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La miséricorde permet la réinsertion dans la société

Parce que la miséricorde transforme le coeur, le vie, le monde

Pour le pape François, la miséricorde permet aussi la réinsertion dans la société de ceux qui sont passé par la prison.

« C’est la miséricorde qui change le cœur et la vie, qui peut régénérer une personne et lui permettre de s’insérer dans la société d’une manière nouvelle », explique le pape François dans sa catéchèse de ce mercredi 10 septembre sur l’Eglise mère, qui éduque ses enfants, concrètement, à la miséricorde.

« Pour changer le monde en mieux, il faut faire du bien à ceux qui ne sont pas en mesure de nous le rendre, comme l’a fait notre Père envers nous, en nous donnant Jésus. Combien avons-nous payé pour notre rédemption ? Rien, tout gratuit ! Faire le bien sans rien attendre en retour. C’est ce qu’a fait notre Père avec nous et nous devons faire pareil. Fais le bien et avance ! », a insisté le pape.

Voici notre traduction intégrale de la catéchèse prononcée par le pape François en italien ce matin, place Saint-Pierre.

A.B.

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour,

Dans notre parcours de catéchèse sur l’Église, nous nous arrêtons pour considérer comment l’Église est mère. La fois dernière, nous avons souligné le fait que l’Église nous fait grandir et, qu’avec la lumière et la force de la Parole de Dieu, elle nous indique le chemin du salut et qu’elle nous défend contre le mal. Aujourd’hui, je voudrais aborder un aspect particulier de cette action éducative de notre mère l’Église: comment elle nous enseigne les œuvres de miséricorde.

Un bon éducateur va à l’essentiel. Il ne se perd pas dans les détails, mais il veut transmettre ce qui compte vraiment pour que son enfant ou son élève trouve le sens et la joie de vivre. C’est la vérité. Et l’essentiel, selon l’Évangile, c’est la miséricorde. L’essentiel de l’Évangile, c’est la miséricorde.

Dieu a envoyé son Fils, Dieu s’est fait homme pour nous sauver, c’est-à-dire pour nous donner sa miséricorde. Jésus le dit clairement, en résumant ainsi son enseignement pour ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). Peut-il exister un chrétien qui ne soit pas miséricordieux ? Non. Le chrétien doit nécessairement être miséricordieux, parce que c’est le cœur de l’Évangile. Et, fidèle à cet enseignement, l’Église ne peut que répéter la même chose à ses enfants : « Soyez miséricordieux », comme l’est le Père, et comme Jésus. Miséricorde.

L’Église se comporte donc comme Jésus. Elle ne donne pas de leçons théoriques sur l’amour, sur la miséricorde. Elle ne dispense pas dans le monde une philosophie, une voie de sagesse… Certes, le christianisme est aussi tout cela, mais c’est une conséquence, un reflet. Notre mère l’Église, comme Jésus, nous enseigne par l’exemple, et ses paroles servent à éclairer la signification de ses gestes.

Notre mère l’Église nous enseigne à donner à manger et à boire à ceux qui ont faim et soif, à vêtir ceux qui sont nus. Et comment le fait-elle ? Elle le fait par l’exemple de tant de saints et de saintes qui ont vécu cela de manière exemplaire ; mais elle le fait aussi par l’exemple de tous: les papas et mamans qui enseignent à leurs enfants que ce que nous avons en plus est pour ceux qui manquent du nécessaire. C’est important de savoir cela. 

Dans les familles chrétiennes les plus simples, la règle de l’hospitalité a toujours été sacrée : jamais il ne manque une assiette ou un lit pour ceux qui en ont besoin. Une fois, une maman me racontait, dans mon autre diocèse, qu’elle voulait enseigner cela à ses enfants et qu’elle leur disait d’aider et de donner à manger à ceux qui avaient faim. Elle avait trois enfants. Et un jour, au déjeuner, le papa était dehors, à son travail, et elle était avec ses trois enfants, tout petits – 7, 5 et 4 ans plus ou moins -, et on frappe à la porte : c’était un monsieur qui demandait quelque chose à manger. Et la maman lui a dit : « Attends un instant ». Elle est rentrée et a dit à ses enfants : « – Il y a un monsieur, là, qui demande quelque chose à manger, que faisons-nous ? – On lui donne quelque chose, maman, on lui donne quelque chose ! » Chacun des enfants avait dans son assiette un steak-frites. « – Très bien, a dit la maman, prenons la moitié de ce que chacun a, donnons-lui la moitié du steak de chacun. – Ah, non, maman, ça, ça ne va pas ! – C’est comme ça, tu dois donner de ce qui est tien. » Et c’est ainsi que la maman a enseigné à ses enfants à donner du leur. C’est un bel exemple qui m’a beaucoup aidé. « – Mais, je n’ai pas de surplus… – Donne de ce que tu as ! » C’est ce que nous enseigne notre mère l’Église. Et vous, toutes les mamans qui êtes ici, vous savez ce que vous devez faire pour apprendre à vos enfants à partager leurs affaires avec ceux qui en ont besoin.

Notre mère l’Église nous enseigne à être proches de ceux qui sont malades. Combien de saints et de saintes ont servi Jésus de cette façon ! Et combien d’hommes et de femmes simples, tous les jours, mettent en pratique cette œuvre de miséricorde dans une salle d’hôpital, dans une maison de retraite ou chez eux, en assistant une personne malade !

Notre mère l’Église nous enseigne à être proches de ceux qui sont en prison. « Mais, Père, non, ça, c’est dangereux, ce sont des gens méchants ! » Mais nous sommes tous capables… Écoutez bien ceci : nous sommes tous capables de faire ce qu’a fait cet homme ou cette femme qui est en prison. Nous avons tous la capacité de pécher et de faire la même chose, de nous tromper dans la vie. Il n’est pas plus mauvais que toi ou moi ! La miséricorde franchit tous les murs, toutes les barrières, et te pousse à chercher toujours le visage de l’homme, de la personne. Et c’est la miséricorde qui change le cœur et la vie, qui peut régénérer une personne et lui permettre de s’insérer dans la société d’une manière nouvelle.

Notre mère l’Église enseigne à être proches de ceux qui sont abandonnés et qui meurent seuls. C’est ce qu’a fait la bienheureuse Teresa dans les rues de Calcutta ; c’est ce qu’ont fait et que font tant de chrétiens qui n’ont pas peur de tenir la main de celui qui va quitter ce monde. Et là aussi, la miséricorde donne la paix à celui qui part et à celui qui reste, en nous faisant percevoir que Dieu est plus grand que la mort, et qu’en demeurant en lui, le dernier détachement est un « au revoir »… La bienheureuse Teresa avait bien compris cela ! On lui disait : « Mère, c’est du temps perdu ! ». Elle trouvait des gens moribonds dans la rue, des gens qui commençaient déjà à être mangés par les rats d’égout, et elle les emmenait chez elle pour qu’ils meurent propres, paisibles, avec une caresse, en paix. Elle leur disait à tout « au revoir » … Et tant d’hommes et de femmes ont fait la même chose qu’elle. Et eux, ils les attendent, là-haut [il indique le ciel], à la porte, pour leur ouvrir la porte du ciel. Aider les gens à bien mourir, en paix.

Chers frères et sœurs, c’est ainsi que l’Église est mère, en enseignant à ses enfants les œuvres de miséricorde. Elle a appris ce chemin de Jésus, elle a appris que c’est l’essentiel pour le salut. Il ne suffit pas d’aimer ceux qui nous aiment. Jésus dit que les païens le font. Il ne suffit pas de faire du bien à ceux qui nous font du bien. Pour changer le monde en mieux, il faut faire du bien à ceux qui ne sont pas en mesure de nous le rendre, comme l’a fait notre Père envers nous, en nous donnant Jésus. Combien avons-nous payé pour notre rédemption ? Rien, tout gratuit ! Faire le bien sans rien attendre en retour. C’est ce qu’a fait notre Père avec nous et nous devons faire pareil. Fais le bien et avance !

Comme c’est beau de vivre dans l’Église, dans notre mère l’Église qui nous enseigne tout ce que Jésus nous a enseigné ! Remercions le Seigneur, qui nous donne la grâce d’avoir l’Église pour mère, elle qui nous enseigne la voie de la miséricorde, qui est la voie de la vie. Remercions le Seigneur.

Traduction de Zenit, Constance Roques

© Zenit.org 2014 pour la traduction

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