´Eglise qu´un moine-Evêque dont ce n´est pas la vocation, expliquait le P. Portevin. Il est toujours risqué de ne pas respecter une vocation. L’expérience prouve aussi qu´enlever un abbé peut compromettre la vitalité d´une communauté monastique et donc porter atteinte à toute l´Eglise. Enfin, si cela doit se faire, un tel choix demande prudence, concertation – donc de pouvoir en parler – et liberté – liberté en particulier à l’intéressé de pouvoir refuser. Dans la ligne de ce 2ème point, le principe même de l’Abbé Ordinaire n´est pas sans poser question à beaucoup de moines et de prêtres ».

Il achevait sur cette expression de reconnaissance: « Merci du respect et de la compréhension que beaucoup d’Evêques ont de la vie monastique ».