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La misère la plus dangereuse, c’est l’absence de Dieu

Le pape reçoit la Communauté pape Jean XXIII (texte intégral)

Les « nombreuses formes de pauvreté » de ce monde « révèlent la misère la plus dangereuse, cause de toutes les autres : l’absence de Dieu, la présomption qu’on a de pouvoir faire sans lui », explique le pape François. 

Le pape a en effet reçu des membres de la Communauté italienne pape Jean XXIII (http://www.apg23.org), fondée par don Oreste Benzi (1925-2007) dont la cause de béatification a été ouverte. La communauté s’est engagée à sa suite dans la libération des esclaves notamment de la prostitution.

« C’est la misère aveugle qui considère la richesse matérielle comme objectif de sa propre existence, avec la recherche du pouvoir et du plaisir qui asservit la vie du prochain à l’accomplissement de ces objectifs », explique le pape.

Il cite cette phrase de don Benzi: « pour être debout il faut être à genoux ».

A.B.

Discours du pape François à la Communauté Jean XXIII

Chers frères et chers sœurs,

Je vous accueille avec joie et je vous remercie pour votre chaleureux accueil. Je remercie le responsable, Jean-Paul Ramonda, pour les paroles qu’il m’a adressées en votre nom à tous ; et merci beaucoup à vous qui avez donné votre témoignage. 

Vos propos parlent d’esclavage et de libération, ils parlent de l’égoïsme de ceux qui pensent construire l’existence en profitant des autres et de la générosité de ceux qui aident leurs prochains à se relever de l’abaissement matériel et moral. Ce sont des expériences qui mettent en lumière les nombreuses formes de pauvreté dont malheureusement est atteint notre monde ; ils révèlent la misère la plus dangereuse, cause de toutes les autres : l’absence de Dieu, la présomption qu’on a de pouvoir faire sans lui. C’est la misère aveugle qui considère la richesse matérielle comme objectif de sa propre existence, avec la recherche du pouvoir et du plaisir qui asservit la vie du prochain à l’accomplissement de ces objectifs. 

Oui, mes amis, c’est la présence du Seigneur qui montre la différence entre la liberté du bien et l’esclavage du mal, qui peut nous rendre capable d’accomplir des œuvres bonnes et d’en tirer une joie intime, capable de rayonner aussi sur ceux qui nous sont proches. La présence du Seigneur élargit l’horizon, renouvelle les pensées et les émotions, nous donne la force nécessaire pour dépasser les difficultés et les épreuves. Là où est le Seigneur Jésus, il y a la résurrection, il y a la vie, parce qu’il est la résurrection et la vie.

La foi déplace vraiment les montagnes de l’indifférence et de l’apathie, du désintérêt et du repli sur soi stérile. La foi ouvre la porte de la charité, en nous faisant désirer d’imiter Jésus, nous incite au bien, en nous donnant le courage pour agir comme le Bon Samaritain. 

Le fondateur de votre association, le père Oreste Benzi le savait très bien. Son amour pour les petits et les pauvres, pour les exclus et les abandonnés, était enraciné dans l’amour de Jésus crucifié, qui s’est fait pauvre et le dernier pour nous. Sa courageuse détermination dans le don de la vie à tant d’initiatives de partage dans divers pays jaillissait de l’abandon confiant à la Providence de Dieu, venait de la foi dans le Christ ressuscité, vivant et actif, capable de multiplier les faibles forces et ressources disponibles, comme au temps ou il multipliait les pains et les poissons pour rassasier les foules

A partir de la mission d’impliquer les jeunes et de les intéresser à la personne de Jésus, naquit dans le serviteur de Dieu, le père Oreste Benzi, l’idée d’organiser pour eux une « rencontre sympathique avec le Christ », ce qui veut dire une rencontre vitale et radicale avec Lui en tant que Héros et ami, grâce au témoignage de sa vie vécue, qui montrerait dans sa plénitude le message chrétien, mais de manière joyeuse et même plaisante. 

C’est ainsi que naquit votre communauté, aujourd’hui présente dans 24 pays avec ses Maisons familiales, des coopératives sociales et éducatives, des Maisons de prière, des services pour accompagner les maternités problématiques et d’autres initiatives. La Providence vous a fait grandir, en manifestant la vitalité du charisme du Fondateur, qui aimait à répéter – comme l’a dit le Responsable général – que « pour être debout il faut être à genoux ».

Chers frères et chères sœurs, je fait mienne l’invitation que vous adressa Jean-Paul II d’être soucieux de votre formation spirituelle et de la fréquentation assidue des sacrements et de faire, en particulier, de l’Eucharistie le cœur des Maisons familiales et de toutes les autres activités sociales et éducatives (Cf. Enseignements XXVII, 2, 2004, 632). C’est à partir d’un cœur comblé par l’amour de Dieu que jaillit la charité pour nos frères et sœurs.

S’il vous plaît, je vous prie de prier pour moi. Je vous confie tous à la sainte Vierge, qu’elle vous apporte un Noël plein d’amour et de joie, de tout cœur je vous bénis.

© Traduction de Zenit, Hugues de Warren

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