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La famille migrante n’est pas une menace pour le pays d’accueil

Mgr Agostino Marchetto à la Rencontre mondiale des familles

ROME, Jeudi 15 janvier 2009 (ZENIT.org) – Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, Mgr Agostino Marchetto, a présenté les défis et nombreux problèmes auxquels les familles migrantes sont confrontées lors de leur arrivée dans un pays. Dans son intervention à la 6e rencontre mondiale des familles, le 15 janvier à Mexico, le haut prélat a notamment dénoncé la création de ghettos et la réaction de plus en plus courante de considérer les immigrés « comme une menace ou un ennui politique ».

« Dans un monde qui avait salué avec joie la chute du mur de Berlin, on en érige d’autres entre quartier et quartier, entre ville et ville, entre pays et pays », a regretté Mgr Marchetto dans son intervention sur le thème de « La famille migrante ».

« Aujourd’hui – et il est douloureux pour nous de le constater – la compréhension et la sympathie pour les réfugiés diminuent », s’est indigné le haut prélat. « Ainsi, nous réalisons que, bien souvent, les réfugiés sont décrits de manière négative et sont vus presque comme une menace ou un ennui politique » et personne ne considère « leurs valeurs et le potentiel qu’ils peuvent donner au pays d’accueil ».

Pour Mgr Marchetto, il est « difficile » de soutenir une famille dans de telles conditions, sans compter l’ « impact grave et important » que cela peut avoir « sur ses différentes composantes », ainsi qu’une « influence négative dans ses rapports internes ». « Les mères constatent ainsi que les enfants ne les respectent plus et ne les écoutent plus. Les enfants agissent indépendamment, étant donné que les parents ne sont pas en mesure de pourvoir à leurs besoins, et n’acceptent donc pas leur aide ».

Face à de tels faits, Mgr Marchetto a affirmé que les personnes migrantes mettaient en place des « mécanismes de défense ». « Le phénomène migratoire détermine en soi une situation triste de marginalisation, qui génère frustration et insécurité et rend possible un conflit entre l’immigré, sa famille et la société dans laquelle elle vit ». « La famille immigrée tend à mettre en place une série de ‘mécanismes de défense’ pour pouvoir rééquilibrer sa propre existence », a-t-il ainsi continué.

Dans son intervention, Mgr Marchetto a également évoqué le phénomène des étudiants qui quittent leur famille pour aller étudier à l’étranger et qui renoncent parfois à rentrer dans leur pays. Actuellement, ce sont près de 2,5 millions d’étudiants étrangers qui étudient principalement aux Etats-Unis, en Angleterre, en France et en Allemagne. « Ayant connu un monde nouveau, avec un niveau de vie plus élevé, ils sont tentés de renoncer à leur culture d’origine et d’abandonner toute idée de rapatriement ». A leur égard, il a souligné l’importance de l’accueil et de la solidarité pastorale qui sont comme « un pont entre les peuples ».

Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a enfin évoqué la difficulté de la réunification familiale lorsque l’un des membres a quitté le noyau familial depuis longtemps. « Après avoir parcouru de longues périodes séparés, en situation et avec des expériences différentes », on peut rencontrer des « difficultés de relations entre maris et femmes ». Sans compter que « la situation pour les parents pourra se compliquer », à cause, par exemple de « la difficulté d’accès au marché du travail, des barrières linguistiques, et des éventuelles discriminations existantes vis-à-vis des étrangers ».

Marine Soreau

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